• Pilar et son compagnon se retrouvent après onze années de séparation. Elle, une femme à qui la vie a appris à être forte et à ne pas se laisser déborder par ses sentiments. Lui, un homme qui possède le don de guérir les autres et cherche dans la religion une solution à ses conflits intérieurs. Tous deux sont unis par le désir de changer et de poursuivre leurs rêves. Ils décident alors de se rendre dans un petit village des Pyrénées pour découvrir leur vérité intime.

    La presse en parle : "Paulo Coelo touché par la Grâce." LiRE

  • Pour la première fois, Martin de La Soudière, " ethnologue du dehors " et du temps qu'il fait, se livre à l'introspection. Essai autobiographique sur le paysage, cet ouvrage est un retour aux origines, une entrée sur le terrain pour l'ethnologue féru de géographie... Ce paysage intime a pour cadre la montagne, celle des Pyrénées.
    Sur le mode du récit, Martin de La Soudière dialogue avec ses pères et ses carnets de travail. Son corpus hors du commun rassemble des écrivains, géographes, paysagistes, peintres, botanistes, mais aussi grimpeurs, militaires, cartographes, taupiers, bergers et autres promeneurs. Tous écrivent leur paysage. Franz Schrader, Élisée Reclus ou Vidal de La Blache habitent l'imaginaire de l'auteur, au même titre que les manuels d'escalades du XIXe siècle ou les livres de géographie du jeune élève des années 1950/1960. Entrer en Pyrénées s'opère aussi à différentes échelles, la vue statique et graphique avec son cadre et sa lumière est indissociable de l'expérience de l'escalade, de la promenade en famille ou de l'expédition aventurière entre frères et soeurs. Comme Martin de La Soudière le dit, on entre en paysage avec le pied et avec la main (on empoigne la matière de la roche pour grimper aux sommets). Mais l'écriture du paysage, en plein vent et en cabinet, est aussi une affaire de rituels. L'auteur scrute les gestes de ses poètes de prédilection : Jean-Loup Trassard arpentant son bocage, Julien Gracq au volant de sa deux-chevaux sur les rives de la Loire, André Dhôtel se perdant dans la forêt des Ardennes, jusqu'à Fernando Pessoa le promeneur immobile de Lisbonne. À travers ses " devanciers " comme il les appelle, l'auteur revendique une intimité du paysage féconde pour l'imaginaire et le travail intellectuel.
    Dans cet ouvrage, Martin de La Soudière " franchit " la montagne en quelque sorte : inaugurant son récit par le souvenir de l'arrivée au seuil des Pyrénées quand il était enfant, le père de famille proclamant au volant de sa 15 chevaux " Et voici nos montagnes ", il le termine de l'autre côté du sommet, en Aragon, sur un dialogue avec son frère décédé Vincent, dialogue aux accents d'énigmes sur une vue panoramique. Le récit est accompagné de photos personnelles, d'extraits des carnets de Martin, carnets de son enfance jusqu'à aujourd'hui.

  • Au XIXe siècle, les Pyrénées sont à la mode. Les célébrités de la fortune, de la politique, des arts et des lettres s'y donnent rendez-vous : Talleyrand, la duchesse d'Angoulême, George Sand, Baudelaire, Flaubert, Chateaubriand, Hugo, Rossini, Eugénie de Montijo, Napoléon III... séjournent dans ces montagnes.
    Les Pyrénées deviennent un lieu d'échanges grâce au tourisme, aux stations thermales, à l'amélioration des moyens de transport, aux pèlerinages qui se multiplient après les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous.
    Les nombreux récits de voyage, publiés tout au long du siècle, permettent de saisir comment vivaient les Pyrénéens au coeur de ces massifs où les activités traditionnelles côtoient alors les activités liées au tourisme naissant.

