• La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle. C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'Université de Paris, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie nationale de médecine. Il a publié plusieurs ouvrages couronnés par de nombreux prix. Son dernier ouvrage paru est Cabinet de curiosités sociales (collection « Quadrige », Puf, 2020).

  • En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • Le prince

    Machiavel

    Ecrit il y a plus de vingt-cinq siècles, l'Arthashâstra propose une véritable doctrine de l'État, moderne, bienveillant et efficace. Kautilya, surnommé le Machiavel indien, porteur d'un conservatisme éclairé y défend autant le bien-être du peuple que l'autorité de son Roi.
    De cet immense traité, Jean-Joseph Boillot a extrait, traduit et adapté les grands principes de la bonne gouvernance. Parfaitement intemporelles, les questions qu'il aborde sont parfois même d'une étonnante actualité. Comment choisir ses ministres et mettre à l'épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes ? Quel soin porter aux finances publiques et en prévenir les détournements ? Quelle place accorder à la justice ? Qu'est-ce que la souveraineté de l'État ?
    Alors que les grandes démocraties occidentales souffrent d'une profonde crise de gouvernance, que leurs dirigeants et leurs programmes ne sont plus capables d'enrayer la montée des populismes, le citoyen trouvera peut-être un peu de réconfort et le politique un peu d'inspiration à la lecture de l'un des plus grands traités de l'Inde ancienne.

  • Don, échange, partage : voici le grand livre de l'altruisme et de la coopération. Que se passe-t-il quand vous recevez un cadeau ou que vous donnez quelque chose ? Pourquoi certains objets reçus (lettres, cadeaux, etc.) nous paraissent-ils sacrés ? D'où vient la gêne que nous éprouvons parfois quand on nous offre quelque chose ? L'essai le plus connu du père de l'anthropologie sociale - un essai que Claude Lévi-Strauss jugea "révolutionnaire".
    Préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste.

  • « Traiter les faits sociaux comme des choses » et poser les fondements d'une nouvelle science de la société qui, sur le modèle des sciences expérimentales, permette de mieux la décrire et l'expliquer : tel est le projet d'Émile Durkheim lorsqu'il publie Les Règles de la méthode sociologique, en 1895. Refusant l'explication du fait social par le biologique, la confusion de la sociologie avec la psychologie, théorisant l'influence du milieu social sur les individus, posant une série de règles méthodologiques, ce texte est un véritable défi lancé par Durkheim à ses contemporains.
    Pourquoi et comment lire encore ce grand classique aujourd'hui ? C'est la question à laquelle répond Laurent Mucchielli dans cette édition. Articulant de façon inédite les approches historique et sociologique, celle-ci s'adresse aussi bien aux historiens des sciences et des idées qu'aux enseignants et aux étudiants en sociologie.
    Cet ouvrage s'accompagne également d'un article de Durkheim contemporain des Règles (« L'état actuel des études sociologiques en France »), qui éclaire le contexte polémique dans lequel l'ouvrage fut écrit.

  • "Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage."Le propre de l'ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l'essai, d'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

  • Le feu

    Henri Barbusse

    Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : "I' faut t'nir".
    Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le Feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui d'en sortir vivant...
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    Dossier :
    1. Propagandistes et bourreurs de crâne
    2. Dire la "vérité" de la guerre
    3. La réception du Feu (1916-1919)
    4. Oublier, condamner, commémorer.

  • En 1848, Karl Marx et Friedrich Engels veulent rendre publics les principes du communisme, dans un manifeste qui exprimerait clairement ceux-ci : c'est le Manifeste du Parti communiste. A cette époque en effet le communisme en Europe est craint par tous mais est aussi très vivement critiqué. C'est pour ces raisons majeures, pour éviter les erreurs ou les a priori sur le communisme, que Marx et Engels et bon nombre de communistes de nationalités diverses se réunissent en 1848 à Londres et rédigent ce manifeste, qui fixe à la fois les grands principes du communisme mais aussi ses projets. Ce texte n'est pas l'oeuvre d'un homme isolé mais une commande de la Ligue des communistes. Karl Marx a rédigé le texte final sur la base de textes et discussions préparatoires au sein de la Ligue des communistes, et notamment sur la base d'une contribution de son ami Friedrich Engels. Le slogan final - « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » - avait été adopté par la Ligue des communistes plusieurs mois auparavant. Il est d'abord paru anonymement, puis a été réédité plus tard avec mention de Karl Marx et Friedrich Engels comme auteurs, sous le titre Manifeste communiste.

