• Qu'est ce qui a changé dans nos pays depuis 1950  ? L'espérance de vie a augmenté de 20 à 30 ans, l'équivalent du total d'une existence  au XVII° siècle. Passé la cinquantaine, l'animal humain connaît une sorte de suspension  : plus tout à fait jeune, pas vraiment vieux, en apesanteur. C'est un sursis qui laisse la vie ouverte comme une porte battante. Formidable avancée qui bouleverse tout  : les rapports entre générations, la question affective et familiale, le sens même de notre destin. Ce sursis est à la fois passionnant et angoissant. Il faut remplir cette moisson de jours supplémentaires. Les échéances raccourcissent, les possibles s'amenuisent mais il y a encore de la découverte, des surprises, des amours bouleversantes. Le temps est devenu un allié paradoxal  : au lieu de nous tuer, il nous porte.Que faire de ce cadeau ambigu  ?  S'agit-il seulement de vivre plus longtemps ou plus intensément  ? De recommencer ou de bifurquer  ? Qu'en est-il du remariage, d'une nouvelle carrière  ? Comment éviter la fatigue d'être, la mélancolie des crépuscules, comment traverser de grandes joies et de grandes douleurs  ? Nourri à la fois de réflexions et de statistiques factuelles, puisant aux sources de la littérature, des arts comme de l'histoire, ce livre propose une philosophie de la longévité fondée non sur la résignation mais sur la résolution. En somme, un art de vivre cette vie en plus. N'y a-t-il pas une joie profonde à être encore vivants à l'âge ou nos ancêtres avaient déjà un pied dans la tombe  ?

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste,   sa puissance comme  exploiteur de tous les « dominés » et   « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est  d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • Un bon fils

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 16 Avril 2014

    C´est l´histoire d´un enfant à la santé fragile, né après guerre et envoyé aussitôt dans un village d´Autriche pour soigner ses poumons. Sous la neige, il chante la gloire de Dieu et baragouine un patois allemand. Chaque soir, sous le regard aimant de sa mère, le chérubin prie le Seigneur pour qu´il provoque la mort de son père. « Rien de plus difficile que d´être père : héros, il écrase de sa gloire ; salaud, de son infamie ; ordinaire, de sa médiocrité » : le père est ici un mari violent et pervers qui bat sa femme et l´humilie, un obsessionnel antisémite et raciste, dont le fils va tout faire pour devenir le contre-modèle (« Je suis sa défaite »). Il sera l´élève de Jankélévitch et de Barthes, le meilleur ami d´Alain Finkielkraut ; classé parmi les « intellectuels juifs » auxquels il s´identifie sans l´être, il aimera des femmes aux racines lointaines, sera un père aimant, un écrivain reconnu. Dans ce récit puissant, véritable « roman des origines »,  Pascal Bruckner raconte sa filiation personnelle et intellectuelle, nous offrant ainsi le sésame de son oeuvre entière.
    De la neige des premières pages aux ordures parmi lesquelles son père finira son existence, de la violence de ses mots à la rage teintée d´amour qu´il lui portera, on retrouve ici le théâtre de la cruauté d´un écrivain, incarné et expliqué par son acteur central, ce nazi pathétique, écolo fanatique, Ogre colérique, Petit mari aux côtés duquel, malgré tout, Pascal restera toujours, en Bon fils. Car derrière le mépris, la rage, ce récit est l´aveu à demi-formulé d´un amour impossible, un Tombeau d´effroi et de pardon.

  • Il existe assez de racismes véritables pour que l'on n'en invente pas d'imaginaires. Depuis trente-cinq ans, le terme d'« islamophobie » anéantit toute parole critique envers l'islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs. Une grande religion comme l'islam n'est pas réductible à un peuple puisqu'elle a une vocation universelle. Lui épargner l'épreuve de l'examen, entrepris depuis des siècles avec le christianisme et le judaïsme, c'est l'enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences qu'elles commettent. Démonter cette imposture, réévaluer ce qu'on appelle le « retour du religieux » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l'extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

  • « L'argent est une promesse qui cherche une sagesse. L'expression doit s'entendre au double sens : il est sage d'avoir de l'argent, il est sage de s'interroger sur lui. Il rend tout  homme philosophe malgré lui : bien penser, c'est aussi apprendre à bien dépenser, pour soi et pour autrui. Avec l'argent, nul n'est à l'aise : ceux qui croient le détester l'idolâtrent en secret. Ceux qui l'idolâtrent le surestiment. Ceux qui feignent de le mépriser se mentent à eux-mêmes. Engouement problématique, réprobation impossible. Telle est la difficulté. Mais si la sagesse ne consiste pas à s'attaquer à cela même qui paraît à tous le symbole de la folie, à quoi bon la philosophie ? » P.B.