  • Créée de toutes pièces à l'époque révolutionnaire, l'Ariège du XIXe siècle est diverse et pleine de contrastes : pays de plaine et de montagne, d'agriculture de survie et d'industries, de vallées enclavées et d'un grand axe transpyrénéen.
    La vie quotidienne des Ariégeois est donc autant celle du paysan de la montagne « remontant » sans cesse la terre de ses terrasses et transportant fumier ou moisson à dos d'homme, du berger transhumant passant l'été dans les orrys d'altitude, que du métayer de la plaine ouvert aux progrès techniques, celle du mineur et du forgeur des hautes vallées comme celle de l'ouvrier des usines de Pamiers ou des tisserands du pays d'Olmes, celle du marchand urbain autant que celle du colporteur et du montreur d'ours...
    C'est aussi la vie d'un peuple de la frontière, familier du passage d'outre monts et de la rencontre de ceux qui viennent d'ailleurs, du bandit redouté comme du réfugié accueilli.

  • « Des abîmes que nous ne sonderons jamais sont autour de nous et en nous. »
    Ramond de Carbonnières
    « Chaque massif a sa propre histoire, ses modalités particulières d'émergence et d'invention. L'Himalaya ne s'est pas construit comme le Yosemite, ni les montagnes Rocheuses comme la cordillère de Darwin ou la Sierra Madre. Chaque massif n'a pas pour autant son acte de naissance en bonne et due forme. Or les Observations faites dans les Pyrénées de Louis Ramond de Carbonnières, parues en 1789, sont précisément l'acte de naissance des Pyrénées. »
    Céline Minard


  • Paul-Joseph Lascoumettes raconte dans ce livre, extrêmement rare publié en fort peu d'exemplaires en 1950, cinquante ans de piégeage et de braconnage. Son métier : chasseur de fourrure et piégeur d'animaux « nuisibles » : renard, fouine, martre, putois, loutre... Mais parallèlement à cette activité officielle, il pratique sans vergogne le braconnage en se moquant bien des gardes-chasses.


    C'est quasi-déshonneur, écrit-il, de posséder le permis de chasse. La montagne (les Hautes-Pyrénées et tout particulièrement autour de Lourdes), les cavernes, les terriers demeurent son territoire où il se livre passionnément aux plaisirs d'une chasse parfois mouvementée. C'est avec la fougue d'un magnifique tempérament qu'il conte ses aventures.

  • Le paysage de nos vallées pyrénéennes au milieu du XXe siècle, reflétait l'harmonie d'un équilibre déjà réalisé au Moyen Âge. Des champs, des prés, des granges au-dessus des villages et des pacages de haute montagne composaient une mosaïque ordonnée, conquise, et entretenue dans l'espace montagnard. À partir de cette date, cet équilibre et cette économie basculent totalement. Les jeunes quittent les vallées pour les villes. Nous assistons à la fin d'une civilisation dont les derniers acteurs voient disparaître avec nostalgie les fondements de leur vie. Adrien Castéran, dernier berger de cette longue lignée, rassemble toutes les qualités et les valeurs de ces hommes qui ont façonné la montagne, attachés à leur terre, leur troupeau et leurs amis. Originaire du Nistos, dans le piémont, il va parcourir les montagnes de la vallée d'Aure et principalement celle de Cap de Long. Ces pages retracent sa vie, dans ses montagnes et dans les plaines gasconnes lors de la transhumance d'hiver au milieu de ses brebis en liberté. Ce récit apporte un témoignage de la vie des bergers et éleveurs de la vallée et du piémont.

  • Cirrus dispose d'un an pour se préparer à l'ascension en solitaire de la voie Ravier, au Tozal del Mallo, dans la vallée de Ordesa. A une exception près, ceux qui le connaissent lui dénient la capacité de mener à bien un exploit réservé aux grimpeurs les plus chevronnés. Dans le cercle qui l'a initié à l'alpinisme, un doute parfois malveillant s'installe sur sa détermination réelle et sur les raisons profondes qui le poussent à s'engager dans une aventure aussi risquée. En réaction, Cirrus s'isole et s'apprête, avec l'aide d'un impitoyable mentor, à tenir coûte que coûte une promesse faite à son ami le plus cher. Alors que va s'achever le délai imparti, un évènement imprévu survient qui l'entraîne très loin de ce projet.

    La dernière voie de Nimbus relate deux années de la vie de Cirrus, un jeune venu s'installer après une déception sentimentale dans la petite de ville de Luchon. Il découvre les Pyrénées, est initié à l'alpinisme, franchit le seuil des vingt ans, rencontre l'amour, fait une promesse qui engage sa vie, découvre qu'on peut être seul au milieu de tous, croise la mort et l'interroge sur le sens de l'existence.