  • Juste en passant Nouv.

    « J'ai vécu longtemps avec tous ceux à qui on met les bonnets d'âne et j'ai assisté à leur massacre. Quelles qualités avais-je qu'ils n'avaient pas? J'étais douée, me direz-vous? Je n'en crois pas un mot, mais peu importe au fond, car si c'était un don, il n'y aurait là aucun mérite.» Au fil des mots et des souvenirs, la philosophe Chantal Jaquet nous livre le lien entre tous ses travaux : la question du passage, au coeur de son parcours de transclasse, concept qu'elle a elle-même forgé. Dans un exercice de retour sur soi, elle met au clair ce qui dans la philosophie l'a sauvée d'une enfance douloureuse, marquée par une grande pauvreté, et qui l'anime encore aujourd'hui: une disruption dans la pensée ordinaire, qui invite à élargir le présent pour mieux lui résister. Soucieuse de communiquer son amour du juste - de la justice et de la justesse, elle livre ici une réflexion magistrale, à la croisée de l'intime et du social, sur l'art de penser et l'art de se révolter.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Par « théories du complot », on désigne des explications douteuses ou fausses qui s'opposent aux thèses « officielles » et mettent en scène un ou plusieurs groupes agissant en secret pour réaliser un projet de domination ou d'exploitation. Les conspirateurs fantasmés sont supposés être à l'origine de tous nos maux. Le moteur de ces raisonnements ? L'insatisfaction cognitive face à des événements traumatisants. C'est de cette frustration porteuse de suspicion que dérive le discours complotiste contemporain, qui met l'accent sur le doute. Mais les réponses données, factuellement fausses, constituent de nouveaux dogmes véhiculés par les réseaux sociaux. Pierre-André Taguieff fait l'hypothèse que le complotisme répond à une demande de sens et de cohérence : l'ennemi invisible et diabolique explique tous les malheurs des hommes. En cela, les récits complotistes réenchantent le monde, fût-ce pour le peupler de démons. Mais ils alimentent en même temps des accusations mensongères. Comment dissiper de telles illusions ?

  • L'argent

    Emile Zola

    Edition enrichie (Préface, notes, repères chronologiques, dossier, lexique des termes boursiers, bibliographie)
    Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, L'Argent est le premier grand western financier des temps modernes : bilans falsifiés, connivences politiques, fièvre spéculative, manipulations médiatiques, rumeurs, scandales, coups de Bourse et coups de Jarnac, lutte à mort entre les loups-cerviers de la finance qui déjà rôdaient chez Balzac.
    S'inspirant de quelques faits divers retentissants, Zola décrit le culte nouveau du Veau d'or, la vie secrète de son temple, l'activité fiévreuse de ses desservants ; il dénombre ses élus et ses victimes.
    A l'heure des conflits économiques planétaires, il faut revivre cette croisade et cette épopée du Capital.
    A l'heure où les audaces de la technologie bancaire nous font frémir, il faut relire cet hymne à la vie.

  • Ce livre dresse un état des lieux de la société française en 2020, sur le plan à la fois empirique et théorique. Les différents marchés (éducation, emploi, logement, marché conjugal et matrimonial) qui conditionnent l'accès aux statuts sociaux et déterminent les identités et styles de vie en France sont devenus de plus en plus concurrentiels mais aussi de plus en plus cloisonnés. Leurs effets cumulatifs et croisés aboutissent à l'émergence d'une société en silos, dans laquelle les mondes sociaux qui composent l'archipel français se croisent et se côtoient de moins en moins. Partant de grandes enquêtes menées par l'INED et de vingt portraits de Français, l'ouvrage montre les tendances ségrégationnistes à l'oeuvre depuis le tournant des années 2000, renforcées par la crise sanitaire.

    Cet ouvrage est dirigé par Anne Lambert et Joanie Cayouette-Remblière, sociologues à l'Ined et co-directrices de l'unité de recherche LIST (Logement, inégalités spatiales et trajectoires).

  • « Marcher de nos jours, et surtout de nos jours, ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète », écrivait Jacques Lacarrière.
    Revisitant une réflexion menée il y a une dizaine d'années, David Le Breton constate que le statut de marcheur a beaucoup changé. Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité de loisir.
    L'imaginaire contemporain se réfère plutôt à l'idée de disponibilité et à la nécessité pratique d'entretenir son corps.
    L'auteur refonde ici son récit dans les témoignages et les philosophies de la marche, il redit avec bonheur que marcher est avant tout un long voyage à ciel ouvert dans le plein vent du monde et dans la disponibilité à ce qui advient, que tout chemin est enfoui en soi avant de se décliner sous nos pas et que la marche ouvre à chaque fois à une expérience et à une transformation heureuse de soi.

