Blanche

  • Misères du désir, c'est un beau titre. Quand on pense à tout les emmerdes que vous attire l'entreprise de conquête sexuelle : humiliation du "non", frais de table, maladies vénériennes, mariage, divorce et pension, prison pour pédophilie, voire pire... on se dit, comme Bertrand Cantat, que s'abstenir eût été préférable.

  • Siraen

    Ronan Foll

    « Cela faisait maintenant quatre heures que je courais... En fait, j´avais dû courir vingt-cinq minutes et puis, plus rien. Le vide. Trois heures trente d´absence à en juger l´heure qu´affichait ma montre quand j´en actionnai l´éclairage bleuté. Trois heures trente de perte de connaissance. Je cherchais à comprendre... J´avais faim, soif et peur. Je me voyais perdu à peut-être plusieurs dizaines de mètres sous terre, tâtonnant dans des couloirs obscurs, essayant de retrouver la stèle d´Immanence, unique espoir de retour vers la surface. » Siræn se situe à la frontière de plusieurs genres littéraires. Si formellement, il s´agit d´une catabase dans les profondeurs de la croûte terrestre, quelque chose cependant sourd au fil de la narration pour progressivement installer une humeur particulière... Véritable pied de nez aux formats et figures imposés, au fantastique convenu, au politiquement correct, au philosophiquement complaisant, au poétiquement obligeant...

    Ronan Foll est un auteur, également compositeur et interprète dont le style tant en terme d´écriture que de composition pourrait être qualifié d´étrange, où à tout le moins, de résolument métamOrphique... Depuis l´enfance, un parcours marginal (le lot des êtres hyper sensibles en principe...) permettra au lecteur également sensible et non barbare, de mieux s´attendrir à l´idée de ce qui motive pareilles vues et pareil imaginaire.
     

  • La vie d'un vaurien

    Alain Soral

    • Blanche
    • 13 Mars 2014

    Une terrasse de café du quartier Saint-Germain, pas au Flore ni aux Deux Magots, plus bas sur le boulevard.
    Comme tous les jeunes désoeuvrés qui attendent de voir avant de se jeter, Louis regarde la rue, il fait bon mais c'est déjà l'automne.
    Soudain son regard vagabond tombe sur le cul très beau d'une jeune femme en jupe rouge comme l'auto qui passe à cet instant juste derrière elle, l'automobile est belle, la fille de dos l'est sans doute aussi.
    Dans la fumée du café à cinq francs que refroidit la table de marbre, Louis rêveur roule en italienne, la fille est à ses côtés, le soleil d'automne devient soleil d'été.
    La voiture tourne au coin, la créature la suit, le soleil décline lentement sur la rue.
    À la tombée du soir, une blonde beaucoup plus moche suit un homme en noir dans une GTI, Louis boit son café froid, se lève et s'en va.
    Le souvenir de la belle inconnue au cul rouge lui sera très utile avant de s'endormir, cette nuit.

    Ainsi commence le premier roman d'Alain Soral adapté au cinéma sous le titre Confession d'un dragueur. Écrit dans un style vif et concis, sans trop de descriptions ni circonvolutions psychologiques, ce court texte retrace le parcours initiatique d'un jeune paumé solitaire lâché dans Paris.
    Amour, amitié, savoir, déboires jalonnent sa quête de communion pour échapper à sa misère, avec au coeur et en tête un seul but : pénétrer l'inconnu(e).
    Auteur du best-seller Comprendre l'empire et des déjà cultes Sociologie du dragueur et Vers la féminisation ?
    Présenté comme un ennemi public par les uns, un sauveur par les autres, Alain Soral est un intellectuel qui, incontestablement, marquera son époque.

  • Chute !

    Alain Soral

    Bon c'est décidé, je vais faire un effort.
    De toute façon j'étais au bout de ma critique des communautarismes, la colère qui se répète, ça tourne au fond de commerce, je n'allais pas devenir le Jean-Pierre Coffe du politiquement incorrect, le monsieur "c'est d'la merde' du pamphlet.
    Dieu m'est témoin que déjà dans mon précédent, Misères..., j'avais fait un bon bout du chemin : donné dans le pathos, la fiction, la sodomie même, histoire de ne pas me mettre en même temps toutes les communautés à dos...
    En plus, sur mes grands thèmes favoris : ultralibéralisme, néo-matriarcat, féminisme... finalement tout le monde est d'accord, Alain Minc réhabilite Marx, Naouri le père, même Élisabeth Badinter dans Fausse route finit pas dire pareil que moi.
    Me calmer, donc, ne plus déraper et attendre qu'on me jette quelques miettes... La vérité est un luxe, et j'ai pas les moyens de jouer plus longtemps les riches !
    Aller, faire simplement comme les autres après tout : mentir, pleurnicher, émouvoir... juste m'avilir un peu plus.
    Je m'appelle Oussama Joseph Maximilien...
    Non, ça part encore trop brutal. Je m'appelle... Robert, c'est mieux, plus personne ne s'appelle Robert aujourd'hui, ça fait français. Je m'appelle Robert et je suis au bout du rouleau...

    Ainsi commence Chute !, le neuvième livre et le deuxième roman d'Alain SORAL.
    Un roman où son double, Robert Gros, se heurte de tout son poids de lucidité morale et de désespoir social au mensonge, à la lâcheté et à la brutalité de notre pseudo démocratie contemporaine.
    Chute ! nous entraîne dans les affres d'un homme de 45 ans et sa lente et inexorable descente aux enfers lui qui a cru qu'il pourrait changer le monde ou, tout au moins, le rendre moins cruel.
    Livre amer et désabusé sur notre société, Alain Soral n'épargne personne, à commencer par lui-même.

  • à volonté

    Léa Rivière

    • Blanche
    • 23 Octobre 2014

    A volonté, c'est l'histoire d'une sorte de Nadja, l'héroïne du surréalisme, mais une Nadja qui n'aurait pas rencontré son André Breton et qui vivrait à l'ère de Facebook, de Youporn, de la coke coupée et de la presse people.
    Ici, l'héroïne s'appelle Justine, pianiste surdouée qui a cessé de composer depuis que son traitement contre la bipolarité fait trembler ses mains.
    Elle parvient non sans mal à enrober ses pulsions de vie dévorantes dans un joli packaging : un père politicien, un mari bobo, deux jumelles, une brillante carrière de critique musicale.
    Mais la mort de son meilleur ami va faire voler en éclat ce fragile équilibre.
    Entre hallucinations et réalité, elle tente d'oublier ses démons à coups de conduites à risque, nuits blanches dans Paris, sexe non protégé avec des inconnus. Elle enchaîne les amants à la recherche compulsive du partenaire de création parfait, celui qui lui permettra d'arrêter de voir partout ce dandy imaginaire qu'elle appelle Ad Libitum et qui lui apparaît à chaque crise pour lui souffler ses compositions.
    Par amour de la vie, des hommes, de la musique, jusqu'où Justine peut-elle se mettre en danger ?
    A volonté, est un genre de carnet de folie, de carnet de fantasmes sans queue ni tête auquel il ne faut pas chercher d'autre sens que la quête de la jouissance.

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