• À mes frères,

    Nous reviendrons, foule sans nombre ;
    Nous reviendrons par tous les chemins,
    Spectres vengeurs sortant de l'ombre.
    Nous viendrons, nous serrant les mains,
    Les uns dans les pâles suaires,
    Les autres encore sanglants,
    Pâles, sous les rouges bannières,
    Les trous des balles dans leur flanc.

    Tout est fini ! Les forts, les braves,
    Tous sont tombés, ô mes amis,
    Et déjà rampent les esclaves,
    Les traîtres et les avilis.
    Hier, je vous voyais, mes frères,
    Fils du peuple victorieux,
    Fiers et vaillants comme nos pères,
    Aller, La Marseillaiseaux yeux.

    Louise Michel, prison de Versailles, 1871.

    Louise Michel (1830-1905) est une figure iconique du mouvement ouvrier français.

  • Au bagne

    Albert Londres

    Au Bagne
    Albert Londres
    Texte intégral. Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
    Albert Londres a été le journaliste le plus réputé de son temps ; En 52 voyages à travers le monde, il a couvert la révolution russe, la colonisation en Afrique, la traite des blanches, le tour de France, la première guerre mondiale, mais aussi le bagne de Cayenne qui a été une de ses grandes indignations.
    En 1923, il se rend en Guyane où il visite le bagne aux Îles du Salut, à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni. Il décrit dans "Au Bagne" les horreurs de ce qu'il voit, son reportage suscite de vives réactions dans l'opinion mais aussi au sein des autorités.
    « Il faut dire que nous nous trompons en France. Quand quelqu'un - de notre connaissance parfois - est envoyé aux travaux forcés, on dit : il va à Cayenne. Le bagne n'est plus à Cayenne, mais à Saint-Laurent-du-Maroni d'abord et aux îles du Salut ensuite. Je demande, en passant, que l'on débaptise ces îles. Ce n'est pas le salut, là-bas, mais le châtiment. La loi nous permet de couper la tête des assassins, non de nous la payer. Cayenne est bien cependant la capitale du bagne. (...) Enfin, me voici au camp ; là, c'est le bagne. Le bagne n'est pas une machine à châtiment bien définie, réglée, invariable. C'est une usine à malheur qui travaille sans plan ni matrice. On y chercherait vainement le gabarit qui sert à façonner le forçat. Elle les broie, c'est tout, et les morceaux vont où ils peuvent »
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/

  • Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
    Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
    Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
    Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a connues à 18 ans.Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence et la résistance à l'oppression.

    Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962) reçut une éducation juive traditionnelle et s'engagea très jeune dans le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.Grande figure morale, il est connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.

  • Biribi

    Georges Darien

    "Biribi" de Georges Darien est un roman contre les bagnes militaires d'Afrique du Nord. Tiré de l'expérience vécue de l'auteur dans le camp disciplinaire de Biribi, c'est une charge féroce, désespérée contre l'administration militaire, la cruauté institutionnalisée et la veulerie de la société qui tolère que l'on torture. Au moment où Les Editions de Londres écrivent cet article de blog sur un livre dont la publication causa bien des remous et conduisit quarante ans plus tard le journaliste Albert Londres à enquêter à son tour puis publier "Dante n'avait rien vu", ce qui amena enfin à la fermeture du bagne, deux candidats républicains déclarent qu'ils réintroduiraient le « waterboarding », donc la torture, s'ils étaient élus.

  • Sur les hauteurs d'Ajaccio, on trouve les ruines du cimetière du bagne d'enfants de Casteluccio, où moururent 160 enfants entre 1855 et 1866. Jean-Baptiste Foucaud, 16 ans, est de ceux-ci. 160 ans plus tard, Abram est enfermé à l'hôpital psychiatrique de Casteluccio, bâti sur cette mémoire honteuse. Souffrant du syndrome de Cotard, il est convaincu de sa propre mort et n'a de cesse de le rappeler en se mutilant. Il est confié à Marie, assistante sociale dans un service à bout de souffle. Corse d'adoption au passé difficile, divorcée, mère de deux enfants, elle se raccroche aux gosses qu'elle tente de sauver, jusqu'à ce que trois d'entre eux, âgés de 16 ans, soient assassinés. L'enquête, qu'elle sera forcée de mener, l'ouvrira à une mémoire collective et familiale insoupçonnée jusqu'alors.

