• Deuxième mille

    Patrick Varetz

    Au flot des mots, à
    la pâte, tu opposes le flux des
    poèmes, leur transparence. Simplicité vide de la
    pensée et de la forme, pâleur de la colère, répétitions,
    tout cela comme inscrit là en creux, presque
    noyé, dans le bref cours des jours.

  • «Daniel, mon pauvre père, est devenu ami avec moi sur Facebook.»

  • Bas monde

    Patrick Varetz

    Je n'appartiens pas à ce monde, on m'y a jeté.
    C'est la souffrance qui me fait naître : mon père, ce salaud, frappe ma mère au ventre, avec une insistance qui - par instant - frôle la démence. J'ai le sentiment que nous sommes tous, ici - je veux dire nous trois, et peut-être d'autres ailleurs qui nous ressemblent - soumis à une expérience dont l'empirisme demeure notre seul gage de liberté.

  • Jusqu'au bonheur

    Patrick Varetz

    «Si vous en êtes arrivé à ce point, trop tôt à votre goût, à la première étape de votre renoncement, dites-vous que les choses se sont peut-être enclenchées avant votre placement d'office dans mon service. Il n'y a pas de hasard, pas plus que de malédiction. Vos fautes ? si l'on peut parler de fautes ? vont s'effacer une à une de votre conscience, mais, au moment de disparaître, elles vous apparaîtront une dernière fois, dévorées par leur propre lumière. Vous refusez de comprendre ce que je raconte? Pourtant, quand vous aviez sept ou huit ans, la peur du noir a dû vous laisser entrevoir très tôt la finalité de toute chose. Peut-être êtes-vous toujours dans votre lit, le drap et la couverture ramenés par-dessus votre tête? Et si vous appeliez votre mère? Croyez-vous qu'il serait trop tard?»

  • Petite vie

    Patrick Varetz

    J'ai faim de son injustice, de ses mains et de ses joues, du jugement de ses yeux, je languis d'ennui et d'incertitude dans l'attente de ses coups. J'ose à peine, même en secret, prononcer le vocable - ridicule - par lequel il convient de le nommer. - Papa !

  • Sous vide

    Patrick Varetz

    L'amour. Je crois que cette ombre, sans forme, travaille sans relâche à creuser le vide sous mon existence. Cela s'apparente à un tiraillement sourd, et parfois à une gêne dans la gorge et derrière les yeux, une faim impossible à rassasier. Ce n'est jamais dirigé contre quelqu'un en particulier. C'est là, qui m'oblige à saisir l'opportunité qui se présente, à accepter n'importe quoi, par peur toujours de voir la situation empirer jusqu'à l'inacceptable.

  • Premier mille

    Patrick Varetz

    Je décide de composer mille poèmes parce que j'ai besoin d'écrire tous les jours, le matin, le soir, et la nuit lorsque je ne dors pas. Venant buter sans relâche contre l'os de l'âme, je ne cesse d'interroger le vide sous mon coeur.

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