  • Les voleurs de beaute

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 27 Août 1997

    Paris, week-end du 15 août, au service psychiatrique de l'Hôtel-Dieu. Un homme au visage dissimulé par un masque antipollution est admis aux urgences. Mathilde, une interne de vingt-cinq ans, jolie mais qui n'aime guère son métier, est intriguée par le cas de Benjamin. Il va lui faire une étrange confession, alors que vient la nuit... Un soir d'hiver, Benjamin et sa fiancée Hélène sont bloqués par la neige dans une maison du Jura. Jérôme Steiner, l'hôte courtois, séducteur à la crinière blanche, Francesca, sa femme, une matrone vénéneuse, et Raymond, le valet, forment le comité d'accueil. Peu à peu, s'enhardissant, Benjamin inspecte le chalet, du grenier à la cave, et par mégarde découvre le secret des lieux : un boyau humide et souterrain, d'où monte soudain un cri de détresse. Une main le saisit au col. Steiner, fulminant de rage, lui explique alors sa théorie. Ce barbe-bleu et ses complices enferment dans cette cave des êtres coupables d'un seul crime : la beauté. Horrifié, hésitant entre l'incrédulité et la panique, Benjamin se voit proposer un pacte. Contre la liberté d'Hélène, il doit revenir à Paris et livrer trois jeunes femmes aux monstres du Jura. Le piège s'est définitivement refermé sur lui. Farce macabre ou réalité ? Le Fanoir, où la beauté se dessèche comme les feuilles entre les pages d'un herbier, existe-t-il vraiment ? Mathilde subira-t-elle à son tour la fascination de ce mouroir de la jeunesse, où le temps se venge de la beauté trop passagère ?

  • Le paradoxe amoureux

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 7 Octobre 2009

    Inventer l´amour, l´émanciper des tutelles religieuses et des politiques familiales, instaurer le mariage d´inclination, en finir avec le servage des femmes, tel fut le grand projet des réformateurs depuis le 18ème siècle. Il aura fallu presque trois siècles pour le mener à bien et offrir à chacun la possibilité d´aimer qui il souhaite, de frayer avec la personne de son choix.
    Cette immense conquête est problématique : comment l´amour, dont la vocation est de rattacher, peut-il se concilier avec la liberté dont l´effet est de séparer ? Cette contradiction explique le caractère à la fois ardent et fragile des romances contemporaines. Croyance inentamée dans les beautés de la passion, de la fidélité, constat des difficultés de cet idéal dès lors qu´il met face à face deux individus qui ne veulent rien sacrifier de leur bonheur personnel et préfèrent saborder leur union plutôt que la prolonger dans la routine ou la médiocrité. Pour résoudre ce déchirement, deux idéologies se coalisent : l´une progressiste veut en finir avec la fidélité, le couple, la famille ; l´autre conservatrice veut restaurer le mariage à l´ancienne, la monogamie indissoluble. Mais l´amour, tétu, oppose sa permanence, sa richesse, son ambivalence aux discours qui prétendent le corriger.
    Le nouvel essai de Pascal Bruckner raconte, à travers les métamorphoses du mariage et de l´érotisme, la résistance du sentiment à tous les embrigadements.
    Nous n´avons pas trouvé la solution aux souffrances de l´amour, nous n´avons fait que multiplier les paradoxes. Il y a progrès dans la condition des hommes et des femmes mais il n´y a pas de progrès en amour : c´est la bonne nouvelle de ce troisième millénaire commençant.

