• La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle. C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'Université de Paris, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie nationale de médecine. Il a publié plusieurs ouvrages couronnés par de nombreux prix. Son dernier ouvrage paru est Cabinet de curiosités sociales (collection « Quadrige », Puf, 2020).

  • La guerre menée par le gouvernement versaillais de Thiers contre la Commune de Paris, accompagnée, dès son début, par des exécutions de prisonniers le 3 avril 1871, s'est conclue, avant les condamnations à mort, à la prison ou à la déportation, par les massacres de la « Semaine sanglante » du 2 au 28 mai.

    Paradoxalement, cet événement a été peu étudié en lui-même, depuis les livres de Maxime Du Camp (1879) et Camille Pelletan (1880).

    C'est cette étude qui est entreprise dans ce livre.

    Michèle Audin est mathématicienne, romancière et spécialiste de la Commune de Paris.
    Elle a notamment coordonné deux livres avec Libertalia, l'un sur Eugène Varlin (2019), l'autre sur Alix Payen (2020).

  • Blues et féminisme noir s'intéresse à trois chanteuses de blues qui incarnent les racines et l'identité de la culture musicale noire américaine : Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday. Angela Davis, universitaire et féministe, analyse les paroles des chansons pour en extraire la substance revendicative : autonomie - qu'elle soit sexuelle, géographique ou financière - et égalité - de sexe et de race. En croisant contexte historique, social et politique de cette époque, qui va des années 1920 aux années 1940, elle démontre que sous des aspects sous-culturels véhiculés par la culture dominante, le blues reste « la » musique de l'émancipation, des Noirs et, plus encore, des femmes noires.

    Angela Davis, née en 1944, est une auteure et activiste noire nord-américaine.

  • Dans les années 1960-1970, l'état français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau. Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'état français prône le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l'espace de la République, provoquant un repli progressif sur l'Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s'interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes, héritée d'un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd'hui.

  • À la une du New York Times habillés d'un gilet jaune, poursuivis par les journalistes britanniques à l'occasion du Brexit, fêtés comme des héros pendant la crise sanitaire, redevenus des sujets d'études pour les chercheurs, de nouvelles cibles du marketing électoral pour les partis, les gens ordinaires sont de retour.
    Les « classes populaires », le « peuple », les « petites gens » sont subitement passés de l'ombre à la lumière. Les « déplorables » sont devenus des « héros ». Cette renaissance déborde désormais des cadres du social et du politique pour atteindre le champ culturel.
    De Hollywood aux rayons des librairies, la culture populaire gagne du terrain. Ses valeurs traditionnelles, - l'attachement à un territoire et à la nation, la solidarité et la préservation d'un capital culturel - imprègnent tous les milieux populaires.
    Jack London usait d'une métaphore pour décrire la société de son temps : la cave et le rez-de-chaussée pour les plus modestes, le salon et les étages supérieurs pour les autres. Et si, aujourd'hui, plus personne ne voulait s'inviter au salon ? Sommes-nous entrés dans le temps des gens ordinaires ?

  • Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l'histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire.
    Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l'évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d'antidépresseurs, etc.
    Les faits surprendront. Les interprétations que propose l'auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis " sous surveillance statistique ". À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.
    À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s'invitent les classes sociales.
    Bienvenue donc dans cette France du xxie siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s'affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l'individu-roi, avant l'inéluctable retour de la lutte des classes.
    Emmanuel Todd est l'auteur d'une œuvre originale d'anthropologie historique. Il a notamment publié L'Invention de l'Europe (Seuil, 1990), L'Origine des systèmes familiaux (Gallimard, 2011) et Où en sommes-nous ? (Seuil, 2017).
    Baptiste Touverey est journaliste au magazine Books, où il réalise des entretiens avec de grands intellectuels et chercheurs de renommée mondiale. On lui doit aussi un roman Constantinople (Robert Laffont/Versilio, 2018).