    Un roman de montagne ? Certes, il en a bien des attributs. Mais par-delà les catégories, un roman tout court, où la dimension poétique ne cède rien à la dimension sportive, et susceptible de séduire un vaste public.

  • «?Les enfants des paysans envahissent les villes, qui doivent faire face à la plus formidable vague d'immigration de leur ­histoire - des dizaines de fois plus importante que celle des ­réfugiés, dont l'arrivée occupe aujourd'hui les gros titres des ­journaux. Ces exilés ont laissé derrière eux des ­millions de maisons vides, dont certaines deviennent des maisons ­secondaires, afin de permettre aux nouveaux citadins de croire qu'ils ont toujours un lien avec la terre, avec l'existence d'autre­fois?; lien purement imaginaire, Frédéric en a la conviction. Cependant, c'est vers l'une d'elles qu'il a choisi de rouler...»
    Frédéric Bataille, jeune compositeur, vient s'établir dans la maison familiale de Camporeils, dans les Pyrénées catalanes. L'occasion de se plonger dans l'histoire de sa famille. L'amertume de Louis, les regrets de Jeanne, la jalousie maladive de Marie, ne sont-ils pas autant de symptômes de la «?malédiction des Bataille?» que le grand-père croyait avoir rompue en permettant aux siens d'échapper à la condition de paysans??
    Dans ce premier roman, Olivier Szulzynger s'interroge?: peut-on se soustraire aux malentendus et névroses qui structurent une histoire familiale et la constituent en ­destin??

    Olivier Szulzynger, originaire de Perpignan, est éditeur et ­scénariste.

  • « À cent mètres derrière lui, un grand loup gris, à peine visible entre deux arbres, fixait Luca. Son regard perçant et son imposante stature auraient fait peur à n'importe qui, ce loup était bien plus grand que n'importe quel loup et sa beauté imposait le respect. Leurs regards se croisèrent et pendant quelques secondes Luca eut la sensation que ce loup magnifique le jaugeait, le testait, il eut la sensation que ce loup le connaissait. Luca n'avait pas peur, au contraire un bien-être s'installa en lui, une chaleur lui traversa la poitrine, le ventre, une émotion intense le fît trembler, puis, en un éclair le loup disparut. »

  • Río Vero

    Pierre Minvielle

    1966 : Une équipe de randonneurs s'attaque à l'exploration du Rio Vero, une rivière d'Aragon très mal connue à l'époque. Où se cache sa source ? Que renferment les canyons dans le secret desquels s'enfonce le cours d'eau ? Au fil des explorations, les explorateurs réalisent la première traversée des quatre canyons du rio Vero et découvre l'existence de peintures préhistoriques à l'aspect indéchiffrable.
    Pierre Minvielle raconte de façon vivante les péripéties qui ont marqué cette aventure. Fréquentant ces territoires depuis plus de 60 ans, il en est la mémoire vivante. Il en résulte un récit vif et distrayant qui intéressera tous ceux -ils sont nombreux- qui s'intéressent à l'Aragon et aux canyons du Rio Vero.
    Pourquoi avoir attendu si longtemps pour raconter cette exploration ? Parce que les témoignages archéologiques ainsi découverts étaient fragiles et l'on pouvait craindre le vandalisme. Aujourd'hui, ces précieux vestiges sont enfin protégés. Ils sont classés par l'UNESCO au Patrimoine Mondial de l'Humanité. L'auteur qui a découvert ces vestiges peut raconter.