    Isabelle Chaumard est auteure de romans, d'articles et essais socio-politiques. Aux éditions Le mot et le reste, elle a publié son premier roman, Belles sanguinaires.

  • Paris 1910. Alors que la ville est envahie par les eaux de la grande crue de la Seine, un couple d'américains croulant sous les dettes et les menaces d'usuriers fomente un coup audacieux: profitant de la déroute générale piller la banque American Express ! Le casse du siècle ! Mais n'est pas braqueur de banques qui veut. Des « Apaches » (surnom des bandits parisiens au début du siècle avant les hauts faits des Brigades du Tigre) sont embauchés pour leur prêter main forte. L'engrenage fatal est en route. L'attaque tourne mal, un des gardiens est assassiné. Rapidement la police met la main sur un des exécutants qui balance à tout va. Alors que l'Américain est appréhendé, son épouse parvient à s'échapper avec une grosse partie du butin. Il est condamné au bagne, elle reste libre. Il fera tout pour la retrouver ainsi que les liasses, garantie d'une vie meilleure... mais l'attendra-t-elle ?

  • Il y a Arthur Bernard, l'auteur, le narrateur qui court toujours derrière les autres noms. Il y a Arthur Ferdinand Bernard ou AFB, apprenti relieur de dix-huit ans à Montparnasse en 1890, également apprenti assassin puisqu'il ratera son crime et même son châtiment. Condamné à mort, il sera gracié et transporté à la Nouvelle-Calédonie. Le dossier sur lui aux Archives s'arrête en 1895. Alors on va lui inventer une suite. C'est là-bas qu'il deviendra vraiment relieur et notamment de L'Odyssée. Il construira aussi des cerfs-volants dont un oiseau géant capable de l'élever dans les airs, au-dessus de l'océan. Il ne reviendra jamais. Tout appartient à la poussière, cette insatiable. Elle dissout les morts et protège les livres que liront les vivants.Arthur Bernard a publié, entre autres romans, La Chute des graves (Minuit), Les parapets de l'Europe (Cent pages) et Gaby et son maître (Champ Vallon).

  • « Les Australiens descendent de bagnards », « L'Australie est un pays neuf », « L'Australie est fidèle à Sa Majesté britannique », « L'Australie est le pays des Aborigènes », « C'est le pays des grands espaces », « Les Australiens sont des ploucs incultes », « L'Australie est un eldorado »...
    Xavier Pons nous invite dans cet ouvrage à découvrir ce « pays-continent » pour lequel l'intérêt n'a cessé de croître a cours de ces dernières années.

  • Roman historique qui se déroule en Nouvelle-Calédonie, entre la 2e moitié du XIX° et le début du XX° siècle. Dans ce récit, l'auteur a scrupulusement respecté le contexte historique et anthropologique du lieu où les personnages prennent vie. Les croyances mélanésiennes de la période précoloniale, l'enfer et les roublardises de l'univers carcéral, la rude adaptation des mises en concession sont peintes avec réalisme et justesse. Dans ce contexte, les personnages réels ou fictifs, prennent toute leur autonomie pour devenir des héros de roman. L'amour, la peine, l'ambition, la concupicence ou la couardise habitent tout autant les personnages falots que les héros célèbres de l'histoire. Tous luttent et butent contre un destin que le siècle, qui n'est plus celui des Lumières, impose. Le lecteur oublie alors l'histoire des historiens pour épouser les émotions de héros lointains car elles sont aussi les siennes.