  • L'année 1913 est l'apogée du XXe siècle tout juste né : tout semble encore possible, ouvert et, en même temps, la lueur du déclin est déjà perceptible. Pour les peintres, les écrivains, les musiciens, il est évident que l'humanité a déjà perdu son innocence. À Paris comme à Londres, à Vienne comme à Berlin ou encore à Trieste ou Venise, les artistes agissent comme si il n'y avait pas de lendemain. Proust s'engage dans la recherche du temps perdu ; dans le hall d'un hôtel, Rilke et Freud débattent de la beauté et de la fugacité et, pendant que Stravinsky célèbre le sacre du printemps, à Munich, un barbouilleur de tableaux autrichien nommé Adolf Hitler vend des vues urbaines pittoresques. Duchamp fixe une roue de bicyclette sur un tabouret et Matisse apporte à Picasso un bouquet de fleurs. Armstrong apprend à jouer de la trompette. La petite boutique de chapeaux de Coco Chanel se développe et, en décembre, Malevitch peint un carré noir.

    Avec brio et sensibilité, Florian Illies dresse le portrait fascinant d'une année exceptionnelle.

  • Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d'un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d'intensification multiforme de la violence sociale.
    Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d'une grande agression sociale, d'un véritable pilonnage des classes populaires - un monde social fracassé, au bord de l'implosion.
    Loin d'être l'oeuvre d'un " adversaire sans visage ", cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d'un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp.
    À ceux qui taxent indistinctement de " populisme " toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du " bourgeoisisme ".

  • Voici la première biographie en français de Léo Frankel (1844-1896), seul élu étranger de la Commune de Paris (1871). Militant de la Première Internationale, dont il intègre la direction lors de son exil à Londres, il est un proche de Karl Marx. Il est emprisonné sous le Second Empire. Pendant la Commune, il est élu à 27 ans responsable de la commission du Travail, puis condamné à mort par contumace par les Versaillais.Ouvrier d'orfèvrerie, puis correcteur, enfin journaliste, il travaille et milite dans de nombreux pays d'Europe (Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Grande-Bretagne). Véritable internationaliste, son parcours militant et ses articles montrent l'aspiration à un socialisme révolutionnaire qui réaliserait l'autoémancipation ouvrière.

    Julien Chuzeville est historien. Il est l'auteur d'Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).

  • Il est d'usage, aujourd'hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel - qui se situerait « à gauche » - d'un mauvais libéralisme économique, qui se situerait « à droite ».
    En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu'en réalité, nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique : celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe et XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix : il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la « vie bonne » et se résigner à l'idée que la politique est simplement l'art négatif de définir « la moins mauvaise société possible ». C'est cette volonté d'exclure méthodiquement de l'espace public toute référence à l'idée de morale (ou de décence) commune - supposée conduire à un « ordre moral » totalitaire ou au retour des guerres de religion - qui fonde en dernière instance l'unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite.
    Tel est le principe de cet « empire du moindre mal», dans lequel nous sommes tenus de vivre.

  • Les travailleurs modestes - du livreur à la caissière - sont, avec les soignants, ceux qui risquent leur vie pour maintenir les services essentiels par temps de crise. Cette soudaine visibilité est l'occasion de réfléchir au sort qui attend tous ces travailleurs dans la société d'après la crise : que faire pour que l'engouement dont ils bénéficient aujourd'hui dépasse les seuls applaudissements des Français à 20 heures tous les soirs ? Quelle politique conduire afin que leur engagement d'aujourd'hui ne se transforme pas, demain, en une légitime colère ?

  • Une plongée passionnante dans les coulisses de la crise, de sa gestion commune par les politiques et les entreprises à son impact sur notre consommation et nos modes de vie. Des leçons pour le futur ?  « En trente-cinq années de métier, j'ai connu nombre de crises sanitaires ou alimentaires. Mais celle de la Covid-19 restera incomparable par son ampleur et par notre impréparation collective à y faire face.  Quand la France bascule dans le confinement le 17 mars 2020 à midi, rien n'est prêt. Les commerçants, "petits" et "grands", sommés de rester ouverts, deviennent des personnels "essentiels". Pour assumer leur mission, ils vont devoir inventer en quelques heures des solutions aux centaines de problèmes qui vont se poser, et tendre la main à une foule d'interlocuteurs déboussolés.  Des cohues en magasin pour sauver un paquet de pâtes aux bagarres dans des aéroports chinois pour sécuriser l'achat de masques, des batailles de communication aux échanges informels avec les politiques, ce récit est une plongée inédite dans les coulisses de la gestion de crise. Et puisque tout le monde ne parle que du "monde d'après", il est nécessaire de se demander ce que la pandémie va vraiment changer dans notre façon de produire et de consommer, ainsi que sur nos manières de travailler. » Michel-Édouard LECLERC  