  • Lunes de fiel

    Pascal Bruckner

    Peut-on échapper à la monotonie du couple ? Esquiver l'ennui par l'adoration, la lassitude par l'érotisme ? Telle est la question implicite que se posent les personnages de ce roman à bord du paquebot qui, dans les derniers jours de l'année 1979, les mène de Marseille à Istanbul. Le récit que l'un d'entre eux, Franz, fait à un autre voyageur, Didier, de ses amours avec une certaine Rebecca, également présente, sert de fil conducteur à leurs interrogations. Récit dont l'enjeu caché ne manquera pas d'infléchir à son tour les relations du voyageur et de sa compagne, Béatrice, avec laquelle il part en Inde pour s'évader d'une existence d'enseignants trop bien réglée.Double histoire et d'une déchéance amoureuse et d'un huis clos à l'intérieur d'un navire, Lunes de fiel est avant tout un roman de la cruauté. Des êtres en proie au désemploi de soi y cèdent à la fascination du bonheur dans la haine. Lunes de fiel, on l'aura compris, c'est l'autre face de notre rêve contemporain d'euphorie obligatoire, c'est la mise en scène des impasses de la vie privée dès lors qu'elle se replie sur elle-même et succombe sous le poids de sa propre frivolité.

  • Que voudrait-il, le citoyen d'aujourd'hui ? La liberté, mais sans le fardeau de la responsabilité. En s'attaquant à cette maladie de l'individualisme qui consiste à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, Pascal Bruckner peint en premier lieu l'homme sous les traits du citoyen-nourrisson ; avec les gaietés factices de la logique du divertissement, il retombe en enfance. Dur d'être un adulte ! Une autre stratégie de l'irresponsabilité consiste à se lamenter sur son sort. Voici, au choix, les rapports des hommes et des femmes sur le modèle de la guerre des minorités, le juridisme qui découvre l'opprimé sous le plaignant, la propagande serbe qui érige le bourreau en martyr, le culte du maudit dans le confort. Et l'idéologie caritative, présente partout, n'est-elle pas le dernier secours, le baiser de la mort, qu'on apporte à la chère victime ? Serait-ce le supermarché des larmes ? Et serions-nous des imposteurs, à geindre en permanence quand d'autres souffrent ?

  • Un an et un jour

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 3 Octobre 2018

    Jézabel Thevanaz,  jeune professeure de mathématiques,  doit quitter les cimes paisibles de la Haute-Savoie  pour se rendre au Canada. Son père, ancien pasteur et horloger amateur, lui a fait jurer, sur son lit de mort, d'aller porter à un ami au Québec la montre qu'il a conçue. Une pièce unique dont la caractéristique n'est pas de donner l'heure mais de détruire le temps.
    Alors que Jézabel  survole le Groenland, l'avion est pris dans une effroyable tempête. Forcé de dévier sa trajectoire, l'appareil se pose dans un aéroport de fortune, perdu  au nord des Etats-Unis. Il fait nuit noire,  la neige, épaisse et lourde, tombe drue. Résignée, la jeune femme  trouve refuge au Plazza : Un vieil hôtel aux proportions immenses,  tortueux comme une cathédrale.  Brisée par la fatigue, Jézabel y loue une chambre, croyant pouvoir repartir dès le lendemain.  A son réveil, le cauchemar commence. On lui annonce qu'elle n'a pas séjourné au Plazza pendant un jour mais... un an!
    Parviendra-t-elle à retrouver la liberté ? La supportera-t-elle ? Aura-t-elle vraiment été cloitrée un an, une nuit ?
    Le lecteur n'en sait pas plus que le personnage, perdu dans cet univers d'inquiétante étrangeté.

  • La maison des anges

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 9 Janvier 2013

    Antonin Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu'au jour où, ratant une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l'un deux à mort.
    Illumination ! Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des nafragés où il croise la route d'Isolde. Cette héroïne de l'humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ?
    La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris.

  • Pascal Bruckner s'attaque avec vigueur au malaise qui consume les sociétés occidentales : le « tiers-mondisme » qui repose surtout, derrière la solidarité affichée, sur la haine de soi. Cette idéologie oppose un Sud radieux, peuplé d'agneaux et de martyrs, à un Nord rapace, habité de loups et de nantis. Une vision trop simpliste et culpabilisante qui trouve ici un lumineux contrepoint.Né en 1948, Pascal Bruckner a écrit de nombreux romans et essais, dont L a Tentation de l'innocence (prix Médicis de l'essai 1995) et Les Voleurs de beauté (prix Renaudot 1997). Il est également l'auteur de Lunes de fiel et co-auteur de La Plus Belle Histoire de l'amour, disponibles en Points.« Un styliste qui cogne, un puncheur qui signe des pages étincelantes, servies par une culture historique et philosophique solide. »La Croix

