Le Cherche-Midi

  • L´Espoir en contrebande ou comment faire le tour du monde en vingt-six nouvelles, du canal de l´Ourcq à Ostende, d´Aubervilliers à Nouméa, de La Rochelle au Québec, de Bordeaux aux Antilles, de Granville au Mexique, de Nantes au Gabon, du Périgord au Danemark, de Saint-Benoît-du-Sault à Stettin...

    Histoires vraies ou histoires inventées ?

    En fait, Didier Daeninckx se plaît à jeter « des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité». Pour lui, vie et littérature ne font qu´un.

    Dans ses « nouvelles noires », comme dans la vie, chacun est confrontéà toutes sortes de situations : des moments d´émotion, des scènes violentes, des instants désopilants, des événements historiques. Et tout le monde croise ou rencontre des individus de tous genres : des flics, des voyous, des salauds, des paumés, des chômeurs, des couples d´amoureux, des rebelles...

    Mais que viennent faire là-dedans Mussolini et Richard Durn, Thierry la Fronde et saint Denis, Paco Ibáñez et Charles de Gaulle, Paul Bocuse et Silvio Berlusconi, John Lennon et Éloi Machoro, Louise Michel et Rino Della Negra, Gandhi et Arlette Laguiller, Marat Safin et Coluche, Steve McQueen et Mehdi Ben Barka, Ousmane Sow et Michel Simon, Missak Manouchian et Jean Moulin ?

    Ils ne sont peut-être pas là par hasard...

  • Quelle haine ou quels remords hantent Nividic Vern ? Fraîchement quadra, cet ancien playboy aux cheveux longs obsédé par le corps féminin, dessinateur de BD raté - père artistique de Chob's, le poisson à pieds humains - dresse un bilan bien noir de son parcours. Pas d'enfant, pas d'argent, une existence minable au fond d'un village désertifié d'Ille-et-Vilaine, une épouse caractérielle, une jeune maîtresse qui se prend déjà pour Madame Vern, un ami qui court après sa femme, rien ne va plus, non, plus du tout...
    Pas d'enfant ?... C'est vite dit.
    Un après-midi qu'il traverse en voiture le bois d'Ar Fol, absorbé dans ses pensées douloureuses, une jeune fille en chemise de nuit se jette sous ses roues. Il ralentit, prend la fuite, revient. Personne. Il sort de son véhicule et s'enfonce dans les bois à la recherche de la fille...

  • Nicole Rivadavia est une psychanalyste parisienne de 57 ans au bout du rouleau.

    Foufou est un porcelet de six semaines enfermé dans une cabane au fin fond de la Bourgogne.

    Ce livre raconte leur improbable rencontre, et comment ils vont se sauver l´un l´autre.




    Les gens sont les gens est une comédie trépidante se jouant des codes établis : héroïne intellectuelle plongée dans des situations très physiques, cochon débarquant dans un appartement du VIe arrondissement... L´humour imparable de Stéphane Carlier rappelle celui d´Alan Bennett ou de Woody Allen. La langue fluide, les dialogues particulièrement réussis et les personnages secondaires très attachants contribuent au charme de ce roman qui, comme toute bonne comédie, dit un peu plus que ce qu´il raconte : au-delà du divertissement, il offre une réflexion rafraîchissante sur la psychanalyse, et raconte surtout la belle histoire d´une femme qui se réinvente...Une comédie au charme fou.

  • « Qu´est-ce qui vous empêche d´être dans ses bras ?- Les bras de qui ?- Ce garçon, ce sportif.- Je ne le connais pas. Enfin, pas personnellement. Il a posé pour un calendrier, un de ces calendriers de rugbymen.- Mais il vous touche, n´est-ce pas ? Il vous plaît ?- Oui, il me... Oui.- Il habite où ?- Il joue pour l´équipe d´Aurillac.- Alors, qu´est-ce qui vous empêche d´aller le retrouver à Aurillac ? »À la suite d´une déception amoureuse, Agnès, traductrice de romans sentimentaux, quitte Paris sur un coup de tête. Direction le Cantal où se trouve l´homme de ses rêves, le demi de mêlée de l´équipe d´Aurillac qu´elle a vu nu dans un calendrier...Après le très remarquéActriceen 2005, Stéphane Carlier signe une comédie remuante, élégante et sexy. Hommage décomplexé à la littérature sentimentale façon Barbara Cartland, Grand Amour est à la fois d'un romantisme éperdu et d'une irrésistible drôlerie.Plus d'infos surwww.stephanecarlier.com