  • À mes frères,

    Nous reviendrons, foule sans nombre ;
    Nous reviendrons par tous les chemins,
    Spectres vengeurs sortant de l'ombre.
    Nous viendrons, nous serrant les mains,
    Les uns dans les pâles suaires,
    Les autres encore sanglants,
    Pâles, sous les rouges bannières,
    Les trous des balles dans leur flanc.

    Tout est fini ! Les forts, les braves,
    Tous sont tombés, ô mes amis,
    Et déjà rampent les esclaves,
    Les traîtres et les avilis.
    Hier, je vous voyais, mes frères,
    Fils du peuple victorieux,
    Fiers et vaillants comme nos pères,
    Aller, La Marseillaiseaux yeux.

    Louise Michel, prison de Versailles, 1871.

    Louise Michel (1830-1905) est une figure iconique du mouvement ouvrier français.

  • Partant des différents mouvements de défiance ayant parcouru la société française depuis le début de l'épidémie de Covid-19, l'ouvrage étudie comment cette extrême défiance peut être corrélée à une tentation complotiste et à des attitudes populistes. Il s'agit à la fois de montrer que la confiance manifestée par les citoyens dans les institutions est un déterminant essentiel de la nature des mesures mises en place et comment la confiance institutionnelle et interpersonnelle a des conséquences majeures en termes sanitaires. L'enjeu atteint son paroxysme lorsqu'il s'agit de la vaccination ! Enfin, l'auteur propose une analyse des raisons de cette forte défiance touchant nos institutions et se fait force de propositions.

    Antoine Bristielle, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, est professeur agrégé de sciences sociales, chercheur en science politique au laboratoire PACTE, Sciences Po Grenoble.

  • 96 % des citoyens des pays du G20 souhaitent des changements durables dans leur société. Cette ouverture vers l'avenir a été révélée, en pleine pandémie de coronavirus, par la vaste consultation menée auprès de 6  000 personnes à travers le monde par l'Institut de l'Économie Positive.
    Les résultats du sondage sont le point de départ de ce véritable guide pratique pour une sortie positive de la crise. Nourri aussi par les participations d'experts reconnus, il met en avant les thématiques primordiales de l'économie de la vie, du lien entre protection de l'environnement et santé, de l'éducation pour contrer la pauvreté, de la coopération internationale. Il propose des solutions concrètes, de la création d'un Haut Conseil à la résilience à la rédaction d'une charte One Health, qui intéresseront décideurs et citoyens désireux d'être artisans du changement.
    Un livre d'un optimisme lucide pour renseigner, inspirer et agir.
     
    Titulaire d'un master en relations internationales, Audrey Tcherkoff débute sa carrière au sein du groupe Robert Wan. En 2016, elle est nommée vice-présidente de la Fondation Positive Planet. Avec Jacques Attali, elle fonde en 2018 l'Institut de l'Économie Positive, qui a pour but d'accompagner gouvernements, territoires et entreprises dans leur transformation positive.
    Le travail de coordination de l'ensemble des travaux a été réalisé par Elliot de Faramond, Chargé de plaidoyer à l'Institut de l'Économie Positive.
     

  • Nous avons été bien malheureux dans ces horreurs de tranchées, la pluie ne nous a pas quittés un instant, tu ne peux t'imaginer dans quel état de saleté de crotte nous étions tous. Je n'aurais jamais cru non plus que l'on peut s'habituer à vivre tout mouillé pendant des jours sans jamais sécher.

    Alix Payen (1842-1903), ambulancière et infirmière durant la Commune de Paris.

    Michèle Audin (née en 1954) est romancière (Une vie brève, Comme une rivière bleue), scientifique, oulipienne.

