• " Par un beau midi de début d'été, le 28 juin 2012, j'ai émergé d'une sieste pour découvrir que le côté gauche de mon corps était paralysé et que toute la partie gauche du monde avait disparu. Au cours des dernières années, j'ai souvent raconté les épisodes marquants ayant précédé et suivi mon AVC - les questions des amis, les échanges d'histoires avec des camarades d'hôpital m'amènent à évoquer des détails qui semblent les faire sourire et réfléchir. Écrivain, je me suis exposé à la question : "Pourquoi tu ne fais pas un livre de tout ça... ?' Ce récit s'est construit au coup par coup, fragments détachés au flot du temps et qui évoquent l'histoire d'un "coup' - je reprends le mot anglais de stroke qui me plaît plus que le froid et technique acronyme AVC. Le coup, c'est ce que tu prends sur la tronche, c'est aussi le coup d'État à la suite duquel le régime s'effondre... Nul besoin de lire ces fruits de mon écervellement dans l'ordre où ils sont présentés ; on peut les lire comme je les ai cueillis, faisant confiance au grand blagueur céleste pour que chacun s'y perde et s'y retrouve... "
    Victime d'un AVC massif en 2012, Antoine Audouard a eu la chance de s'en sortir et de reprendre le fil de son existence. Dans ce livre, il raconte avec liberté et humour la " partie gratuite " qui lui a été offerte. Son récit est de ceux qui nous aident à ressentir tout le sel et la beauté de la vie.

  • « Le rendez-vous de Saigon », c'est le titre du grand livre qu'Yvan Audouard, à la fin de sa vie, rêvait de pouvoir écrire.
    Il en parlait à son fils Antoine comme de l'oeuvre qui romprait avec une succession de romans secondaires (soixante ou soixante-dix en tout) égrenés tout au long d'une vie de jouisseur dilettante. Parvenu à l'âge adulte, celui où l'on cesse de faire des reproches à ses parents, Antoine Audouard se réconcilie avec ce vieux Provençal qu'il eut parfois, de son vivant, tant de mal à supporter, malgré la profonde affection qui les unissait.
    Au fil d'un récit très touchant, il dessine le portrait d'un homme charmeur et insaisissable, amateur de bonne chère et d'alcool, plus soucieux de plaire à ses lecteurs (et à ceux du Canard enchaîné où il officia pendant 25 ans) qu'à ses propres enfants. Plein d'un humour vif et d'une gentillesse qui désamorçaient les reproches, il fut l'ami de Blondin (parrain d'Antoine, qui porte son prénom) et de nombreux écrivains.
    Antoine Audouard raconte comment les relations entre lui et son père, souvent tendues, voire amères, se firent plus paisibles et plus tendres lorsque la fin approcha. Il excelle à rendre les détails de cette relation, avec ses nuances et ses non-dits qui la rendent très touchante et lui donnent un sens.

  • 1981, Les murs de Paris se couvrent des affiches du candidat Mitterrand

  • " Une PME en difficulté, des salariés qui s'angoissent pour leur avenir, un nouveau PDG qui arrive, un groupe acharné à rétablir des profits ; pour mettre en scène cette réalité sociale tragique et banale, et faire entendre les voix de tous ses acteurs, des plus hauts placés aux "gens sans importance" qui en sont les victimes, j'ai choisi la chanson de geste - la plus ancienne forme narrative de notre langue. Elle s'est imposée par sa souplesse et par la liberté qu'elle me donnait de me déplacer à travers toutes les couches du français - des plus archaïques aux plus modernes, des chants de trouvères aux slams. Dans cette geste il est question de sujets sérieux - licenciements, harcèlement sexuel - et le champ de la bataille annoncée (ce qu'on appelait la rencontre des hommes dans le fracas des armes et le jaillissement vermeil du sang) est un comité d'entreprise.
    L'excès y passe, le grotesque, le pathétique ; j'en garde les rires avec un fond de larmes. " Antoine Audouard

