Héloïse d'Ormesson

  • " Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet.
    Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : " Il n'y a pas de Dieu. " Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. "

  • Qu'un peuple débonnaire ait pu devenir ce peuple de chiens enragés, voilà un sujet inépuisable de perplexité et de stupéfaction. - Vladimir Jankélévitch 1936. Les jeux Olympiques d'hiver de Garmisch-Partenkirchenservent de vitrine au Troisième Reich. Couvrant l'événement pour un grand quotidien berlinois, le chroniqueur sportif Andreas Kuppler ne se reconnaît plus dans les valeurs prônées par Hitler. Magdalena, son épouse, adhère en revanche aux thèses du Führer. À ces divergences s'ajoute la stérilité de leur union, qui pèse lourdement sur un équilibre déjà fragile. Alors que la traque aux ennemis du régime s'intensifie, le nom d'Andreas apparaît sur une liste de journalistes suspects. L'étau se resserre dangereusement sur les Kuppler.
    La Désobéissance d'Andreas Kuppler nous entraîne sur les traces d'un couple ordinaire, pris dans la tourmente de l'histoire, à une époque où les silences nourrissaient la terreur, où la propagande profitait de la peur.

  • L'infidélité est-elle indissociable du couple ? Le conjoint trompé est-il toujours victime ? Le fruit est-il plus savoureux lorsqu'il est défendu ? Tels sont les thèmes que Tatiana de Rosnay décline au fil de ces nouvelles drôles et décapantes. Jeune fille au pair ou meilleure amie, les profils sont divers et les tentations multiples pour un homme. Pourtant les femmes, qu'elles soient bafouées ou volages, ne sont pas en reste. Elles se surpassent même : rendre leur bague sans un mot, tromper en retour, dévaster le domicile conjugal et déchirer les coeurs... ou simplement pardonner par amour ou par dépit.
    À travers ces histoires brûlantes d'amours interdites et de duperies démasquées, l'auteur revisite l'adultère dans tous ses états. Vengeances machiavéliques, situations tantôt tragiques, tantôt cocasses, les chutes inattendues de ces récits sont toujours croustillantes et parfois glaçantes. Sur un ton léger et souvent sarcastique, Tatiana de Rosnay nous offre un ouvrage jouissif, où le rire se mêle à la compassion et la transgression au désir.

  • « Il y a des moments où l´histoire semble hésiter avant de prendre son élan : Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants pour frapper Rome au coeur ; César sur les bords du Rubicon ; le général de Gaulle à l´aube du 17 juin 1940, quand il monte dans l´avion qui va l´emmener vers Londres, vers une résistance qui peut paraître sans espoir.

    C´est un éclair de cet ordre que j´ai tenté de saisir : l´instant où Bonaparte, adulé par les Français qu´il a tirés de l´abîme, décide de devenir empereur. » À travers une conversation imaginaire et décisive entre Napoléon Bonaparte et Jean-Jacques Régis Cambacérès, son deuxième consul, Jean d´Ormesson explore la tension entre l´esprit révolutionnaire républicain et le désir de puissance. Il met en scène un Cambacérès ensorcelé par le charismatique Bonaparte.

    Si tous les mots prêtés à Bonaparte ont bien été prononcés par lui, l´auteur forge ce dialogue fictif à la veille de l´avènement du Premier Empire, aux Tuileries, vers le début de l´hiver 1803-1804.



    Enlevé et brillant, ce dialogue surprendra par son actualité.

  • Il était une fois, dans une vallée lointaine entourée de montagnes, un petit garçon. Le chemin de fer passait près de chez lui et, d'aussi loin qu'il se souvenait, l'enfant guettait la longue chenille d'acier qui filait comme une flèche à travers la campagne. Ce qu'il souhaitait le plus au monde c'était de pouvoir, un jour, monter dans ce train. Mais, bientôt il tomba très malade et ses espoirs de prendre le train s'en furent à mesure que s'éloignaient ceux de sa guérison. Dévastés, ses parents ne savaient plus comment le réconforter et, aidés du médecin, décidèrent d'emmener l'enfant à la gare, au risque de précipiter l'inévitable. Ce conte tendre et touchant est bercé par l'espoir d'une rédemption miraculeuse.