  • Combinant une approche thématique et une vision géographique, l'auteur de cet ouvrage rappelle les grandes étapes de la mondialisation depuis le début du vingtième siècle, afin de mieux décrire la troisième phase qui se met en place. Observant ensuite le choc social, particulièrement violent, il analyse enfin quatre thèmes majeurs : la santé, le changement climatique, les risques financiers et la dette, l'économie numérique.
    Le livre s'achève par un bref tour du monde, indispensable étant donné que chaque région a sa façon de gérer, ou de ne pas gérer, les crises sanitaire et économique, en s'interrogeant sur les perspectives de moyen terme dans le contexte créé par la montée en puissance de la Chine et par la guerre froide sino-américaine.

    Hubert Testard, haut fonctionnaire, ancien conseiller économique et financier en Asie, enseigne à Sciences-Po Paris. Il est l'auteur d'ouvrages sur l'Asie et l'investissement chinois en France.

  • David Graeber séjourna à Madagascar de 1989 à 1991 et y découvrit l'existence d'un groupe ethnique formé des descendants des pirates qui s'y étaient installées au début du XVIIIe siècle. Il a rédigé sur le sujet un essai, où il entreprend, entre autres, de faire la lumière sur l'utopie pirate connue sous le nom de « Libertalia ». Décryptant les légendes pirates et analysant la documentation disponible, l'auteur explore l'impact qu'eurent les flibustiers et leurs descendants sur l'histoire malgache au siècle des Lumières - mais aussi l'influence qu'eurent les récits de pirates et leurs pratiques proto-démocratiques sur les penseurs de l'époque. Il en résulte un récit passionnant, doublé d'une réflexion lumineuse sur la nature et les origines de l'idéologie marchande.
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    L'anthropologue américain David Graeber, né en 1961, évincé de l'université Yale, figure de proue du mouvement Occupy Wall Street, est considéré par le New York Times comme "l'un des intellectuels les plus influents du monde anglo-saxon".
    Il est l'auteur de Bullshit Jobs (LLL); Dette, 5000 ans d'histoire (LLL), Bureaucratie (LLL), Comme si nous étions déjà libres (Lux).

  • La bourgeoisie triomphante du XIXe siècle a disparu. Ses petits-enfants se fondent désormais dans le décor d'anciens quartiers populaires, célèbrent la mixité sociale et le respect de l'Autre. Fini les Rougon-Macquart, bienvenue chez les hipsters... Bénéficiaire des bienfaits de la mondialisation, cette nouvelle bourgeoisie en oublie jusqu'à l'existence d'une France d'en bas, boutée hors des nouvelles citadelles que sont devenues les métropoles.
    Pendant ce temps, dans la France périphérique, les classes populaires coupent les ponts avec la classe politique, les syndicats et les médias. Leurs nouvelles solidarités, leur souverainisme n'intéressent personne. Le grand marronnage des classes populaires, comme avant elles celui des esclaves qui fuyaient les plantations, a commencé. On croyait la lutte des classes enterrée, voici son grand retour...

  • Comment penser le monde après Donald Trump et Jair Bolsonaro  ? Comment expliquer l'aura d'Alexandria Ocasio-Cortez, de Jacinda Ardern ou de Greta Thunberg  ?
     
    Le pouvoir prédateur sur les autres et la planète, incarné par les populismes néofascistes et le néolibéralisme, n'est pas une fatalité. Avec les crises démocratiques, environnementales, sanitaires et sociales que nous traversons, ce sont à la fois les récits, les agendas et les styles politiques qui doivent être questionnés. Le féminisme figure parmi les réponses. Fort d'une histoire plurielle, sur tous les continents, il est de plus en plus inclusif et transversal. Sur les plans théorique, pratique et programmatique, en multipliant les terrains d'expression et de revendication, il propose de renouveler les cadres de pensée pour construire un nouvel universel.
     
    Par l'onde de choc qui est la sienne, dont #MeToo n'est qu'un exemple, le féminisme, avec d'autres approches du réel, jette les bases d'un projet durable et solidaire. Il promeut aussi un nouveau leadership, fondé sur la coopération et la responsabilité collective. Dans des contextes de crise, le féminisme est indispensable au renouveau démocratique, à l'émergence d'une nouvelle forme de pouvoir, de l'action publique à l'entreprise, en passant par l'art ou encore le sport.
     