  • "La paralysie faciale a déformé ses traits. Pour parler de lui, il convient de trouver un ton objectif, ce qui n'est pas si facile. Il est sourd de l'oreille gauche, le préciser est déjà entrer en lui comme par effraction. Il n'est plus jeune, loin s'en faut, et son esprit commence à vagabonder." Ni plainte ni complainte dans ce roman cru et nu où l'auteur fait corps avec son personnage pour tenir une chronique où le scalpel de l'humour noir découpe à vif humeurs et tumeurs.
    Les mots contre les maux. "Les Livres sont des analgésiques", écrit Jean-Claude Pirotte. Ils survivront à cette humanité moribonde où le silence et la mort sont siamois.
    La littérature comme remède. Les ouvrages des écrivains qu'il aime - sa famille élective - font rempart autour de lui. L'écrivain plonge en eux pour revenir à la source, à l'orgueil de finir debout.
    Un chef d'oeuvre de la littérature clandestine, celle qui a pris le maquis et est entrée en résistance.

  • « La rivière est calme qui sommeille plus longtemps que les hommes. » Les pieds dans l´eau est un des plus beaux textes de René Fallet. Son éloge de la pêche, alerte et rabelaisien, égalitaire et subversif, n´est qu´un prétexte pour chanter et enchanter la vie.
    Cette « autobiographie halieutique », mêlant sans vergogne réel et imaginaire, taquine la philosophie, chahute la littérature et lutine la poésie pour mieux proclamer le droit aux plaisirs les plus simples : « Vous n´avez jamais vu l´aube. La vraie. Pas celle du premier train de banlieue. Seul le pêcheur sait le goût exact du matin, le goût du pain et celui du café de l´aurore. Il a, seul, ces privilèges exorbitants. Né subtil, il n´en parle pas. Il garde tout cela pour lui. C´est un secret entre le poisson et lui, l´herbe et lui, l´eau et lui. » « René Fallet, a noté un jour Antoine Blondin, a le goût et le sens des mots, ce besoin de formuler les sensations, les réflexions qui convertit le bonheur d´écrire en bonheurs d´écriture. » Il ne serait pas étonnant que Fallet ait écrit Les pieds dans l´eau pour donner raison à Blondin !

  • Entouré de jeunes et jolies infirmières, Van Dongen vit ses derniers jours à Monaco en mai 1968. Atteint, entre autres, de la maladie de Parkinson, il n'aura pas le loisir de les déshabiller, de les peindre et de les aimer. Alors il se souvient et reviennent sur ses lèvres ses conquêtes féminines, ses amis Picasso, Max Jacob, Arthur Cravan.
    Cette confession imaginaire est un enchantement perpétuel. Une valse folle dont on voudrait ralentir le rythme pour ne pas arriver à la dernière page.
    C'est aussi un hymne à la vie, à l'amour, aux femmes et à leur corps.

  • Brillant étudiant issu de la bourgeoisie noire d´Atlanta, Douglas Bradley a posé sa candidature à la prestigieuse académie militaire de Colorado Springs. Lorsqu´elle est rejetée par les autorités militaires, c´est la consternation. Grâce à un de ses anciens professeurs, le jeune homme parvient à apprendre les raisons de l´armée : en août 1944, accusé de viol et d´agression, son grand-père, Robert Bradley, a été pendu en France dans un petit village de Normandie. Indigné par l´attitude de son père, qui lui a caché la vérité, Douglas découvre l´existence d´une grand-mère, d´une tante et d´une cousine. Il se lance dans une recherche difficile, retrouve cette famille dont il ignore tout. Sa tante lui fait part de sa conviction profonde de l´innocence de Robert Bradley et lui confie des documents le concernant. Bouleversé, le jeune homme décide de partir pour la France. Auparavant, il a rencontré l´aumônier qui a assisté son grand-père dans ses derniers moments et un ancien du Pittsburgh Courrier, le fleuron de la presse noire des années 1940. Leurs confidences renforcent sa propre croyance en l´innocence de son grand-père.
    En Normandie, il ira de rencontre en rencontre, de découverte en découverte. Des compagnons de son grand-père abattus dans d´étranges circonstances, des soldats de son unité qui ont déserté et dont toute trace a été perdue, un cimetière clandestin où reposent 96 soldats américains condamnés à la peine capitale, tout semble indiquer que Douglas Bradley a involontairement exhumé un squelette bien caché au fond d´un placard. Surveillé puis traqué par des agents de la Defense Intelligence Agency, les services secrets de l´armée, son enquête le conduira au coeur des Ardennes belges où se trouve, peut-être, la clef de l´énigme en la personne du mystérieux survivant du petit noyau des amis de son grand-père. C´est là, entre traques, poursuites et filatures, que Douglas Bradley apprendra l´incroyable vérité.