  • Lorsque James Nicholson débarque des États-Unis au Chambon-sur-Lignon, il doit y rencontrer une femme jusqu´alors inconnue, Louise, sa grand-mère. Mais elle décède le jour de son arrivée. Pour tenter de renouer avec ses racines, il lui reste un cahier rouge, journal intime de son aïeule. Au fil des pages lues par Nina, serveuse dans le petit hôtel où il séjourne, l´Américain s´imprègne du formidable engagement de cette autre France, celle qui protégea des milliers de réfugiés pendant la seconde guerre. Pourtant, même les plus belles histoires recèlent leur part d´ombre et de mystère. De la liaison de Louise avec Franz, un occupant nazi, jusqu´à la lettre cachée dans un médaillon qui révèlera le terrible secret des enfants que Louise et Franz n´auront pas su sauver, chacun devra décider si toute vérité est, ou non, bonne à dire.



    Sur ces terres auvergnates, dans la seule commune française ayant reçu à titre collectif la distinction de « Justes parmi les Nations », les personnages de ce roman posent avec modernité les questions de la quête identitaire et du devoir de mémoire.

    « James Nicholson ne s´était pas préparéà faire incursion dans la vie contrariée de Louise. Mais se prépare-t-on à changer de nom, changer d´identité, affronter cette question qui pourrait tous, un jour ou l´autre, nous assaillir : de qui sommes-nous réellement les enfants ? »

  • " Le livre est irremplaçable. On le dit menacé par l'image et par l'ordinateur. J'espère pourtant - et je crois - que le rôle du livre est loin d'être terminé. Plus que la machine, évidemment, et plus aussi que l'image, si forte, mais peut-être justement trop forte, c'est le livre qui permet le mieux les jeux féconds du souvenir, du rêve, de l'imagination. " Parmi le millier de chroniques que Jean d'Ormesson a publié de 1969 à aujourd'hui, Odeur du Temps en rassemble une centaine. Plaidoyer pour la lecture mais aussi billets d'humeur, réflexions sur un monde en mutation, ces textes pleins d'esprit furent autant d'occasions de rendre hommage aux grands noms de la vie intellectuelle de la fin du XXe siècle et du début du XXIe.
    Avec une jubilation communicative, Jean d'Ormesson y proclame son amour de la littérature, de l'art et de la vie. Il y parle de ses voyages, réels ou imaginaires, aux côtés de figures aussi diverses que le peintre Raphaël, l'empereur Frédéric II, le poète Charles Péguy ou le tennis-man John McEnroe.
    Tour à tour érudites, enthousiastes ou polémiques, ces chroniques séduisent par leur fraîcheur, surprennent par leur actualité. Vingt, trente après, elles continuent de nous transporter tout à la fois hors du temps et au coeur de notre temps. Autant qu'une autobiographie, elles dessinent le portrait de leur auteur.
    Le titre est tiré d'un vers de L'Adieu d'Apollinaire :
    J'ai cueilli ce brin de bruyère L'automne est morte souviens-t'en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyère Et souviens-toi que je t'attends