  • La fabrique des émotions Nouv.

    Nos émotions gouvernent au côté de la raison notre manière de percevoir le monde qui nous entoure, de nous y situer et d'agir. Si la modernité les localise dans l'intériorité psychologique du sujet, les recherches récentes, participant aussi bien des neurosciences que des sciences humaines et sociales, tendent à voir dans les émotions le moteur de nos actions, les orientant vers l'environnement qui les conditionne comme elles le modifient. Cet ouvrage se propose d'explorer les avancées de la science des émotions, faisant la part belle au pragmatisme, sans négliger les approches phénoménologiques. À rebours des thèses de la neurobiologie risquant de les réduire à leur substrat biologique, l'auteur s'intéresse aux dimensions socioculturelle et expressive des émotions défendues par Dewey et Wittgenstein. Le phénomène des émotions collectives est également abordé sous un angle sociologique et anthropologique à partir des travaux de Durkheim et Mauss, pour faire valoir le rôle du groupe dans la genèse d'émotions parfois destructrices, mais aussi créatrices. L'analyse de ce phénomène est cruciale pour comprendre les événements politiques et les passions sociales qu'ils soulèvent, de même que les pratiques rituelles et artistiques.

  • Troubles dans le travail Nouv.

    Mot ubiquitaire, institution et valeur, le travail est au coeur des enjeux écologiques, sociaux et existentiels. Mais qu'est-ce donc que le travail ? Peut-on dire qu'un gamer, un stagiaire, un robot, un bureaucrate, un aidant familial, un consommateur ou un chien d'aveugle... travaillent ? Ce livre montre que la catégorie de pensée a pris trois significations sociales : l'activité, la production utile et l'emploi. Or elles sont aujourd'hui fréquemment disjointes dans notre société, caractérisée par de nombreux emplois inutiles et destructeurs, des emplois dont on ne peut pas vivre, des activités vitales non rémunérées, d'autres qui sont profitables mais qui ne sont pas vécues comme du travail, et même des productions utiles sans activité. La polysémie du mot et sa moralisation restent cependant forts utiles pour maintenir et justifier des rapports de force. Cet ouvrage propose de déplier le mot travail afin de penser ce que nous voulons faire au monde, avec des outils intellectuels affinés et scientifiquement fondés.

  • Aurora

    Kim Stanley Robinson

    Notre voyage depuis la Terre a commencé il y a des générations.
    À présent, nous nous approchons de notre destination.
    Aurora.
    Brillamment conçu et merveilleusement écrit, un roman majeur d'une des voix les plus puissantes de la science-fiction moderne. Aurora raconte l'histoire incroyable de notre premier voyage au-delà du système solaire, pour trouver un nouveau foyer.
    « Quelle saga ! De la science-fiction mêlant physique, biologie, sociologie, ainsi qu'un portrait réaliste et complexe de l'humanité. » Tom Hanks
    « L'un de nos romanciers les plus courageux, les plus droits et les plus optimistes. » The New Yorker
    « Si l'on devait choisir un seul auteur dont l'oeuvre établira la barre à atteindre pour la science-fiction à venir, ce serait Kim Stanley Robinson. » The New York Times
    « Certainement le meilleur roman de Robinson depuis sa monumentale Trilogie martienne, voire son meilleur tout court. » The Guardian
    « L'invention exaltante d'une technologie futuriste plausible et une imagination grandiose... Magnifique. » The Sunday Times

  • LE RIRE

    Henri Bergson

    Pourquoi rions-nous de voir quelqu'un trébucher ? Pour quelles raisons Molière continue-t-il de nous amuser ? Comment expliquer qu'un jeu de mots ou un trait d'esprit prêtent à sourire ? Dans Le Rire, qu'il publie en 1900, Bergson apporte à ces questions des réponses décisives. S'appuyant sur des exemples quotidiens et de nombreuses références littéraires, il décrypte les formes du comique pour y déceler un ressort commun : l'« interférence de deux séries », c'est-à-dire la présence simultanée de deux éléments distincts ou incompatibles. Au passage, il ne manque pas d'analyser le rôle social ambivalent d'un réflexe qui tout à la fois manifeste l'élan vital et brime les comportements hors normes. Si cette oeuvre, qui doit beaucoup à une tradition classique, méconnaît les manifestations transgressives, sombres, ludiques ou absurdes, du rire, elle n'en demeure pas moins capitale pour qui veut comprendre le « propre de l'homme ».