    L'ouvrage, clair et documenté, offre une grille de lecture de nos sociétés dans leur complexité. Il invite à repolitiser le monde, à recréer du commun, du débat, en s'appuyant sur l'imagination, le savoir et l'engagement de toutes et de tous.

  • Partout dans le monde, des mouvements contestent l'appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
    Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s'impose aujourd'hui comme le terme central de l'alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l'écologie politique par la revendication des " communs " contre les nouvelles formes d'appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.
    Mais, selon les auteurs, le commun ne tient ni de l'essence des hommes ni de la nature des choses, mais de l'activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est " commun ", réserver certaines choses à l'usage commun, produire les règles capables d'obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution ?

  • Nous sommes en train de comprendre ce qui s'est passé depuis cinquante ans.  L'hystérie du monde du travail, la grande protestation des peuples, l'enfermement des nouvelles générations dans une espèce de présent perpétuel, sont les conséquences de l'effondrement d'une civilisation: celle de la société industrielle.  L'une après l'autre, les utopies de gauche et de droite se sont fracassées sur une réalité qu'il est désormais possible de désigner par son nom : la société digitale. Elle nous transforme en une série d'informations qu'un logiciel peut traiter à partir de n'importe quel point du globe.  Une immense frayeur traverse la société. Le travail à la chaine d'hier a-t-il laissé la place à la dictature des algorithmes? Les réseaux sociaux sont-ils le moyen d'un nouveau formatage des esprits? Par un formidable retour en arrière, les questions de l'ancien monde sont en train de resurgir au coeur du nouveau. Les temps changent, mais vont-ils dans la bonne direction?   Ce livre iconoclaste permet de comprendre le désarroi dont le populisme est l'expression. Il décrypte d'une façon lumineuse des événements dont le sens nous échappe parfois, tout en ayant l'ambition de veiller à la défense des valeurs humanistes au nom desquelles le nouveau monde a, aussi, été créé.

  • Alors qu'elles avaient diminué au XXe siècle, les inégalités économiques se creusent de nouveau, depuis plusieurs décennies, dans la plupart des pays occidentaux. Mais la seule dimension économique ne suffit pas à rendre compte des inégalités, qui doivent aussi être saisies dans leur ensemble, quelle que soit la forme qu'elles prennent. Afin d'appréhender leur pluralité, Nicolas Duvoux dresse un panorama des différentes définitions qu'on donne des inégalités sociales, des outils qui permettent de les mesurer ainsi que des interprétations de la façon dont elles se construisent et s'enracinent. Comprendre les inégalités sociales, c'est dès lors décrypter comment chaque société les conçoit, les critique et tente (ou non) de les combattre.

  • Les soulèvements qui se sont succédé dans le monde arabe en 2010 et 2011 n'ont pas épuisé leurs potentialités. Occupation des places, slogans dégagistes et anti-système, nouvelles mobilisations de la fin 2019 : l'expérience révolutionnaire arabe s'est étendue et déborde les limites qui étaient les siennes il y a dix ans. Elle a ébranlé les sociétés au point que, malgré les contre-révolutions, rien ne sera plus comme avant.

    L'Esprit de la révolte propose de lire la puissance politique des printemps arabes, leurs répertoires d'actions, les circulations
    de formes protestataires depuis leurs archives. Traces du temps révolutionnaire, ces documents sont autant de balises pour le futur si l'on prend le temps de les regarder, de les lire, de les écouter. Et nous espérons que nos lectrices et lecteurs pourront voir ce qui se raconte ici en creux des places européennes, des rues sud-américaines et d'une aspiration globale à « changer de système ».

    Sous la direction de Leyla Dakhli, dix chercheuses et chercheurs ont engagé une grande collecte : photos, tracts, vidéos, fresques murales, banderoles, chansons, affiches, etc. Chacun de ces objets, témoin d'un moment, d'une figure, d'un type d'action politique, constitue l'ancrage d'une réflexion et d'un récit. Ce cheminement par l'archive permet aussi de relier les expériences et d'en comprendre la persistance ou la disparition.

    Avec Amin Allal, Kmar Bendana, Mohamed Slim Ben Youssef, Youssef El Chazli, Elena Chiti, Simon Dubois, Giulia Fabbiano, Samer Frangieh, Mélanie Henry, Loulouwa Al-Rachid.

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