  • " J'ai deux mamans et un papa qui ne veut pas grandir. " Ainsi commence l'histoire de Victor, qui vient d'arriver dans la villégiature familiale du Cap-Martin. Cet été caniculaire s'annonce sous le signe de l'étrange avec une invasion de lucioles, des pluies sèches et des orages aussi soudains que violents. Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes. C'est parce que François n'ouvre pas son courrier qui s'amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble. C'est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu'elles sont heureuses ensemble. Et c'est parce que les adultes n'aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu'il a rencontré son meilleur ami Gaspard. Pourtant, de nombreuses questions restent sans réponse. Pourquoi François refuse-t-il de grandir ? Pourquoi Alicia, son aînée, fugue-t-elle sans arrêt ? Qui était Félicité, la soeur de son père dont on ne parle jamais ? Sur l'étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte et relie Cap-Martin à Monaco, Victor rencontrera deux jumeaux, Tom et Nathan, qui lui ouvriront les portes d'un monde imaginaire et feront émerger des secrets de famille trop longtemps ensevelis.
    Gilles Paris brosse les portraits de personnages attachants - une ado nonchalante, une maman libraire, un père-enfant - et décrit avec tendresse l'univers poétique du petit Victor. Un roman d'apprentissage sensible et drôle.

  • Depuis son plus jeune âge, l'héroïne de ce roman sait qu'un jour, elle sera canonisée. Mais elle ignore encore pour quels miracles et quels bienfaits. Pour gagner ses galons de sainteté, elle croit encourager le destin en devenant visiteuse de prison. Toutes les semaines, dans un parloir étroit, elle rencontre Dimitri, qu'elle écoute sans le juger, et qu'elle respecte comme un frère. Quand celui-ci est enfin libéré, la sainte continue de l'inciter à la vertu, mais réalise très vite qu'elle n'a plus aucun pouvoir sur lui. Les bonnes résolutions prises au temps de la prison se sont évaporées dans l'alcool et les mauvaises fréquentations. Il est libre comme elle est libre. Il n'a plus besoin d'elle. Sans l'auréole de souffrance du prisonnier, Dimitri a perdu son charme et son admirable misère. Pour le sauver une fois pour toutes, la sainte commet l'impensable : elle l'accuse d'un viol qu'il n'a pas commis. À la suite d'un procès perdu d'avance et très médiatisé, Dimitri retourne en prison où l'attend... sa visiteuse.



    Une sainte est une fable sur le don et la grâce. L'héroïne - dont les ailes d'ange poussent dans le dos au fur et à mesure du roman - veut aider ceux qui l'entourent : son vieux voisin esseulé ; sa meilleure amie actrice porno ; et sa mère adorée, alitée dans une maison de repos... Un personnage irrésistible qui nous entraîne sur les chemins de la liberté et de la transgression.

  • À la fin de sa vie, Ocean Miller revient sur son itinéraire improbable de shérif : il raconte d'abord comment, lui, Juif d'Europe centrale, né sur un paquebot qui ralliait l'Amérique, a atterri dans une bourgade perdue d'Arizona. Puis il se souvient de l'affaire la plus marquante de sa carrière, celle de Tom, sourd-muet de douze ans à peine, qui a débarqué à Brewsterville en traînant un cadavre dépecé sur ses talons. Pour le maire et ses acolytes, le garçon est assurément coupable du meurtre. Mais pour Miller, sur le déclin et porté sur le bourbon, l'innocence de ce petit bonhomme ne fait aucun doute. Pour sauver Tom de la potence, et prouver qu'il a encore un rôle à jouer, Miller se lance dans une enquête haletante pour débusquer le tueur. La rumeur d'un coffre rempli d'or enterré en plein désert le mènera de pièges sanglants en aventures poussiéreuses jusqu'à découvrir l'identité des véritables coupables.


    Norman Ginzberg signe un western décalé, où l'on croise des personnages tendres et pittoresques. Plongée dans l'univers du Grand Ouest en pleine conquête, avec son lot d'affairistes et de putains au grand coeur, Arizona Tom offre un savoureux récit d'aventures. Les tribulations de ce shérif marginal, du shtetl au saloon, remettent le genre au goût du jour. Un premier roman très prometteur.