  • La sylvothérapie

    Alix Cosquer

    Des arbres qui guérissent ? À première vue, la sylvothérapie semble une énième manifestation de notre recherche désespérée du bonheur, une vogue de développement personnel, voire carrément un charlatanisme. Et pourtant... Le lien qui unit les hommes à la forêt est ancestral, et le rapport entre santé et environnement n'est plus contestable. Récemment, c'est donc à travers la diffusion de pratiques venues du Japon (Shinrin-yoku) que le concept de « sylvothérapie » a fait son apparition dans l'espace médiatique et social. Alix Cosquer revient sur cette « thérapie forestière » qui recouvre une diversité de recherches et de pratiques promouvant l'immersion des personnes dans un espace forestier, et plus largement dans l'espace naturel. De la simple promenade au « bain de forêt », elle fait le point sur ce qui est prouvé et sur ce qui ne l'est pas encore, et propose de voir dans cet engouement une piste possible pour repenser notre relation au vivant.

  • Psychothérapie développée par Steven C. Hayes dans les années 1980 et fondée sur la méthode scientifique, la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT pour acceptance and commitment therapy) puise ses sources dans le comportementalisme et les pratiques méditatives d'origine bouddhiste. Elle appartient en effet à la troisième vague des thérapies comportementales et cognitives (TCC) et recourt à de nombreux exercices, dont la méditation de pleine conscience (mindfulness). Son principe ? Embrasser l'inconfort d'exister au lieu de s'épuiser à échapper à sa propre expérience, et donc dégager l'énergie qui permettra de révéler ce qui compte réellement pour soi. Changement total de paradigme : la disparition de la souffrance n'est plus l'enjeu immédiat de la psychothérapie. Une fois admise la douleur psychologique comme inhérente à la condition humaine, il devient possible de s'affranchir de la lutte contre-productive pour le confort à tout prix, et ainsi de s'engager dans des actions plus enrichissantes pour l'existence. Des centaines d'études ont montré que l'ACT est efficace sur toutes les catégories de troubles psychologiques.



  • « Nous, classes moyennes, petits-bourgeois de toutes catégories, anesthésiés par notre confort, chloroformés par nos habitudes, obnubilés par nos médiocres intérêts, devrions nous aviser que le modèle d'organisation sociale qui est révolu, c'est celui qui se présente comme le seul concevable et le seul souhaitable, le modèle que le capitalisme libéral a étendu à toute la planète, celui d'une société à deux vitesses et d'un monde à deux humanités. L'évolution plus qu'alarmante des rapports sociaux, le fossé infranchissable qui se creuse toujours plus entre nantis et démunis, entre possédants et dépossédés, engendrant exclusion, haine et violence, rendent inéluctable le choix décisif entre un monde où la défense des privilèges ne pourra plus être assurée que par la guerre déclarée contre les pauvres et un monde où la suppression des inégalités économiques constitue le préalable de la construction d'une démocratie mondiale. »
    Le capitalisme ne fonctionne pas seulement par oppression mais aussi par l'adhésion des individus au système qui les exploite, entretenue par de vaines espérances de succès individuel. Nos luttes doivent s'accompagner d'un autre combat, dont l'enjeu est l'appropriation par chacun de sa subjectivité : ce travail de « socioanalyse » a pour objet la maîtrise de ce qui conditionne notre participation spontanée à l'ordre établi.


  • La publication de Outsiders en 1963 a marqué une étape fondamentale dans le développement de la sociologie, en particulier la sociologie de la déviance.

    Howard Becker y étudie des comportements non conventionnels comme ceux des fumeurs de marijuana et des musiciens de jazz. De façon originale, cette approche consiste aussi à prendre en compte à la fois le point de vue des déviants et celui des entrepreneurs de morale et des agents de la répression. À ce double titre, le livre de Becker est, comme Asiles de Goffman, représentatif d'un des courants les plus féconds de la sociologie américaine, connu sous le nom « d'école de Chicago » puis « d'interactionnisme symbolique ».
    Remarquable par la clarté de son style et constamment réédité aux États-Unis et dans le monde, Outsiders est devenu un ouvrage de référence de la sociologie.
    Pour cette nouvelle édition, 50 ans après, Howard Becker ajoute 2 chapitres à son texte, dans lesquels il reprend et développe l'analyse des conditions de ce succès au long cours et de l'influence qu'il a eue non seulement dans la sociologie mais dans la société, puisqu'on le juge responsable de la légalisation de la marijuana.
    Ces nouveaux chapitres remettent donc dans l'actualité ce livre fondateur en analysant, d'une part, la complexité d'un succès éditorial et, de l'autre, l'évolution de l'opinion publique et des institutions sur un sujet aussi ambivalent que la légalisation de la marijuana tout en questionnant le rôle que la sociologie a pu y jouer.
    Howard S. Becker, né en 1928, a publié plusieurs études de sociologie de l'éducation et du travail, ainsi que des essais influents sur l'usage de la méthode ethnographique. Pianiste de jazz et photographe, il renouvelle la sociologie de l'art dans son livre Les Mondes de l'art.