  • Les vieux m'emmerdent.Ainsi commenceSérie grise. Le ton est donné. Chronique cynique et acerbe, ce roman décrit, sous le regard d´un vieux, le quotidien d´une maison de retraite.

    Le narrateur, un vieux cynique, s´exerce à l´observation cruelle de ses contemporains, réunis en un monde uniformément clos, une « maison de repos pour adultes valides ».

    Petites maniaqueries et décrépitude aigrie ou consentie, il s´offrira les champs d´un univers qui finit.

    Lucide, son regard sans complaisance sera aussi celui de sa propre dégénérescence, d´une fatale et ultime décroissance.

    Roman de la vieillesse, abordé sur le ton d´un humour forcément caustique puisqu´il est celui d´un regard aigu sur la sénescence qui nous attend chacun.

  • Jean Malaquais (1908-1998) est un écrivain de langue française de très grande qualité, trop souvent ignoré, et dont l´oeuvre est à redécouvrir.

    Coups de barreest un recueil de sept nouvelles publié à New York, en 1944, aux Éditions de la Maison Française. Il se situe donc à mi-chemin entreLes Javanais(Prix Renaudot 1939, réédité par Phébus en 1995), le roman du métèque « à la grandeur épique, à la fois bouffonne et tragique », pour reprendre le salut de Gide, etPlanète sans visa, la fresque de Marseille-sous-Vichy (1947, réédité par Phébus en 1999), dont l´écrivain américain Norman Mailer a salué la puissance, l´ambition, l´ironie et l´indignation sourde à l´endroit d´une société comme la nôtre.


    Du récit à la tonalité joyeuse qu´est « La Montre » - dont le personnage central est un adolescent ouvert à toutes les aventures - à « Marianka » - dont la sobriété tragique est pétrie dans la violence collective de l´Histoire - en passant par l´humour à la fois tendre et grinçant du « Marchand de balais », ou la folie meurtière des nouvelles maritimes « Il Piemonte » et « El Valiente », Malaquais trempe sa plume dans la mouvance du réel. Il s´entend à faire voyager son lecteur. Ses personnages sont des nomades par essence, qui ne parlent que de partir, et le dynamisme de son écriture ouvre l´antre des mille langues qui se croisent sur la terre et parviennent, envers et contre tout, à communiquer.

  • Que sont mes amis devenus... Dans le poème de Rutebeuf, le vent emporte le souvenir des amis. Ici, c'est l'inverse. Les amis occupent, bien après leur disparition, l'esprit de l'auteur.



    Ainsi, il revoie Romain Gary, Joseph Kessel, Georges Brassens, Raymond Devos, Louis Nucéra, Raymond Moretti, Huguette Debaisieux, installés dans le compartiment d'un train imaginaire où les conversations, quelquefois indiscrètes, apportent un regard nouveau sur leurs vies parmi nous.



    Roman de l'amitié, où ces huit amis vont livrer quelques-uns des secrets - n'est-ce-pas Romain Gary ? - qui les ont tourmenté de leur vivant.


    André Asséo fut l'ami des huit héros de ce roman.

  • Les chardons

    Flavie Flament

    Elle a huit, vingt-cinq puis quarante ans... C´est une fille, une femme que la vie traverse et inonde.Douloureux, sensuel ou dévastateur, chaque épisode de ce premier roman inclassable semble imprimer une marque indélébile sur son corps.Un corps si fragile et si perméable qu´elle doit parfois s´en échapper.Alors, dans un style et un langage poétique incisif et très imagé, l´auteure accompagne cette gamine, cette épouse, cette mère et cette amante au-delà des violences de sa réalité ou au point le plus incandescent de son bonheur.Fil à fil, fragment après fragment, se dessine le portrait d´une femme : solaire, évanescente et vulnérable, qui résiste et résiste encore.

