Littérature générale

  • Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
    Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
    Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
    Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • A notre époque où l'on accepte tout, de l'ignoble au révoltant, avec la même bovine passivité digne d'une émission de téléréalité, la lecture d'Albert Londres est plus que salutaire, elle devrait être obligatoire, car l'énumération des injustices, des scandales, des plaisanteries de mauvais goût ne devrait pas nous aseptiser, nous mithridatiser de l'indécence qui nous entoure. Albert Londres, c'est l'éternel indigné. Avec "Au Bagne", il atteint le pinacle de la conscience journalistique. Il va, il voit, il décrit, il allume les feux des projecteurs sur le scandale du bagne où l'on cache les rebuts de la République, ceux à qui on n'a pas osé couper la tête. Albert Londres dénonce, crie, se démène tant et si bien qu'il obtient la fermeture du Bagne. "Au Bagne", un ouvrage essentiel.

  • H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a connues à 18 ans.Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence et la résistance à l'oppression.

    Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962) reçut une éducation juive traditionnelle et s'engagea très jeune dans le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.Grande figure morale, il est connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.

  • Biribi

    Georges Darien

    Froissart, le double romanesque de George Darien, raconte ses 33 mois passés dans l'enfer du bagne militaire de Gafsa, dans le sud tunisien à la fin XIX° siècle...Terrifiant !
    Ils se sont précipités sur moi, trois ou quatre, m'ont ramené les bras en avant et m'ont serré les poignets dans la chaîne infâme.
    - Encore un cran ! N'ayez pas peur de tirer dessus. Ça lui apprendra à rouspéter.
    Ça ne m'apprendra rien du tout. Ce que ça pourrait m'apprendre, je le sais depuis longtemps : c'est que le jour où j'ai jeté bas mes effets de civil pour endosser l'habit militaire, j'ai dépouillé en même temps ma qualité de citoyen et que, étant soldat, je suis un peu plus qu'une chose, puisque j'ai des devoirs, mais beaucoup moins qu'un homme, puisque je n'ai plus de droits.
    Le gendarme qui doit m'escorter m'a conduit à l'entrée de la cour, devant la route qui traverse la Kasbah et m'a fait asseoir sur une grosse pierre.
    - Attendez-moi là.
    J'attends. On doit me prendre pour une bête fauve exhibée à la porte d'une ménagerie pour attirer les curieux.
    « Je ne sais si c'est un livre, je voudrais que ce fut un cri. » Biribi est certes un roman, mais un roman vrai, un reportage romancé, décrivant l'horreur de ces établissements tortionnaires. L'oeuvre de George Darien, « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté » selon André Breton. Conclusion de la préface de Max Obione.

  • Il y a Arthur Bernard, l'auteur, le narrateur qui court toujours derrière les autres noms. Il y a Arthur Ferdinand Bernard ou AFB, apprenti relieur de dix-huit ans à Montparnasse en 1890, également apprenti assassin puisqu'il ratera son crime et même son châtiment. Condamné à mort, il sera gracié et transporté à la Nouvelle-Calédonie. Le dossier sur lui aux Archives s'arrête en 1895. Alors on va lui inventer une suite. C'est là-bas qu'il deviendra vraiment relieur et notamment de L'Odyssée. Il construira aussi des cerfs-volants dont un oiseau géant capable de l'élever dans les airs, au-dessus de l'océan. Il ne reviendra jamais. Tout appartient à la poussière, cette insatiable. Elle dissout les morts et protège les livres que liront les vivants.Arthur Bernard a publié, entre autres romans, La Chute des graves (Minuit), Les parapets de l'Europe (Cent pages) et Gaby et son maître (Champ Vallon).

  • En 1955, Jean Genet rencontre Abdallah Bentaga, un jeune acrobate, avec lequel il vit sa plus belle et dramatique histoire d'amour. Il lui dédie « Le Funambule », un long poème amoureux, mais aussi une réflexion sur les voies de la création : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse. Dans « L'Enfant criminel », dont l'édition originale de 1949 fut censurée, l'auteur raconte son passage après ses premiers larcins dans des maisons de correction de l'assistance publique et dévoile « le mystère de ces bagnes pour enfants ».

  • Roman historique qui se déroule en Nouvelle-Calédonie, entre la 2e moitié du XIX° et le début du XX° siècle. Dans ce récit, l'auteur a scrupulusement respecté le contexte historique et anthropologique du lieu où les personnages prennent vie. Les croyances mélanésiennes de la période précoloniale, l'enfer et les roublardises de l'univers carcéral, la rude adaptation des mises en concession sont peintes avec réalisme et justesse. Dans ce contexte, les personnages réels ou fictifs, prennent toute leur autonomie pour devenir des héros de roman. L'amour, la peine, l'ambition, la concupicence ou la couardise habitent tout autant les personnages falots que les héros célèbres de l'histoire. Tous luttent et butent contre un destin que le siècle, qui n'est plus celui des Lumières, impose. Le lecteur oublie alors l'histoire des historiens pour épouser les émotions de héros lointains car elles sont aussi les siennes.

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