  • Cet ouvrage est consacré à la figure moderne de « l'épuisé », du « sujet fatigué », « du malheureux », c'est-à-dire de ces hommes et de ces femmes qui éprouvent une difficulté à affronter le quotidien. À partir d'une ethnographie réalisée au sein d'une association de prévention contre le suicide, il s'agit de se plonger à l'intérieur de ces vies défaites pour percevoir comment des milliers de personnages ordinaires expriment leur désaveu pour la vie et énoncent les causes de leur souffrance. Ce travail descriptif débouche ensuite sur une seconde perspective, plus ambitieuse et plus spéculative : quel est le devenir politique de la souffrance ? Puisque les malheureux n'adhèrent pas à leur actualité, comprendre leurs attentes, leurs colères, leurs indignations, leur épuisement moral et parfois leurs idées suicidaires, sont autant de ressources pour aider la société à se réfléchir tant sur sa potentielle brutalité que sur les ravages qu'elle suscite.

  • REVUE DES DEUX MONDES ; Dante Nouv.

    DOSSIER 1 : FRENCH THEORY. QUAND LES IDÉOLOGUES FRANÇAIS FASCINENT L'AMÉRIQUE
    -> Entretien avec Michel Onfray. Résister au délire du politiquement correct.
    Michel Onfray reproche au structuralisme son langage alambiqué et ses idées fumeuses, à l'origine de nombreux néologismes. Il explique les fondements philosophiques et politiques du mouvement qui base sa méthode d'analyse sur la déconstruction.
    -> Aux sources de la French theory par François Dosse
    François Dosse revient sur le fameux colloque de Baltimore qui, en 1966, accueillit beaucoup d'intellectuels français. Certains thèmes de leur communication vont irradier l'horizon des recherches et des publications en sciences humaines.
    -> Jacques Derrida, passeur de l'impossible par Paul-François Paoli
    Paul-François Paoli dresse le portrait de Jacques Derrida, une figure controversée de la déconstruction dont se revendiquent aujourd'hui les théoriciens du genre.
    -> Et aussi Hubert Heckmann, Xavier-Laurent Salvador et François Cusset
    GRAND ENTRETIEN
    Carlo Ossola : « Il est moins important de fabriquer du nouveau que de sauvegarder l'essentiel. »
    Carlo Ossola incarne le grand idéal humaniste de la Renaissance. Curieux de tout, ce professeur au Collège de France dialogue aussi bien avec les auteurs du passé que les esprits modernes sur des questions poétiques, métaphysiques, littéraires... Il préconise de revenir à l'universel et à l'essentiel.
    DOSSIER 2 : AVEC DANTE, DANS L'ENFER CONTEMPORAIN
    -> Dante : un mythe romantique ? par Robert Kopp
    Relégué au rang d'obscur auteur du Moyen Âge par le classicisme et les Lumières, Dante doit sa redécouverte aux romantiques. Robert Kopp évoque leur enthousiasme.
    -> L'enfer contemporain ou le mal radical d'un monde glacé par Jacques de Saint Victor
    Jacques de Saint Victor compare notre monde actuel au neuvième cercle de La Divine Comédie. Pour lui, l'enfer contemporain repose sur la finance dévoyée et la société des loisirs qui valorise des instincts prédateurs.
    -> La Divine Comédie dans le prisme anglais par Lucien d'Azay
    Depuis le XVIIe siècle, les visions dantesques sont une source d'inspiration majeure pour les peintres, poètes et romanciers anglais. Même Le Seigneur des anneaux puise certaines références chez Dante, démontre Lucien d'Azay.
    -> Et aussi Sébastien Lapaque et Stéphane Guégan
    LITTÉRATURE
    -> La grande illusion de la rentrée littéraire par Manuel Carcassonne
    Dans un texte pétillant, Manuel Carcassonne raconte la rentrée littéraire, grand-messe annuelle de l'édition française.

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