  • Allez jouer ailleurs

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 20 Septembre 1977

    Allez jouer ailleurs est un roman d'aventures, un contes de fées, un voyage imaginaire dans le métro parisien. On y rencontre des ogres, des enfants, des clochards, des policiers et des savants fous. C'est l'histoire de la lutte des jeunes contre le vieillissement, du rire contre l'ennui, de la liberté contre la bureaucratie, du rêve contre la réalité. En prenant les mots à la lettre, Pascal Bruckner nous montre le coeur de Paris, il explique comment les taupes géantes devinrent des rames de métro, raconte l'aventure d'un petit groupe d'enfants emmenés sous terre par un magicien, pastiche le verbe pompeux des historiens et des sociologues, déchiffre pieusement les graffitis obscènes et détourne les règlements de la Régie. Il s'amuse et nous amuse, comme déjà avec Monsieur Tac, son premier roman, un livre " pervers, polymorphe et discrètement désespéré " (Catherine David, le Nouvel Observateur), et réussit encore un coup son cocktail inimitable où l'on retrouve " une bonne dose de Fourier, deux traits de Queneau, un semblant de Brisset, une rasade de Swift, un zeste de Borges, un rien de Cami, un doigt de Devos " (Roger-Pol Droit, le Monde).

  • L'amour du prochain

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 5 Janvier 2005

    Le soir de ses trente ans, Sébastien a une révélation : il comprend en un éclair qu'il a eu jusque là une vie réussie, mais que la réussite est une prison où il serait un condamné à perpétuité. Une femme jolie et ambitieuse, un trio d'enfants, une carrière sans surprises au Quai d'Orsay, une bande d'amis aussi soudés que s'ils formaient une société d'entraide, en bref une molle résignation au confort. Comment s'affranchir de cet esclavage du quotidien ? Comment renaître en homme neuf ? A la terrasse d'un café, une femme riche et ridée lui offre de l'argent pour passer une heure avec lui. Quel choc... C'est sans le vouloir que Sébastien devient un mois plus tard un prostitué mâle. Attiré par la perspective d'une vie parallèle, Sébastien s'établit en tapin clandestin dans le quartier du Marais, comme d'autres rejoignent une profession libérale. En bon Samaritain qui distribuerait sa semence à des créatures souvent disgracieuses, il copule avec ferveur et méthode, associant bientôt à son entreprise où le don de soi l'emporte sur le vice, une brune disciple : Dora. Juive et antillaise, sang-mêlée qu'obsèdent la chair et la religion, bigote et bimbo, mystique et lubrique, capable de cacher sous un livre de prière un vibromasseur, Dora va emmener Sébastien au-delà de ses limites. Le libertinage d'un bourgeois en rupture s'inverse en oeuvre pieuse : Dora se rêve en Christ femelle, cruxifiant son Saint-Sébastien sur la croix du plaisir. Le sublime glisse vers l'ordure. A la veille de ses quarante ans, Sébastien a tout perdu. La bouffonnerie des sens a fini en tragédie. Mais est-il bien sûr que Sébastien n'a pas d'autres ennemis que lui-même ? Qui voudrait réduire cet apôtre du désir à l'état d'une loque asexuée ? Depuis Lune de fiel, Pascal Bruckner n'était jamais allé aussi loin : c'est un roman charnel et moral, qui donne à l'amour tarifié l'intensité de scènes religieuses ou scabreuses, dans une volupté de détails dont l'auteur semble avoir le secret. A rebours du sexuellement correct d'aujourd'hui.