  • Scènes de la vie dans un refuge de haute montagne, où le gardien est un héros du quotidien.À quelques kilomètres à vol d'oiseau de la station de Cauterets, le refuge des Oulettes de Gaube est, en été, accessible en trois heures de marche par un sentier qui s'élève en douceur dans un paysage verdoyant. Ce refuge de cent places est fréquenté par des "randonneurs du dimanche", qui font souvent là leur première incursion en haute montagne. Pour eux, l'arrivée aux Oulettes constitue un but en soi et, parfois, un véritable exploit. Mais le refuge est également planté au pied du Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises (3 298 m), dont l'impressionnante face nord est convoitée par des alpinistes de tous pays, pour qui les Oulettes est une base de départ vers les voies d'ascensions et les sommets. Comment cohabitent dans les mêmes dortoirs, aux mêmes tables de réfectoire, ces deux populations qui n'ont pas grand-chose en commun, voire qui n'ont que dédain l'une pour l'autre ? Hôte de ces lieux, le gardien tente de faire le lien entre les deux communautés. Éclairer les profanes sur les règles de la vie en refuge, renseigner les alpinistes sur l'état de la montagne et ses dangers, communiquer les prévisions météo, porter secours aux blessés, des victimes d'entorses aux survivants d'avalanches : le gardien doit se mettre au niveau de tous les publics. À cette mission s'ajoutent ses tâches quotidiennes : il est cuisinier, hôtelier, plombier, couvreur, alpiniste, homme de ménage, menuisier, électricien, etc., et sur ses épaules repose le bon fonctionnement du refuge, compliqué par l'altitude et l'isolement. Sans parler de la fatigue occasionnée par des journées qui commencent souvent à 4 heures du matin, au départ des premières cordées, pour se terminer à 23 heures, après la vaisselle et la comptabilité !

  • La restitution des premières mutations économiques, sociales, voire politiques de l'enfance de notre monde.

  • Jambons, saucisses, fromages et autres produits du terroir, êtes-vous en péril ? Vins, viandes, volailles, êtes-vous moins bons aujourd'hui qu'il y a dix ans ? Avalons-nous réellement n'importe quoi et n'importe comment ? La catastrophe est-elle au bord de l'assiette ? Non, explique Elisabeth de Meurville. Cessons de nous laisser démoraliser par quelques critiques gastronomiques grincheux ! Et de sous-estimer les vertus de notre cuisine ! En France, il est possible de se régaler, à condition de savoir choisir. Et de ne pas se laisser piéger par certaines idées reçues. Il n'est que temps de partir à la redécouverte de nos produits. Ne permettons pas aux Cassandres de nous gâcher les plaisirs de la table.

  • Unité prestigieuse de la Résistance, le Corps Franc Pommiès a joué un rôle déterminant dans la libération du sud-ouest de la France. Exécutant, de décembre 1942 à août 1944, 750 opérations de sabotage et 102 embuscades, le Corps Franc Pommiès rejoint la 1re armée française, se bat avec héroïsme à Autun, dans les Vosges, en Alsace, en Allemagne, à la Pointe de Grave et défile à Berlin en 1945. Selon Gabriel Delaunay, chef régional des Mouvements Unis de la Résistance, « le Corps Franc Pommiès n'est pas seulement la plus exceptionnelle unité de la Résistance Française. Il est plus que cela. Il est la résistance dans sa pureté originelle, la résistance sans arrière-pensée et sans calcul, la résistance spontanée née d'un refus du fond des êtres. » De son côté, le maréchal de Lattre de Tassigny écrira : « Le Corps Franc Pommiès, unité très manoeuvrière et ardente, incarne l'esprit offensif des troupes du Sud-Ouest. »

  • Un fabuleux trésor se trouve caché dans les ruines maudites. La légende prétend que tout ceux qui, jadis, l'ont approché, disparûrent mystérieusement. Gilles, un jeune colon de treize ans, du centre de vacances de Mérigneux, ne saurait se laisser décourager par cette histoire sordide. Rémy, le moniteur, doit le surveiller de près. Mais l'enfant n'a pas dit son dernier mot... Olivier, un autre colon, que Rémy a rejoint à Montendre, semble être malmené par la vie. Heureusement, le moniteur multiplie les jeux et les farces pour lui redonner le moral. Gilles, qui a échappé à la vigilance de tous, va connaître la peur de sa vie, se maudissant de son audace. Rémy, qui n'est pas au bout de ses surprises, découvre son demi-frère...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un fabuleux trésor se trouve caché dans les ruines maudites. La légende prétend que tout ceux qui, jadis, l'ont approché, disparûrent mystérieusement. Gilles, un jeune colon de treize ans, du centre de vacances de Mérigneux, ne saurait se laisser décourager par cette histoire sordide. Rémy, le moniteur, doit le surveiller de près. Mais l'enfant n'a pas dit son dernier mot... Olivier, un autre colon, que Rémy a rejoint à Montendre, semble être malmené par la vie. Heureusement, le moniteur multiplie les jeux et les farces pour lui redonner le moral. Gilles, qui a échappé à la vigilance de tous, va connaître la peur de sa vie, se maudissant de son audace. Rémy, qui n'est pas au bout de ses surprises, découvre son demi-frère...

