Anamosa

  • Richard Gasquet a connu les espoirs de la jeunesse, un début de gloire, l'abîme, quelques déroutes aussi, des renaissances. Il a beaucoup joué au tennis, surtout.
    Jean Palliano fait le récit de ce roman d'initiation qu'est devenue, à certains moments, la vie même de Richard Gasquet en mêlant analyses, faits historiques et souvenirs personnels.
    " Il lui en fallait et il lui en faut toujours, de l'espace et de la place, à Richard Gasquet, il lui en faut, des aises et de longs mètres carrés de recul sur l'aire d'un court de tennis, pour qu'il puisse développer ses grands mouvements compliqués, ses gestes savants qui ne ressemblent qu'à lui, que personne d'autre ne peut tracer et réaliser à sa place, avec, à chaque fois, une longue boucle qui s'ouvre et cherche loin derrière la tête et qu'il lui faut vite parachever, terminer à toute vitesse en accélérant la frappe. "

    Richard Gasquet a développé durant sa carrière un style original où le classicisme de sa gestuelle soutenait son efficacité. Mais juste avant de dominer totalement cette façon de jouer au tennis, il connut l'abîme, quelques déroutes aussi, des renaissances. Surtout, il a beaucoup joué contre lui-même.
    Dans cet essai, rythmé comme un match, Jean Palliano dispute de longs échanges avec son sujet et déploie le récit de ce roman d'initiation qu'est devenue, à certains moments, la vie de Richard Gasquet.

  • Les hommes du ministère

    Léonard Vincent

    • Anamosa
    • 28 Novembre 2019

    Dans une capitale d'Afrique, des silhouettes rasent les murs, un homme écoute la radio, pendant qu'une Land Rover roule trop lentement et que le Chef, " grand bras affectueux et sourire de requin ", assiste aux cérémonies officielles qu'il méprise. Telle est l'atmosphère glaçante de cette dictature ordinaire, " inspirée des faits réels " comme on dit.
    Dans une capitale d'Afrique, une Land Rover roule trop lentement, des silhouettes rasent les murs, un homme fait semblant d'écouter la radio. Et le Chef, ce " géant courbé avec un sourire irrésistible, de grands bras affectueux et des yeux de requin ", assiste aux cérémonies officielles qu'il méprise souverainement.
    Telle est l'atmosphère glaçante d'une dictature ordinaire : les sourires mièvres et les ors de protocoles minables sont lourds de menaces, le sentimentalisme, l'apparente normalité recèlent une tension sourde et fatale. Une mouche qui vole, la canicule, la transpiration, la paralysie même qui saisit le ministre Omer Hassan et le fonctionnaire Nebsi ont un air de déjà-vu. Léonard Vincent emprunte dans son récit l'imaginaire du roman d'espionnage, mais les ressorts codifiés de la peur contaminent aussi le réel. Chaque jour dans les démocraties occidentales, il arrive de s'asseoir dans le bus à côté de ces " évadés " venus chercher asile et protection, petits soldats hagards de la comédie du pouvoir.

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