  • Parias

    Pascal Bruckner

    Inde du Nord, début des années 1980. De Delhi à Bombay, des campagnes du Madhya Pradesh aux plages de Goa, plusieurs personnes se cherchent et s'affrontent : un archéologue français que couve une mère envahissante ; un agronome américain cynique et brillant ; une petite mendiante de Bombay ; un professeur d'histoire de l'art à l'Université de Calcutta ; une jeune fille révoltée de la haute société bengali... Plus quelques autres, dont le narrateur lui-même, fonctionnaire français aux Relations extérieures, déchiré entre sa fascination pour l'inde et son incapacité à la comprendre.Mais le vrai sujet des Parias, c'est évidemment l'Inde : « Mother India ». Une Inde imaginaire, fantasmatique autant que réelle, aimée autant que détestée et sur laquelle chacun projette sa peur, son enthousiasme, ses doutes ou sa colère. Une Inde dont les démesures et la misère n'effacent jamais la séduction magique, quasi merveilleuse qu'elle exerce sur tout étranger.Sur cette terre, un homme va être l'instigateur d'un crime immense, répété, vécu comme une hallucination. Il se fera assassin par amour de l'inde, proclamant le règne d'un nouveau messie de l'Humanité, semant la mort à travers les faubourgs des grandes cités, dans une sorte de mouvement romanesque qui oscille constamment entre la folie et la tendresse, la farce et l'horreur.

  • Monsieur Tac

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 14 Septembre 1976

    Monsieur Tac est le récit d'un voyage imaginaire, une plongée dans un univers magique, celui de l'alphabet. On y voit des lettres qui parlent et agissent comme des êtres humains, des corps qui grandissent et rapetissent à vue d'oeil, des calembours baladeurs, des animaux savants, un détective qui meurt et ressuscite à volonté, tout cela raconté avec un mélange inimitable de sérieux et d'humour, en 26 chapitres, évidemment - de A à Z. En même temps, Monsieur Tac est une satire de notre culture, un démontage ironique de tout le bric-à- brac littéraire qui encombre nos cervelles, mieux : le déboulonnage de l'Homme de Lettres statufié par les Lagarde et Michard à la mode. Bref, un roman gai et brillant, sans message ni thèse.

  • "La planète est malade. L'homme est coupable de l'avoir dévastée. Il doit payer. Telle est la vulgate répandue aujourd'hui dans le monde occidental. Le souci de l'environnement est légitime : mais le catastrophisme nous transforme en enfants qu'on panique pour mieux les commander. Haine du progrès et de la science, culture de la peur, éloge de la frugalité : derrière les commissaires politiques du carbone, c'est peut-être un nouveau despotisme à la chlorophylle qui s'avance. Et rend plus urgent l'instauration d'une écologie démocratique et généreuse. Une course de vitesse est engagée entre les forces du désespoir et les puissances de l'audace."P. B.

  • " Le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d'une majorité d'Européens, du moins à l'Ouest. Depuis 1945, en effet, notre continent est habité par les tourments du repentir. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, l'impérialisme, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries, de pillages qui ont abouti à deux conflits mondiaux, c'est-à-dire à un suicide enthousiaste.
    A ce sentiment de culpabilité, toute une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l'entretien du remords comme jadis les gardiens du feu. Dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu'elles, et elles seules, ont fait l'effort de surmonter leur barbarie pour la penser et se mettre à distance d'elle, construisant un monde de paix et de prospérité. L'Europe a sans doute enfanté des monstres, elle a du même coup enfanté les théories qui permettent de détruire les monstres.
    Curieusement nous vivons aujourd'hui une situation de repentir à sens unique :
    Celui-ci n'est exigé que d'un seul camp, le nôtre, et jamais des autres cultures, des autres régimes qui se drapent dans leur pureté supposée pour mieux nous accuser. Mais l'Europe accepte trop volontiers le chantage à la faute ; si nous adorons nous flageller et nous couvrir la tête de cendres, n'est-ce pas que notre souhait secret est de sortir de l'Histoire, de nous abriter peinards, dans le cocon de la contrition, pour ne plus agir, échapper à nos respnsabilités ? La repentance n'est peut-être rien d'autre que le triomphe de l'esprit d'abdication. " P.B

  • Mon petit mari

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 7 Novembre 2007

    On connaît la chanson populaire : « Mon père m'a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, quel petit homme, qu'il est petit. », mais sait-on que la plaisante ritournelle pourrait devenir réalité ; au moins chez Pascal Bruckner, amateur de conte cruel, où l'enfance perverse voisine avec l'âge adulte. Le jour de son mariage, Léon doit se hisser sur les pieds pour embrasser son épouse, la plantureuse Solange. Quoique de gabarits différents, ce couple idéal donne naissance à de robustes enfants. Etrange ! A chaque naissance, Léon perd quelques centimètres : cet avorton de la toise rapetisse inexorablement, et il a beau consulter le corps médical, rien n'y fait. Avec sa taille, ses responsabilités diminuent, son autorité s'émousse. C'est bientôt Liliput, Léon le moucheron, un corpuscule, et de père idéal il s'inverse en victime des appétits familiaux... Le microbe survit en se cachant dans la bibliothèque, bivouaquant dans de la mie de pain : la description de son calvaire permet à l'auteur des pages drôlissimes, grinçantes et cruelles à la fois ! On ne vous dira pas la fin. Tout conte a une morale.