  • Florent, jeune éditeur français, vient faire ses premières armes à la Buchmesse de Francfort. Réticent à l´idée de se rendre en Allemagne depuis que son père s´y est fait tuer, il rechigne également à sacrifier aux rituels de cette Mecque du livre. Il est malgré tout descendu dans le palace le plus prisé, où tout éditeur en vue se doit de résider. Cynique, Florent promène son oeil acerbe sur les cocktails et rendez-vous de cette bourse littéraire. Mais une brune incendiaire va tout bouleverser, lui chambouler les sens et remettre en question sa vie entière. Femme de pouvoir dans une grande maison d´édition, peu farouche et impulsive, elle semble l´attirer dans un guet-apens dont les enjeux le dépassent.
    />
    Une histoire sensuelle - et sans suite ? - sur fond de lutte politique, où s´intriquent les souvenirs sanglants d´une époque où la bande à Baader et les anciens nazis avaient pignon sur rue.



    Servi par une galerie de personnages tranchés et excentriques, le texte incisif de Michel Quint sait restituer avec brio l´atmosphère étrange de la plus grande foire du livre du monde. Un double meurtre en prologue lance une enquête trépidante, aux rebondissements inattendus.

  • C´est entre l´Esplanade et les ruelles du Vieux Lille que Sébastien Arnoux, espoir du LOSC (Lille Olympique Sporting Club), a été aperçu pour la dernière fois une nuit de printemps bâtard. Le corps du gamin sera repêché quelques jours plus tard dans la Deûle. Les enquêteurs excluent la piste criminelle. Pourtant, Lisa, la soeur de la victime, à la beauté diaphane et au sourire pastel, ne croit pas à la thèse de l´accident. Elle entraîne dans son enquête Jules, 32 ans, dégaine de voyou, regard chocolat noir charbon et coeur de beurre. Bientôt Emma, lesbienne trash, se joint à eux. Leurs doutes se renforcent lorsqu´un second corps, celui de Gianni Olbia, étudiant italien et ami de Seb, est retrouvé entre deux péniches. Leur intérêt pour la corruption qui gangrène le milieu footballistique les aurait-il mis en péril ? Auraient-ils fait de mauvaises rencontres dans le milieu interlope de la nuit lilloise ?



    Dans ce roman noir coron, au scénario implacable, Michel Quint nous conduit d´estaminets en « drunk parties », de clubs branchés en friches industrielles, de Roubaix à Tourcoing, sur les pistes des coupables. Entre parties fines, prostitution et réseau mafieux, En dépit des étoiles est un suspense puissant et poétique qui touche au coeur de la terre du Nord.

  • Émilie est enceinte de son deuxième enfant. Marius aura deux ans quand il naîtra. Deux ans, c'est l'écart idéal, lui dit-on. Elle n'en sait rien, mais elle s'en fout pas mal. Elle se confie à un journal depuis l'instant où elle découvre le trait bleu sur le test de grossesse. Avec une sincérité sidérante, elle partage tout, les anecdotes du quotidien, « son amoureux » le beau F., ses ami(e)s, ses amours, Marius, joueur-compulsif qui babille ses premiers mots. Mais c'est surtout l'émouvante rencontre avec « la petite prune » grandissant jour après jour dans ce ventre qui lentement s'arrondit jusqu'à faire disparaître son nombril.
    La narratrice a mille vies, elle est écrivain, modèle, visiteuse de prison, thésarde, hyperactive, maman, aime le sexe, les voyages, les cactus et les gâteaux aux amandes. On rit, on pleure, on suit aveuglément Émilie qui devient l'héroïne du roman d'une vie foisonnante. Elle nous livre sans détours ni tabous son intimité qui résonne comme une expérience universelle.

  • Rome, 10 novembre 1995. Luca, marié, père d'une jeune femme, Guilia, est un professeur de philo sans histoires, qui enseigne depuis quatorze ans dans le même lycée. Pourtant, ce matin-là, quelques minutes avant le début des cours, la lecture d'un article

  • Héloïse est amoureuse de Lawrence depuis qu´elle est enfant. Et peu lui importe que trois générations de femmes de sa famille aient couché avec ce même homme. Elle est passionnée, libérée, un brin fantasque. Tour à tour enfant téméraire, adolescente provocante, jeune mère pétillante, et photographe branchée, Héloïse demeure, jusqu´à se marier à une cinquantaine d´années, cette éternelle gamine foudroyée d´amour pour Lawrence.