  • On raconte que, dans tous les pays méditerranéens, il est un usage chez les apiculteurs : lorsque l'ancien apiculteur meurt, le premier acte de son successeur est de se rendre au milieu des ruches et, là, de dire : « Abeilles, vous avez changé de maître. » Les abeilles de ce livre sont les enfants d'un village du Midi. Ils s'appellent André, Gatita, Léo, Marguerite, Mireille de là-haut et Camille de la Haute Tension. Leurs maîtres, sans doute, étaient le vent, la lumière, les bruits dans la colline. Les histoires qu'ils se racontent, et celles qu'ils vivent se ressemblent, ce sont des légendes douces, où l'eau se mêle à la pierre. Ils naissent. Ils ont des pouvoirs extraordinaires. S'ils apprennent la solitude, ce n'est pas de leur faute. Autour d'eux, le monde change, les chiens, les femmes, les paysages qu'ils connaissaient disparaissent. Leurs corps et leurs jeux ne sont plus les mêmes. Une voix se lève en eux et leur murmure que le temps vient où ils ne seront plus ce qu'ils ont été - une voix leur dit, sans colère, sans tristesse, qu'ils vont changer de maître.

  • A bestseller and nominated for the prestigious Goncourt Prize in France, Farewell, My Only One brings to life one of the great romances of all time and evokes the vibrant color and tumult of the Middle Ages.
    In the early twelfth century, William reaches Paris full of hope and without a penny. There, on the same day, he meets the two people who will dominate his life: young Heloise, with whom he immediately falls in love, and Abelard, the world-renowned philosopher. Through the eyes of William, we follow every turn in the greatest love story of the Middle Ages. We witness, in harrowing and lush descriptions, the scandal of the famous theologian falling for his educated and charming student; their flight and secret marriage; the barbaric revenge of the girl?s uncle; their years of separation; the writing of the famous letters; and finally the demise of a broken Abelard, whose books have been burned, a man who finds his ultimate solace in the thought of the woman who has never ceased to love him.
    Antoine Audouard brings literary grace to a story that is palpably infused with sensuality, conflict, and intellectual ferment. Farewell, My Only One is intelligent and bawdy, philosophical and romantic ?X a universal story of star-crossed lovers.

  • Aéroport de Toronto, début novembre 2016. Mourad Benchellali tend son passeport. Un bip. On lui demande d'attendre à l'écart. Puis un policier arrive, qui lui pose quelques questions. Mourad explique : invité par des écoles et le Sénat de Montréal, il vient participer à des rencontres destinées à comprendre et prévenir les dérives vers la violence d'inspiration islamiste de certains jeunes Canadiens. Pendant qu'il patiente dans un couloir, frustré, inquiet, la machine à remonter le temps se met en branle... Comment tout cela a-t-il commencé ? C'était à l'été 2001, quand, âgé de dix-neuf ans, il s'est laissé entraîner vers des " vacances " en Afghanistan... Le djihad ? Non : une aventure, qui avait un vague parfum de clandestinité, un côté cinéma - une rupture dans la routine de la vie en banlieue de Lyon. Quand le policier revient, un interro gatoire s'engage, qui durera la nuit entière. L'histoire que Mourad tente d'expliquer à cet homme, c'est celle que raconte ce livre : le voyage d'un jeune inconscient qui met les pieds là où il ne faut pas au moment où il ne faut pas (quelques semaines avant les attentats du 11 Septembre) et en paie le prix dans le camp de Guantánamo où il échoue. À la différence de beaucoup de détenus, Mourad a trouvé en lui-même la capacité de ne pas sombrer dans la haine et a choisi de transformer ce lieu d'enfer sur terre en l'université où il n'avait pas été - une école de la compréhension et de la tolérance... Revenu en France, Mourad s'est peu à peu reconstruit une vie ; aujourd'hui, il saisit toutes les occasions pour partager son expé rience en espérant qu'elle puisse être utile aux jeunes Européens ou Nord-Américains tentés de tomber dans le même piège que lui - car si les étiquettes ont changé, les circonstances internationales évolué, les mécanismes sont les mêmes et cette " vieille histoire " qui se lit comme un thriller a des accents terriblement actuels.

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