  • Le narrateur, double de Pirotte, en proie aux métastases et à la chimiothérapie, se penche sur son passé.Son passé le rejoint dans un présent où sa mort approche, où d'anciens sentiments de culpabilité le rattrapent. Le jeune homme qu'il fut, entouré de poésie alors qu'il fréquente des voyous et semble leur prêter la main, ne cesse de se reprocher chacune de ses aventures, qui l'ont mené à un mariage obscur, une naissance, et la perte de ce qu'il se croyait en mesure de sauver d'une existence erratique. L'enchevêtrement des événements, dont ses carnets retrouvés font foi, conduit le lecteur à se poser, comme souvent, la question du rachat par la littérature, telle que se la posent l'auteur (et le narrateur). La vie est un brouillard.La magie Pirotte est intacte dans ces pages vibrantes de vie où sourdent des musiques, de Schubert au blues de Billie Holiday. Un roman exceptionnel. À part. Au-dessus de la mêlée littéraire.

  • Un portrait de Christian Dior ? Oui, mais aussi un miroir dans lequel Francis Huster se regarde et regarde les femmes.

    Dans ce roman vrai et fantasméà la fois où l´on croise son copain d´enfance Patrick Dewaere, Jean-Louis Barrault ou Jean Marais, le comédien s´est intéressé aux onze dernières années de Christian Dior (1905-1957), celles qui ont vu le succès d´un homme, d´un style et d´une marque. En se racontant au travers de l´histoire de Dior, Francis Huster se raconte lui-même, évoque sa mère couturière, ses souvenirs de théâtre, ses rencontres, ses rêves et le parfum envoutant des années 50.

    C´est surtout, dans un style très personnel, enthousiaste et inventif, le prétexte d´un éloge de la folie créatrice, de l´excellence française dans ce qu´elle a de plus admirable, de plus élégant.
    Et bien sûr, avant toute chose, le livre s´affiche comme une déclaration d´amour à celles sans qui Christian ne serait jamais devenu Dior et qui sans Dior, ne seraient pas tout à fait les mêmes : les femmes.

  • Sous des titres aussi évocateurs que « Chômedu », « Vous voyez bien qu´il est bourré ! » ou encore « Noël au ballon, Pâques en prison », Jackie Berroyer recrée l´univers des banlieues des années soixante, ses prolos, sa misère, ses blousons noirs et ses « frangines », sa violence, et parfois sa tendresse.



    Ces portraits tragi-comiques initialement parus dans Hara-Kiri, revus et augmentés, composent un tableau saisissant de la vie quotidienne de « petites gens » et de figures pittoresques de la « zone ».



    La prose à la fois crue et réaliste de Jackie Berroyer évoque par de nombreux aspects celle d´un autre « chantre de la dèche et de la gueule de bois », Bukowski. Comme ce dernier, il excelle dans l´art de dénicher la poésie au milieu du sordide, l´humour au sein du désespoir.



    Maurice Pialat manifestait à l´égard de ces récits qu´il a souvent songéà adapter, une tendresse toute particulière. On comprendra pourquoi en lisant les mésaventures de ces « perdants magnifiques ».