  • Viollet-le-Duc a dit un jour : « On fait habituellement trop bon marché des dispositions stratégiques dans les forteresses du Moyen-Âge. On les étudie séparément, avec plus ou moins d'attention, mais on tient peu compte de l'appui qu'elles se prêtaient pour défendre un territoire appartenant à un même suzerain ou à des seigneurs alliés en vue d'une défense commune. » Raymond Ritter tente d'y remédier ici, en nous présentant les forteresses construites par l'un des hommes les plus extraordinaires du XIVe siècle. Son ouvrage est, pour partie, extrait de la Revue Régionaliste des Pyrénées.

  • Viollet-le-Duc a dit un jour : « On fait habituellement trop bon marché des dispositions stratégiques dans les forteresses du Moyen-Âge. On les étudie séparément, avec plus ou moins d'attention, mais on tient peu compte de l'appui qu'elles se prêtaient pour défendre un territoire appartenant à un même suzerain ou à des seigneurs alliés en vue d'une défense commune. » Raymond Ritter tente d'y remédier ici, en nous présentant les forteresses construites par l'un des hommes les plus extraordinaires du XIVe siècle. Son ouvrage est, pour partie, extrait de la Revue Régionaliste des Pyrénées.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Gérard, ouvrier typographe à Tourcoing (Nord), entre un jour dans un commissariat en déclarant : « Je viens de tuer un homme. » Toute la procédure judiciaire, la garde à vue, l'incarcération, le procès, le jugement le replongent dans un passé que les aveux exigés, les confidences extorquées éclairent et obscurcissent tour à tour. Gérard va revivre son enfance bousculée, son adolescence besogneuse et son entrée difficile dans la vie. Cet itinéraire nous est conté avec beaucoup de force et de chaleur. La lucidité comme la compassion, voire l'ironie, président à l'atmosphère du récit. Au tribunal de la mémoire : une histoire ambiguë et vraie qui touche par sa clarté et sa sincérité.

  • Paul Henri Stahl, d'origine roumaine et Français d'adoption, professeur à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris depuis 1969, consacre l'essentiel de ses recherches à l'analyse des sociétés européennes et méditerranéennes telles qu'elles se sont développées au cours des siècles derniers. Son enseignement et ses travaux portent sur l'architecture populaire et la structure des sociétés traditionnelles, la vendetta, la propriété primitive, la religion populaire. Il aborde ici le thème de la propriété dans ses rapports avec la communauté, les techniques de culture du terrain à l'intérieur des sociétés tribales et des sociétés paysannes, mettant en évidence d'intéressantes exceptions.

