• Un palais de papier

    Françoise Hamel

    • Fayard
    • 15 Mars 2017

    Lorsqu'Espérance de Kerzo quitte sa Bretagne natale pour la capitale, les caisses du Royaume de France sont désespérément vides et Louis xiv a accumulé une dette colossale. Déjà. Puis le Roi-Soleil s'éteint, mais l'ardoise reste. Cependant tout Paris bruisse du nom d'un aventurier d'origine écossaise : John Law. Car cet homme a un plan, qui aura bientôt la faveur du Régent : remplacer la monnaie métallique par des billets de papier. Fascinée, Espérance de Kerzo entre au service de celui dont on espère qu'il sauvera le pays de la faillite. Et c'est de l'intérieur, en observatrice privilégiée, qu'elle raconte les grandes innovations et les petites manigances de cette entreprise. Pourtant, cette jeune fille fougueuse et libre, lectrice avide aussi bien de Montaigne que du Code paysan des premiers Bonnets rouges, a toujours rêvé de liberté - et jamais de finance. Les sentiments que lui inspire le troublant John Law seraient-ils à l'origine de cette contradiction ? Françoise Hamel, à qui l'on doit entre autres Fille de France (Plon, 2004, Prix Cazes-Lipp) et Les forains du roi (Plon, 2010), prouve une fois de plus sa maîtrise du roman historique dans cette histoire virevoltante où se croisent Saint-Simon, Montesquieu, Watteau ou le jeune Voltaire, sur fond de frénésie financière préfigurant bien des crises ultérieures.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En Normandie, Madame Veuve inaugure une nouvelle phase de son destin en s'installant dans un appartement neuf. À Paris, sa fille unique, qu'elle appelle Princesse, va aussi de déménagement en déménagement. L'instabilité, en somme, règne dans leur vie comme elle règne dans leurs rapports. Les deux femmes se poursuivent et s'irritent réciproquement, elles gaffent en permanence à force de chercher passionnément le ton juste. Car ces hésitations, ces faux pas, ces exaspérations se déroulent sur le fond d'un très profond attachement. Ainsi en va-t-il, le plus souvent, des mères et des filles. Les deux héroïnes, à la fois touchantes et cocasses, de Françoise Hamel ont d'autant plus de mal à trouver leur accord, qu'elles pataugent dans le même bain de culpabilité. Madame Veuve se reproche le défunt père - un capitaine caractériel - qu'elle a infligé à sa fille, Princesse s'en veut de lui en vouloir. C'est pourquoi l'une et l'autre s'efforcent, mais toujours à contretemps, de réinventer leur relation en lui apportant légèreté, voire fantaisie. Cette légèreté est également celle du roman lui-même. Françoise Hamel se défie des pesantes investigations psychologiques. Ce qu'elle retient, pour les livrer à notre sagacité, ce sont les multiples figures de l'étrange ballet où s'enferment les deux femmes. L'observation quotidienne alterne, ici, avec la drôlerie décapante, l'humour narquois avec la plus poignante émotion. Et tous ces moments, subtilement fixés, finissent par composer pour nous le parcours d'une très pure histoire d'amour.

  •  0500Candide et curieuse de tout, elle est arrivée de son Cherbourg natal. Elle se voyait écrivain mais, à trente ans déjà, elle veut être quelque part, travailler. La voilà embauchée dans une radio populaire, et rapidement sollicitée par le Tout-Paris des années 80 qui rêve d´être invité à son émission. C´est ainsi qu´un intellectuel connu pour son art de la provocation, le célèbre Jean-Edern Hallier, la harcèle et la place bien malgré elle au coeur de la fameuse affaire des Ecoutes de l´Elysée. Notre héroïne naïve mais sans complexe, qui se nomme Cotentin, subira alors ennuis et filatures sans jamais se douter de quoi que ce soit. Pour elle, la vie est un roman.Dans une langue truculente, entre cocasse et burlesque, Françoise Hamel raconte aussi le quotidien presque ordinaire d´une femme des années 80. Une histoire parfois délirante, entre réalité et fantasmes.0300Les années 80 racontées à travers le récit drolatique d´une jeune Candide normande travaillant dans une grande radio à Paris.« Avant de rentrer chez elle après les résultats de l´élection, Cotentin saute dans un taxi et se fait conduire place de la Bastille. Il y pleut à torrents. C´est la débandade. Elle ne descend pas de la voiture et elle rentre chez elle où elle regarde la fête à la télévision ? car elle a acheté un récepteur. S´ils avaient compris à la station qu´elle n´en avait pas, ils auraient pu penser qu´elle le faisait exprès pour les narguer. Elle reste surtout fidèle à sa radio préférée où les gens parlent lentement d´auteurs dont ils oublient de rappeler le nom tant ils croient que tout le monde les connaît. A Radio Gaîté au contraire, les noms sont claironnés mais les invités n´ont pas le temps de dire grand-chose. »Elle est arrivée tout droit de son Cherbourg natal, se nomme Cotentin, est curieuse de tout, et vient d´être embauchée dans une radio populaire très écoutée. Sa fonction lui vaut d´être sollicitée par tous ceux qui rêvent d´être un jour les héros de son émission, au nombre desquels un intellectuel connu pour son art de la provocation. Et c´est parce que cet hurluberlu s´est attiré les foudres de François Mitterrand, tout juste élu président de la République, que notre héroïne se retrouve, sans le savoir, surveillée par la police. Une armée de policiers aussi farfelus que décontenancés par leur « sujet » multiplie écoutes, filatures, cambriolages, convocations au Quai des Orfèvres. Cotentin, elle, traverse ces avanies toujours aussi candide, ne se doutant jamais de quoi que ce soit. Dans une langue truculente, Françoise Hamel nous conte la vie presque ordinaire d´une femme de notre époque, entre les tracas quotidiens et les relations pas toujours aisées avec sa mère, dans un roman à clé qui met en scène, sur un ton enlevé et plaisant, une des dérives d´un président récent, obsédé par ses secrets de famille et la hantise qu´un trublion ne les révèle au grand public.

  • Dans cet essai, l'auteure nous trace un portrait de ce que vécurent les peintres autodidactes et médiums au XIXe siècle. Talentueux, épris de passion pour l'art et voulant exprimer ce qu'ils ressentaient, ces artistes nous ont laissé des oeuvres dont nous nous étonnons encore. Dans un deuxième chapitre, nous voyons les médiums peindre en transes sous l'inspiration de guides venus de l'au-delà (selon eux). En compagnie de Françoise Hamel-Beaudoin nous pénétrons dans un monde pictural inconnu et nous en ressortons émus et étonnés. Françoise Hamel-Beaudoin a vécu plusieurs années à Austin dans les Cantons de l'Est québécois où elle a écrit un roman, "Chroniques amères d'Abitibi", ainsi qu'un journal intime de six tomes "Guetteurs des saisons", suivi de plusieurs biographies et essais sur les peintres du XIXe et XXe siècles.

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