  • Le roman commence en Bohême ? sorte de retour à des lieux d´origine ? avec l´arrivée du narrateur dans une petite ville et dans la boutique d´un tailleur où il croise trop vite une jeune fille trop belle. Puis, la jeune fille parlant au téléphone avec un garçon que l´on peut imaginer être son fiancé, nous retrouvons ce dernier en visite chez sa mère en Israël. Là-bas, un réparateur d´installations de climatisation, d´origine italienne, s´apprête à revenir en vacances dans son pays, où vit sa fille. Dans un restaurant au bord d´un lac, près de Rome, on croise une belle Italienne qui se souvient des quelque nuits qu´elle passa dans un hôtel de Budapest, avec un amant hongrois, maintenant fonctionnaire européen en Afrique. Dans un petit village du Mali, cet homme s´écarte étrangement de sa mission officielle, et il fréquente maintenant une spectaculaire jeune Africaine. Sur cet homme insaisissable, un éclairage nous est donné à la faveur d´un retour du narrateur, qui se trouve être son frère. Mais ce narrateur s´éclipse à nouveau, alors que nous suivons la beauté noire à Londres, où s´apprête à la recruter une agence de mannequins. Après une soirée mémorable, parmi la bohème artistique anglaise, le maquilleur qui prépare la beauté exotique pour ses premiers essais, est un Brésilien qui se morfond d´être séparé de son amant resté au Brésil, craignant toujours ses trahisons. Un coup de fil nous fait traverser l´Atlantique jusqu´à San Paolo et l´appartement où la sonnerie retentit dans le vide, ne réveillant qu´une mouche qui s´envole, visitant d´abord la cuisine où elle fait des découvertes, puis s´échappant par une fenêtre et traversant le quartier jusqu´au grand stade de Morumbi, où se déroule une partie de football au moment critique du tir d´un pénalty...


    Par ce genre de relais, et bien d´autres, nous remonterons bientôt l´Amazone, à bord d´un rafiot emportant vers le fin fond de la jungle des aventuriers, des prostituées et un écrivain européen réputé mort depuis dix ans. Des universitaires américains venus en hydravion pour un troc avec des Indiens, nous ramèneront avec eux en Californie, puis de là, nous passerons au Canada : d´abord à Niagara, lieu mythique et décor d´un film, dont le scénario devient un épisode du roman, puis à Montréal. Au passage, nous aurons rencontré des filles au destin dramatique, un frère et une soeur incestueux dans une chambre d´hôtel de Santa Monica, près d´Hollywood, une fillette autiste qui ne parle qu´avec un perroquet... Nous aurons croisé à nouveau, dans un avion pour New York, la beauté noire devenue un top model, nous repasserons par l´aéroport de Londres, nous arriverons à Genève où un savant américain, précédemment rencontré à l´Université Stanford, se rend à un colloque auquel participe aussi l´auteur du livre... Un cheminot suisse, déprimé par le désastre de sa vie, nous conduit jusqu´au cirque où travaille son frère, et où l´on découvre un autre perroquet, frère du précédent, et vendu comme lui par un Indien, dans la jungle amazonienne. Venu d´Italie, et passant par la Suisse, le cirque se dirige vers l´Autriche, mais c´est un chien perdu qui, longeant la voie ferrée, nous conduit d´Innsbruck à Vienne : retour en Europe centrale, et rencontre avec deux vieux musiciens à la retraite, qui peuvent rappeler d´autres personnages, et qui se souviennent d´autres histoires...










    .../...














    Nous sommes encore loin d´avoir épuisé la série des courts-circuits et d´avoir bouclé la boucle. Il y aura encore d´autres relais, d´autres péripéties, d´autres pays, d´autres villes, d´autres filles, d´autres scènes d´amour, tendres ou violentes... Mais au bout du compte, après l´avoir croisé quelques fois, comme par hasard, on finira par retrouver le narrateur, on reviendra dans la petite ville de Bohême où tout a commencé. La jeune fille trop belle, que le narrateur a trop vite quittée, en se laissant entraîner par d´autres histoires, est à nouveau là, à la merci de son imagin

  • Depuis trente-huit années, Eugène Gibloz est un employé discret au légendaire rayon outillage en sous-sol du Bazar de l'Hôtel de Ville, " le paradis des célibataires ". Le soir venu, il endosse sa panoplie de western. Enfile bottines brodées et se capitonne de chaps en cuir de buffle. Il effraie les vieilles dames et fait battre des mains les enfants. Pistolets à peinture ou colts nickelés de calibre 44 à canon court, il ne sait plus bien ce qu'il porte à la ceinture... Arsenal et quincaillerie s'enchevêtrent.

    Stetson vissé sur la tête, menton inquisiteur, le justicier à l'épate voudrait faire régner l'ordre au centre de Paris. Dans son quartier, dans son district, shérif d'un Marais à temps plein.
    /> Prompt à l'algarade, adepte de querelles au comptoir, ses journées cahotent entre parodie de film B et désespoir à gros grumeaux.

    Sur un cadastre historique riche en égorgements et en lapidations, il rejoue les duels fameux du Grand Ouest. Répliques et gestes cultes à l'affiche.