    À travers cette histoire insensée, s´offre à nous un magnifique portrait de femme, tout à la fois fragile et indomptable. Un récit extravagant, surréaliste, où derrière l´écriture raffinée et l´incroyable drôlerie des situations se cachent érotisme et transgression.

  • " La société où nous vivons est une société du roman ", peut-on lire sous la plume alerte de Jean d'Ormesson, qui s'amuse à détourner la formule mémorable de Guy Debord. Une maxime qui illustre son style : décapant et spirituel. Et sa position : jamais loin de la littérature.
    On retrouve avec enchantement sa passion contagieuse pour les livres et les auteurs. Éloges des géants (Chateaubriand, Marguerite Yourcenar, Albert Camus), mais aussi clin d'oeil affectueux au sempiternel héros de son enfance, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, ou à la renversante Piaf. Ce livre, qui procède par coup de coeur ou de griffe, panégyrique et trait d'humeur, s'apparente à un cabinet de curiosités. Tour à tour érudites ou polémiques, cette centaine de chroniques séduisent par leur fraîcheur, surprennent par leur actualité. Trente, voire quarante ans après, elles continuent de nous transporter tout à la fois hors du temps et au coeur de notre temps. Aussi sûrement qu'une autobiographie, elles dessinent le portrait de leur auteur, témoin ironique et émerveillé du monde.

  • Manon et Vincent. Jeune couple déjà usé. La routine, un désir d'enfant inassouvi, l'éloignement, puis la résignation. Leur histoire est terminée, Manon le sait. Elle accepte tout de même de se rendre quelques jours dans la villa normande de ses beaux-parents, Claire et Jean, où Éric, un vieil ami du couple, les rejoint. Un jeu de séduction naît entre la jeune femme et lui. Alors, quand Vincent doit rentrer, elle décide de prolonger son séjour face à l'évidence de son désir pour Éric.
    De retour à Paris, leur relation passionnée est une véritable bouffée d'oxygène pour Manon. Mais Claire ne tarde pas à découvrir le pot-aux-roses et met Éric au pied du mur. La volonté de protéger son fils la pousse à lui révéler, près de trente ans après, un secret trop longtemps gardé. Éric ne cède pas au chantage, et Manon quitte Vincent, dévasté.
    La mort tragique de Claire va précipiter les révélations, conduisant inéluctablement vers une chute, aussi inattendue que brutale, qui nous laisse le souffle coupé.
    Comédie dramatique menée d'une main de maître, Tableau de chasse est la démonstration d'une vérité souvent occultée : nous vivons tous avec le poids de nos secrets. De sa plume précise et délicatement nostalgique, l'auteur nous rappelle qu'à force de prétendre, on en oublie souvent d'être, jusqu'au jour où...

  • Dans les années 1960, durant la guerre d´Algérie, Édith, jeune femme juive, s´engage comme secrétaire au sein de l´armée française. Affectée au service d´un colonel dans une base au Sahara, elle se lie à une famille de réfugiés touaregs. Alors que la guerre s´achève, l´armée procède à un essai nucléaire qui entraîne accidentellement la mort d´Ayuba, le fils aîné dont elle s´est éprise. C´est alors qu´Edith décide de suivre Mariama, la mère qu´elle n´a jamais eue, au sein du clan en deuil. Devenue Talyat, elle s´acclimate à la vie nomade, fascinée par le respect qui habite les coutumes touareg. Fille de déportés, élevée par ses tantes et cousines en France, Édith mène une quête identitaire. Comme s´il avait fallu aller loin pour, enfin, se sentir proche.



    Musical et subtil, L´Affinité des traces décline le thème de l´altérité et de la destinée. Conjuguant métaphores bibliques et aventures humaines, ce roman de l´union compose une ode poétique au désert et à ses habitants. Un livre magnifique habité par les mots et leurs sonorités sur fond d´amitié et d´amour.