  • Les ogres anonymes

    Pascal Bruckner

    • Grasset
    • 4 Novembre 1998

    Le jour de ses vingt-cinq ans, Balthus Zaminski, ogre de son état, promit à son valet de ne plus manger d'enfants. Cette fois, c'était la bonne, il s'amendait.Balthus n'était pas un de ces ogres grossiers et braillards du temps jadis. Non, c'était un gentleman, un jeune homme de bonne famille qui raffolait de la grande musique, du cinéma et surtout de la mode. Hélas, le vice ancestral ne pouvait le quitter si vite et bientôt Balthus, à la vue d'un marmot et malgré son serment, se remit à saliver, à gronder, gagné par un irrésistible appétit.Alors son domestique et tuteur l'emmena consulter des spécialistes, le confia a un professeur de yoga, lui administra des tranquillisants. Il devait bien exister un traitement capable de soigner son maître ! Mais guérit-on jamais d'être un ogre ?Pascal Bruckner signe ici deux contes d'enfants pour adultes, entre humour et férocité. Pascal Bruckner est l'auteur, chez Grasset, de la Tentation de l'Innocence (Prix Médicis de l'essai, 1995 ) et des Voleurs de beauté (Prix Renaudot, 1997).

  • "Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux ? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement : je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité ? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes ?J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobe ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit : la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence.C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi, au risque, à force d'être passés sous silence, de resurgir où on ne les attendait pas. Notre époque raconte une étrange fable : celle d'une société vouée à l'hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice.Comment la croyance subversive des Lumières, qui offrent aux hommes ce droit au bonheur jusqu'alors réservé au paradis des chrétiens, a-t-elle pu se transformer en dogme ? Telle est l'aventure que nous retraçons ici." P.B.Pascal Bruckner, né en 1948, est romancier et essayiste. On lui doit La Tentation de l'innocence (Prix Médicis de l'essai en 1995) et Les Voleurs de beauté (Prix Renaudot en 1997).

  • The planet is sick. Human beings are guilty of damaging it. We have to pay. Today, that is the orthodoxy throughout the Western world. Distrust of progress and science, calls for individual and collective self-sacrifice to `save the planet' and cultivation of fear: behind the carbon commissars, a dangerous and counterproductive ecological catastrophism is gaining ground.
    Modern society's susceptibility to this kind of thinking derives from what Bruckner calls "the seductive attraction of disaster," as exemplified by the popular appeal of disaster movies. But ecological catastrophism is harmful in that it draws attention away from other, more solvable problems and injustices in the world in order to focus on something that is portrayed as an Apocalypse.
    Rather than preaching catastrophe and pessimism, we need to develop a democratic and generous ecology that addresses specific problems in a practical way.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Anglais A Dutiful Son

    Pascal Bruckner

    Pascal Bruckner's memoir reads like a novel, a Bildungsroman which charts his journey from pious Catholic child to leading philosopher and writer on French culture.
    The key figure in Bruckner's life is his father, a virulent anti-Semite, who voluntarily went to work in Germany during the Second World War. He is a violent man who beats his wife. The young Bruckner soon reacts against his father and his revenge is to become his polar opposite, even to the point of being happy to be called a ‘Jewish thinker’, which he is not. ‘My father helped me to think better by thinking against him. I am his defeat.’ .
    Despite this opposition, he remains tied to his father to the very end. He has other ‘fathers’, men such as Sartre, Vladimir Jankélévitch and Roland Barthes who fostered his philosophical development, and describes his friendship with his ‘philosophical twin brother’, Alain Finkielkraut. .
    A great read for anyone interested in the 1960s, the intellectual life of France and the father and son relationship.

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