    Jusqu'au jour où un certain Alex Mandras, navrant collègue au rayon jardinage, se dresse sur son chemin...

  • Aragon a-t-il assassiné Elsa ?



    " Je vais écrire sur Aragon. Ce sera un polar, une histoire de meurtre : celui d'Elsa " : Aragon en a marre des yeux d'Elsa, le voilà pris d'une bouffée délirante, meurtrière. Pour se défouler, il veut écrire le roman du meurtre de son épouse - sous pseudonyme.
    Qui tient la plume ? André Rollin. C'est lui qui raconte comment Aragon a étouffé Elsa " un soir de grande pluie sur Paris ".

    L'Assassinat d'Elsa est d'abord un roman sur l'écriture. Un polar dont le mobile est l'écriture et le flic un écrivain - raté -, qui se venge en écrivant son journal (intime), parce qu'il ne parvient pas à terminer un roman.
    Qu'est-ce qui est vrai ? Faux ? Qu'importe puisque la vie du héros, Aragon, est un roman.

    André Rollin rend hommage à l'oeuvre du poète.

  • Qui ne connaît pas les Alpes ne connaît pas la beauté du monde. Pour Katerine Wolf, randonneuse passionnée, il y a un paradis sur terre : les Alpes d'Autriche. Là où hommes et animaux vivent ensemble depuis longtemps en harmonie avec la nature. Dans le Tyrol, exactement. Parmi les monts qui surplombent les villes d'Innsbruck, de Hall et les villages alentour...
    La rencontre de cette jeune femme née en Allemagne de l'Est l'année de la chute du mur de Berlin, avec un autre randonneur, Louis Chastanier, Français, expert en bois, lui réserve quelques surprises, dont l'anticonformisme de ce dernier ou la découverte d'un chevreuil blessé ne sont pas les moindres.
    Quand un marcheur croise un autre marcheur, qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires... d'aujourd'hui ! Avenir de la planète, des êtres qui y vivent comme de la végétation. La montagne, nature inexpugnable, resterait-elle un des seuls refuges possibles dans un monde de plus en plus brutal et promis à des catastrophes économiques, sociales, écologiques ? Époustouflants sont les paysages du Tyrol, qu'agrémente le son magique des clarines du bétail dans les alpages...
    En célébrant la nature, ce roman la fait aimer davantage. Sur les toits d'Innsbruck réussit ce tour de force de réconcilier tradition et modernité.

  • Peut-on coucher avec un marchand de kebab quand on est végétarien ? Est-on plus sexy en lisant du Kundera ou du Marc Levy ? Le sauna ou l'agence matrimoniale ? Givenchy ou Margiela ?
    Ellias va voir 25 ans et ça l'angoisse. Depuis qu'il est enfant, il est convaincu que c'est l'âge où l'on devient adulte. Il s'est toujours imaginé avec une femme, un fils, une décapotable. Aujourd'hui, il est gay, célibataire, et n'a pas le permis. Il lui reste donc un an pour trouver l'amour, le vrai.
    Jeremy Lorca nous invite dans le milieu gay de la capitale, avec ses codes, ses adresses, sa vie trépidante et son esprit extravagant. Oui, Paris est encore une fête ! Mais derrière l'insouciance et les soirées branchées, pointe la gravité des solitudes au petit matin...
    Un portrait drôle, touchant et sans concession d'un célibataire d'aujourd'hui.

  • Le concours de nouvelles EDF est né d'une initiative spontanée de quelques passionnés de littérature qui ont mis l'accent sur le plaisir et la convivialité, loin de toute idée de "compétition".

    Il est organisé par un comité qui invite le personnel de l´entreprise à s´exprimer sur des thèmes renouvelés chaque année. Un jury est constitué d´une dizaine de personnes extérieures, d'horizons et de sensibilités diverses, en relation avec l'écriture et l'expression artistique (écrivain, poète, libraire, bibliothécaire, sculpteur, musicien, enseignant, etc.). Ce jury a été successivement présidé par Régine Detambel, Valentine Goby et Stéphane Audeguy. À chaque concours, les12 meilleures nouvelles font l´objet d´une publication interne à l´entreprise.