  • À la mort de sa mère, Frédérique tombe sur une mystérieuse photo de son père avec une inconnue. Elle y surprend une expression de douceur et de plénitude qu´elle ne lui connaissait pas. Intriguée, elle entreprend un voyage à Nice, la ville de son enfance. Elle espère sans se l´avouer retrouver la trace de la belle brune de la photo. Entourée d´Alice, son premier amour, et de Johanna, détective privé, elle remontera la piste jusqu´à Gênes, la ville des fantômes, pour y rencontrer Barbara qui fut la maîtresse de son père. Celle-ci lui dévoilera alors un bouleversant secret sur Vittorio, et sur son passé de légionnaire. Catherine Locandro, avec précision et sensibilité, mène son lecteur dans un labyrinthe de souvenirs, vers une issue tout aussi inattendue que poignante.



    Un roman singulier où s´entremêlent deux temps du récit : 1954, l´amitié entre Matteo et Vittorio, engagés dans la légion étrangère française lors de la guerre d´Indochine ; 2011, la quête identitaire de Frédérique entre la Côte d´Azur et l´Italie, et ses monologues intérieurs adressés à sa grand-mère paternelle, une Calabraise morte à 39 ans, bannie pour avoir osé aimer un homme plus jeune qu´elle.

  • Elle et lui se sont rencontrés sur la côte basque, où ils ont l´habitude de passer leurs vacances. Là, sur fond de plages sauvages, de balades en scooter et de troquets naît bien plus qu´une romance estivale. Mais sur cette histoire d´amour idyllique la vie va bientôt reprendre ses droits, en confrontant le couple à la douleur d´une fausse couche. Alternant les souvenirs heureux et les épreuves du présent, cet émouvant roman nous plonge dans les aléas de l´existence. Avec dérision et facétie, Harold Cobert s´interroge sur le destin, qu´il conjure à coups de superstitions et de croyances.



    D´inspiration autobiographique, Dieu surfe au Pays basque aborde le thème délicat de la perte de l´enfant à naître avec tendresse et pudeur. Une échographie du père en équilibre sur la crête des séismes intimes.

  • Blanche anime dans une maison de retraite un atelier d´écriture pour une dizaine de pensionnaires. Au fil des séances, ils se dévoilent, racontent leur histoire, s´ouvrent à la jeune femme et parviennent à se souvenir, ce que Blanche refuse de faire. Elle ne vit qu´au présent. Une liaison passionnée avec un homme rencontré aux abords de l´institution la comble. Elle se verra pourtant contrainte d´affronter le passé, lorsque les pensionnaires lui apprendront que son père, disparu au cours de son enfance, vit dans un hospice voisin. Les retrouvailles lui permettent de comprendre la fuite du père et de guérir ses anciennes blessures.



    On rit beaucoup chez Viviane Chocas, mais on a aussi le coeur serré. Son récit subtil et drôle est construit autour de trois intrigues liées entre elles et unies autour de la thématique de l´amour. Trois angles et trois âges pour aborder le couple.