  • Un projet comme seuls peut-être peuvent avoir les plasticiens : dans sa radicalité, son évidence, sa folie, et ce qu'il faut bien appeler sa beauté. Porter des lettres grandes comme un homme au sommet d'une montagne, et déposer le mot Poésie au pied des aiguilles d'Ansabère, en vallée d'Aspe, à même la neige des Pyrénées. Projet né de rencontres près de Pau, en 2009, autour des lectures dans le Jurançon, puis qui surgit sur une photogravure et grandit peu à peu - avant de prendre corps l'automne 2010, au cours d'une expédition. Cinq hommes habillés de noir, chacun une lettre de leur taille en bois rouge sur le dos, ont gravi la montagne : pour seulement y placer le mot de Poésie, et dans le renversement de la dernière lettre, celui de Poésia.
    il dit : « ça aurait pu s'appeler : `à vol d'oiseau'»
    elle dit : «la réalité n'est jamais aussi linéaire...»
    il dit : «seul le projet l'est...»
    un silence
    elle dit : «ce serait trop simple.»
    le projet est un cours d'eau
    cherchant son lit
    dans des montagnes de réalité.
    La force des plasticiens, ce en quoi ils nous sont si essentiels, réside, on le sait, dans le geste qui nous rend visible le monde - celui qui ne se contente pas de le représenter mais dont sa figuration décile nos vieux regards, renouvelle en retour la réalité. Mais quand ce geste est une intervention sur le monde, c'est, plus que cela, une véritable question que pose `l'installation' (comment nommer cela ?). Question déjà posée peut-être, mais en d'autres termes, par les artistes du LandArt dans notre rapport à l'espace et au temps, la remise en cause des contours de l'oeuvre et de ses frontières avec le monde. Mais question ici reprise dans le geste d'écrire : ce en quoi l'art seul peut se saisir de lui-même dans ses propres surgissements.
    Le projet `Poesie/Poesia' de Dimitri Vazemski n'est pas l'objet véritable du livre que l'on propose ici : pour cela, on invite à se rendre sur les pages web dédiés (le blog qui a servi de carnets de route, et le site désormais ouvert où l'on peut voir l'installation et ses photographies dans sa totalité). Non, le livre que propose l'artiste à la collection Portfolio est le chemin qui a conduit à l'oeuvre, quand bien même ce chemin s'est énoncé après elle. En reprenant les traces, c'est aussi une approche de l'acte de lire et d'écrire : de lire le réel, d'écrire le monde, d'écrire sur lui : c'est aussi un récit d'apprentissage de ce qui est moins un geste d'appropriation du langage qu'une manière d'éprouver sa relation au monde et aux signes qu'on écrit à sa surface. Sous le titre que figure le mot Poésie, la surface de la terre comme couverture de l'oeuvre : comme désignation aussi - ou sa légende ?
    On ne s'étonnera pas de voir, sous le narration de ce projet, une manière pour le plasticien de se lire aussi, et de lire d'autres textes, ceux qui incitent à écrire et à marcher, deux mouvements ici conjoints, voire confondus : dans l'épaisseur des signes, on rencontre sur la route qui mène aux sommets (ou du moins, juste avant de basculer de l'autre côté de la frontière, juste avant le passage à la ligne), les noms de Mallarmé, de Lorca (le texte est ici traduit en espagnol par Mathias De Breyne), et ceux qui connaissent le travail de Dimitri ne seront pas étonnés de trouver aussi la figure bienveillante du vieil Hugo....
    Enfin, comme en surplomb de tout le travail, cette phrase de Duras que l'artiste a voulu prendre au pied de la lettre, pour le défi peut-être qu'elle pose quand on affronte ainsi la langue à l'expérience de marcher sur le monde, pour la beauté du geste, et parce que ces mots contiennent sans doute l'exigence de la poésie :
    "Quand j'écris sur la mer, sur la tempête, sur le soleil, sur la pluie, sur le beau temps, sur les zones fluviales de la mer, je suis complètement dans l'amour."
    Arnaud Maïsetti
    & Jérémy Liron
    ________________________________
    Bio :

    "le jubilant Dimitri vazemsky" (Haydée Saberan, Libération), "possède surtout le talent rare de savoir marier la rigueur du récit à la magie d'images poétiques" (escales des lettres), "pour Vazemsky l'écriture et l'édition sont devenues une seule et même aventure, placée sous le signe de la rencontre et des voyages (le comptoir du livre, liège) "inclassable vazemsky... Ecrivain? Editeur ? Plasticien ? Dilettante professionnel ou guetteur de sens? Tout cela à la fois? On cherche ses livres côté librairie, on les retrouve côté galerie ou musée. on pense qu'il joue avec les mots, et le voilà occupé à jongler avec les images, des photos, à composer de savoureux livres-objets. Bref il cultive l'ecclectisme" (Pays du nord) "Mille projets sont déjà en route. "(Le vrai Journal) "L'homme qui veut écrire une phrase de deux kilomètres de long sur une plage du nord (Stéphane Paoli, France Inter), "n'en est pas à son coup d'essai" (Marie claire)" Il est une sorte de Sophie Calle au masculin" (Geoffroy Deffrennes, La voix du Nord) "un drôle de passionnant jeune homme" (François Reynaert, le Nouvel Obs).
    Le livre ici devient un élément parmi un tout, une tentative de reconstruction de l'expédition/exposition/expérience... le site liste lui toutes les traces photos qui elles se chargent de poser ce qui a eu lieu, assez objectivement, juste avec le cadrage photo...
    le livre, ainsi dégagé de cette fiction, est devenu un lieu personnel, de ressenti autour du projet, un "état" comme on dit en gravure...
    D. W

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