  • Jacques Prévert s'était inspiré d'une triste réalité : le témoignage d'Henri Danjou sur les colonies pénitentiaires réservées aux enfants publié en 1932. La discipline y était draconienne. Le silence absolu obligatoire. Henri Danjon, écrivain reporter, retrace l'histoire de lieux maudits nommés colonies pénitentiaires, maisons de redressement, maisons de correction. A la colonie du Luc (Gard), à celles de la Loge (Cher), du Mont Saint-Michel (Manche), d'Aniane (Hérault), Belle Ile en Mer, Cadillac (Gironde), Doullens (Sommes), Chanteloup (Yvelines), Mettray (Indre), partout la même férocité, quel que soit l'époque ou le régime. Les premières maisons d'incarcération du XVIIIe siècle offraient un cadre qui dépasse l'imagination. Si l'amputation de la main pour les parricides fut abolie en 1832, la liste des supplices restait longue. Qui punit-on dans ces établissements ? Des mineurs coupables de vols, souvent des vols alimentaires ou se livrant à la prostitution. Ceux que les pouvoirs appellent les classes dangereuses . Les vagabonds et tous ceux qui échappent au contrôle des familles, des patrons et du clergé sont dans le collimateur. Ils ne sont pas les seuls. Orphelins, pauvres, chapardeurs : dans l'esprit du législateur, si ces gamins ne sont pas encore délinquants, ils le deviendront un jour ou l'autre. De la promiscuité enfants/adultes où prospèrent toutes sortes de crimes aux règlements monstrueux calqués sur la barbarie militaire, en passant par le sadisme des geôliers, le travail forcé, les oubliettes, les maladies et autres horreurs, les monstruosités sont toujours justifiées au nom de la morale républicaine ou de la religion : la rédemption par la punition. La logique de la répression et de l'enfermement a tellement été contreproductive. et dénoncée par quelques esprits éclairés, que l'évidence de la prévention et de l'éducatif s'est enfin, peu à peu, imposée à la République. Ce témoignage d'abord publié sous forme de feuilleton dans Délabre dans les années 30 est d'une écriture très actuelle. A l'heure où la question sécuritaire revient au galop dans les discours, il n'est pas inutile de se souvenir des heures sombres des dogmatismes moraux et religieux qui bâtirent les tragiques bagnes d'enfants.

  • En 1955, Jean Genet rencontre Abdallah Bentaga, un jeune acrobate, avec lequel il vit sa plus belle et dramatique histoire d'amour. Il lui dédie « Le Funambule », un long poème amoureux, mais aussi une réflexion sur les voies de la création : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse. Dans « L'Enfant criminel », dont l'édition originale de 1949 fut censurée, l'auteur raconte son passage après ses premiers larcins dans des maisons de correction de l'assistance publique et dévoile « le mystère de ces bagnes pour enfants ».

  • Armand Jusselain.
    "Ma foi, pensai-je, puisque le sort contraire me force de quitter la France en ce moment, colonie pour colonie, autant être déporté à Cayenne qu'ailleurs."
    Armand Jusselain ne raconte pas les souvenirs d'un transporté comme pourrait nous faire penser le titre. Ce sont les récits d'un officier sur la Guyane et les débuts chaotiques du bagne. Jusselain était lieutenant d'infanterie marine et séjourna de 1854 à 1857 en Guyane. Il fut chargé de la "colonisation" de la Comté, lieu malheureusement peu apte à la rédemption des transportés !

  • Emmanuel Istivie

    (1867- ?)




    "
    En face le bagne de Nou et fermant l'admirable baie de Nouméa, une langue de terre, aride et desséchée, - sur laquelle s'élèvent quelques hideuses constructions, à l'aspect vétuste et repoussant, - étend dans les eaux vertes du Pacifique ses grèves, sur le bord desquelles les déportés de la Commune venaient autrefois chercher un peu de fraîcheur, ou rêver à la patrie absente, l'esprit bercé par le murmure rythmé de l'océan, venant battre de son flot les roches madréporiques du rivage..."



    Emmanuel Istivie, hâvrais d'origine, fut comptable et agent d'affaires en Nouvelle Calédonie. A l'occasion, il écrivait des articles pour la presse locale.


    "Vers la liberté !" relate le périple romancé de trois évadés du bagne de Nouvelle Calédonie, Torrès, Coco et le Parigot, à travers l'Australie.
    Arriverons-ils à bon port, c'est-à-dire la Suisse, vus les dangers encourus : climat, désert, faune, police australienne, indigène, maladies ?


    A la suite de "Vers la liberté !", Emmanuel Istivie nous offre une nouvelle sur la rébellion canaque de 1878.

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