  • J'existe à peine

    Michel Quint

    Alexandre Sénéchal est un forain, admirateur de Fregoli. Jusqu'à un tragique accident au cours d'une représentation, il recréait, avec sa troupe, des faits divers, sanglants et frappants de préférence, pour la plus grande satisfaction du public. Lâché par tous après le drame, il se réfugie dans son Nord natal, où il est attendu par Julius, le curé qui l'a pris sous son aile lorsqu'il était un môme maltraité par ses parents adoptifs - aujourd'hui décédés.
    De retour sur les lieux de son enfance, il est rattrapé par son passé. Julius lui annonce qu'il lui révélera l'identité de sa mère une fois montés les deux spectacles promis - notamment celui retraçant la visite d'Elizabeth II dans l'usine de Lainière sur le point de fermer. Il rencontre à cette occasion la belle Marion, héritière de la filature. Alex tombe immédiatement sous le charme, mais sait l'union impossible. Il se console avec Léonore, elle aussi, amochée par la vie. Pour l'aider à faire le deuil de son père, Alex décide de mettre en scène l'événement déclencheur du drame - un vol de liquidités dans le tramway. Ils découvrent montant leur production que l'accident était en réalité un complot... Parallèlement, Alex se décide enfin à rendre visite à sa mère, sans se douter des terribles révélations sur son adoption qui vont s'en suivre.
    Affranchi des entraves du passé, Alex arrivera-t-il enfin à vivre sa propre vie et ne plus se cacher derrière les nombreux masques qu'il a jusqu'alors arborés ?
    Michel Quint avec ses mots drus et drôles joue des niveaux de langues et des patois. Il laisse planer le danger sur son texte et fait surgir des histoires riches des couleurs et des saveurs du nord.

  • Trois femmes, trois générations, trois pays, trois destins.
    Inde coloniale. Radhika est mariée par son père à un Major anglais, qui se révèle odieux. La naissance de leur fille, Anita, ne fait qu'exacerber sa tyrannie.
    Angleterre. Élevée dans la stricte tradition britannique, la petite fille s'épanouit néanmoins dans le cocon qu'elle et sa mère se sont construit. Après la décolonisation, Radhika, opprimée par son mari et nostalgique de son Inde natale, l'empoisonne et repart avec sa fille au pays. Dans l'avion, elles rencontrent François, un français passionné par l'Inde. Anita tombe immédiatement amoureuse de cet homme qu'elle épousera. De leur union naît Mira, au doux visage couleur de mangue.
    En France, Mira, "la quarteronne", grandit écartelée entre toutes ses cultures et se sent étrangère dans son propre pays. C'est en Afrique qu'elle parvient enfin à trouver sa place. Elle aidera Laurent, jeune français en mission humanitaire, à combattre les préjugés, et à accepter l'autre. Mais le chemin est sinueux et l'apprentissage dangereux. Personne n'en sortira indemne...
    La Saison des mangues est un voyage à travers les cultures, un hymne à la tolérance et au partage. Avec sa plume sensible et juste, Cécile Huguenin nous entraîne dans un univers magique où la vie n'est pas exempte de douleurs, mais sonne avant tout comme un espoir.

  • Dans cette biographie romancée d'Alan Turing (1912-1954), Philippe Langenieux-Villard revient sur le parcours de ce mathématicien et cryptologue de génie, inventeur de l'ordinateur. Après Cambridge, Alan, jeune homme introverti et passionné de mathématiques, obtient un poste à l'université de Princeton où il se distingue par son invention d'un calculateur. Préoccupé par la montée du fascisme en Europe, il renonce à la carrière qui s'offre à lui aux Etats-Unis et retourne dans son Angleterre natale. Pendant la guerre, il devient une figure incontournable du renseignement : il casse le code des messages cryptés d'Enigma, machine utilisée par les Allemands pour transmettre des informations sensibles, et permet aux Alliés de sauver des milliers de vie. Au-delà de l'homme de sciences, c'est également la psychologie complexe de Turing que l'auteur explore à travers ses relations intimes, tant avec sa mère qu'avec les hommes qu'il a aimés. Son égocentrisme cache une profonde fragilité, à une époque où l'homosexualité masculine était encore considérée comme un crime. Turing fut d'ailleurs reconnu coupable d'homosexualité en 1952 par le tribunal de Manchester et condamné à la castration chimique. C'est certainement l'un des éléments qui permet d'expliquer le suicide (il croqua dans une pomme préalablement plongée dans du cyanure) à 42 ans de ce génie torturé, en quête d'une reconnaissance qui s'est injustement fait attendre.
    Oscillant entre le récit chronologique et le regard ému que porte sa mère après sa disparition, l'auteur trace d'une écriture alerte et précise le parcours de ce scientifique hors pair.

empty