    Pour ce recueil 2011, 4e édition du concours, le cherche midi salue cette initiative littéraire en apportant son soutien par sa participation et la publication des 12 meilleures nouvelles, dont 3 premiers prix.

  • « Si le destin du marquis de Sade semble pouvoir donner lieu à une oeuvre cinématographique, c´est sans doute parce qu´il est suffisamment pittoresque, riche en situations et en événements, dignes d´un film d´aventures, mais surtout parce que, étant celui d´un écrivain qui a imaginé les fictions les plus extrêmes, les plus irreprésentables, ce destin reste susceptible d´être mis en scène, à la fois comme celui d´un aventurier presque ordinaire, et comme antichambre de l´extraordinaire le plus irréductible, le plus réfractaire à la représentation. La vie de Sade est comme un paysage mouvementé, parmi d´autres du même genre, mais qui, à la différence de ces autres, conduit au bord d´un rivage, ou d´un gouffre, d´un abîme, où l´horreur indescriptible a trouvé des mots pour être sommairement consignée. Il y a toujours cet au-delà de la vie de Sade que constitue son oeuvre : si l´on ne veut s´intéresser qu´aux événements de l´existence, même lorsqu´ils sont très forts, celle-ci ne manque pas d´être perçue comme un en-deça. Sade est comme toujours en-deça de Sade, le libertin débauché plutôt banal, en-deça de celui dont l´imagination, en direction du pire, reste unique et indépassée. » A. F.




    Dans cet essai brillant, Alain Fleischer nous livre sa lecture de l´un des écrivains français les plus sulfureux. Comme il est cinéaste, Fleischer imagine un scénario possible de la vie du libertin. Il avait d´ailleurs, il y a des années, proposé le rôle de Sadeà Marlon Brando qui l´avait accepté. Le film n´avait pas vu le jour à cause des producteurs américains qui étaient réticents. C´est ce scénario même que Fleischer a retravaillé - et qu´il nous livre aujourd´hui sous la forme originale d´un essai dialogué.

  • René Pouget est un petit être ordinaire, un perdant ni magnifique ni pitoyable, simplement obstiné et régulier. C'est un verre de lait offert par Pierre Mendès France qui lui a révélé le monde, son monde, à l'âge de 11 ans. Il en deviendra un PMF, un Peut Mieux Faire.
    Sa vie ne sera pas ratée, mais presque. Comme sa mort. Il traverse les époques au fil de choix incertains, sorte de battant toujours battu, au moment de voter, de s'engager, de décider, et même d'aimer, sexe et coeur fragilisés, jusqu'à la révélation d'une fille, Louise, qui pourrait être la sienne.
    Pour elle, il deviendra un père fou d'amour, qui ne saura jamais si elle est le fruit de sa dévorante et dramatique aventure avec Anna un soir d'été.
    Sur le tard, Louise lui dira son attirance pour Francis Scott Fitzgerald, en particulier ses deux dernières nouvelles dont l'une s'achève par "Le soir venu, ils s'asseyaient l'un près de l'autre, ils cherchaient à se souvenir de ce qu'ils regrettaient".
    Un roman de mélancolie vagabonde parcouru d'une tendre ironie.

  • Je vois l´amour comme une véritable incarnation de la vie, comme un excès, une folie, un infini, une liberté, une chose organique qui peut nous emmener plus loin que tous les voyages. Quand on est amoureux, on décuple ses énergies, ses forces.




    Ce livre n´a rien d´autobiographique, tout simplement par respect pour les hommes que j´ai aimés. Ce qui me passionne avant tout, c´est de laisser mon imaginaire s´envoler. Écrire tout ce dont je rêve, inventer des femmes à qui il arrive des aventures incroyables parce qu´elles osent vivre leur amour, aussi fou soit-il, aussi simple, inattendu, inspirant, impossible...
    C´est comme si j´avais recueilli des témoignages.
    Ce n´est pas le cas, je les ai imaginés de toutes pièces, inspirée par des sentiments que j´ai vécus et mêlés à mes rêves. Je me suis projetée dans plusieurs vies. Le fond de tout ça est mon amour pour l´amour, j´ai fait ma potion magique, et quand on crée une recette, on ne livre jamais tous ses secrets.




    Il y a dans l´amour un souffle exceptionnel qui, si on s´y laisse prendre sans avoir peur, peut nous rendre éternel...




    C. C.

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