• Le 12 avril 1978, une série de tableaux enflamme les enchères chez Sotheby's. Pourquoi son acheteur choisit-il de rester anonyme ? Qu'a-t-il à cacher ? Quarante ans plus tard, à New York, madame Janik conserve précieusement les toiles dans son modeste appartement. Sur chacune d'elles, une adolescente blonde, à la beauté froide et envoûtante, dont le mystère lui résiste encore. Mais lorsque la vieille dame solitaire se prend d'affection pour Ethan, son jeune voisin, elle accepte pour la première fois de partager les terribles secrets de son passé.
    De Kalisz à New York, de Lódz´ à Dresde,
    Le Fil rompu épouse les séismes de l'histoire et embrasse le destin contrarié de trois générations de femmes à travers une fresque éblouissante qui délivre du silence les âmes emmurées par les tragédies du XXe siècle.

  • " Tu as voulu me tuer... Tu es comme ton père... Va-t'en de chez nous, maintenant ; je ne veux plus jamais te voir ici. " Tobie Ruau, né en 1895, est chassé à dix-sept ans par son parâtre de l'Essert-d'en-Haut, en Suisse. Il se met en quête de son père biologique et traverse l'océan pour le rejoindre aux États-Unis et tenter d'y vivre le rêve américain. Son chemin lui fait rencontrer un autre immigré, Isaac Milstein, toujours habité par sa femme et son fils disparus lors de la fusillade de l'escalier d'Odessa en 1905. Tobie parcourt la quasi-totalité d'un siècle violent et déchiré, où les hommes n'ont jamais autant cherché à devenir plus humains mais ont abdiqué leur humanité. C'est un être assumant tout ce qu'il a été qui se confie, dans les dernières années de sa vie, à son arrière-petit-neveu Jonas, offrant à celui-ci, par ses récits et ses confidences, de revivre ses aventures, ses combats, sa soif de justice, ses désillusions et de s'interroger sur lui-même, " car ce que sont les autres, c'est nous ". Dans ce magnifique roman d'aventures et de méditations, rédigé comme un western initiatique, Jean-François Haas donne toute la mesure de ses grandes qualités de narrateur, habile à manier plusieurs destins, et d'humaniste hanté par la question du mal et du salut.
    Jean-François Haas est suisse. La plupart de ses précédents livres (cinq romans et un recueil de nouvelles, tous publiés au Seuil) ont été couronnés de prix ; certains ont été traduits en allemand et en roumain.

  • En vérité

    Yves Gaudin

    En terrain glissant
    Ancien flic au Quai des Orfèvres, Émile Blanchard broie du noir. Et c'est peu dire quand on sait qu'il a pris l'habitude de traverser chaque jour la nationale, dans l'espoir qu'un conducteur providentiel le percute. Mais entre sa vie privée qui allait à vau-l'eau et une enquête sur un triple meurtre sordide, Blanchard a fini par perdre pied. Jusqu'à commettre l'irréparable...
    En vérité est un roman féroce et jubilatoire. De magouilles en violences, de désillusion en désespérance, au rythme de son phrasé affûté, Yves Gaudin nous livre une réflexion aussi implacable que politiquement incorrecte sur la condition humaine.

  • Coeurs à panser
    Monsieur K est un richissime collectionneur d'art français. Pourtant derrière la gloire, Viktor cache un lourd passé familial. Réfugié en France, son père, d'origine allemande, avait accumulé des toiles volées pendant la Seconde Guerre mondiale. À sa mort, elles sont toutes saisies par la police à l'exception d'un Renoir, dont la vente, vingt ans plus tard, assure à Viktor sa fortune. Aujourd'hui, en dépit de son opulence, il est seul et atteint d'un cancer incurable. Cette condamnation scelle son désir de réparer les fautes commises. Après maintes recherches, il retrouve le Renoir, le rachète, et décide de le restituer aux héritiers légitimes qu'il est parvenu à localiser en Israël. Lors de son enquête, il fait la rencontre de Giorgia, dont la simplicité bouleversante l'émeut. Mais parviendra-t-il à devenir un homme meilleur avant que sonne le glas ?
    Monsieur K est le récit d'une quête de rédemption. Mais peut-on jamais réparer le passé ? L'intrigue s'inspire de nombreuses affaires de tableaux volés à des familles juives, qui attendent toujours que justice soit faite. Viktor incarne ici cette conscience morale gangrénée par ses erreurs qui ira jusqu'au bout, pour mourir en ayant accompli son devoir envers l'humanité.

  • « Elle entend des voix familières, celles de ses frères et de sa mère, une voix familière dans une situation incongrue : son père parlant chinois. Elle entend des lamentations et des encouragements, des haussements de ton et des hésitations. Ça vit, dans ce salon. C'est délabré comme jamais, pourri, rôti, ça pue pas mal, mais ça vit vraiment, dans ce salon, et ça se mélange. Elle ne prête plus attention à ce qui est dit, elle se réjouit seulement de ces allées et venues de vibrations dans l'air, de toute cette vie contenue dans ces discours. »
    Janvier à Genève. Trois frères et soeurs ont inscrit le grand appartement familial sur un site afin d'accueillir des voyageurs pour quelques jours. Leur première invitée est Victoria, une jeune anglaise en quête d'aventure. L'appartement se remplit au rythme des arrivées alors que dehors le climat se dégrade. Bientôt, une tempête de neige va bloquer tout ce petit monde à l'intérieur, les forçant à s'organiser... Entre réflexion sur la décroissance et comédie enjouée, Guillaume Rihs signe un premier roman plein de charme et de fantaisie.


  • Un Jules et Jim balkanique et déroutant.

    Trois amis partent pour un mariage en Macédoine.
    Lui ne voulait pas y aller, mais George et Paul l'ont convaincu.
    Alors il est parti.
    Et tout s'est détraqué avec l'alcool, la paresse et Gaïa, une femme aux cheveux noirs, à la nuque très fine.
    Avec George, ils la séduisent, puis l'emmènent dans leurs rêveries et leurs mélancolies, jusqu'à Istanbul.
    Le triangle amoureux prend des allures de tragédie.
    Celui qui ne voulait pas y aller n'en reviendra pas complètement.
    Roman d'atmosphère, servi par une écriture tenue au plus près des sentiments, Aux noces de nos petites vertus nous entraîne dans une sorte de Jules et Jim balkanique et déroutant.

  • Un homme est mort : " notre ami ". Trois personnes : " mon voisin " et " ma voisine ", mariés, et le narrateur, passent la journée de l'enterrement à revisiter leur enfance et leur jeunesse pour essayer de mieux comprendre celui qui fut leur ami, son amour pour Gabriella, et son dernier coup de folie : participer sur Internet à des enchères pour acheter la petite ville de Buford, aux États-Unis. De la cérémonie religieuse du matin jusqu'à la soirée dans le bureau de leur ami, en passant par la collation qui suit l'inhumation, puis par une promenade sur les lieux où ils jouaient enfants et une conversation dans le jardin de " ma voisine ", leurs souvenirs reconstruisent leur passé. Ainsi revivent-ils une histoire d'amour qui a bouleversé leur jeunesse, mêlée à des instants d'histoire des années 1960-1970 dans une petite ville de Suisse paisiblement xénophobe.
    Jean-François Haas est Suisse. Il a publié quatre romans au Seuil, Dans la gueule de la baleine guerre, J'ai avancé comme la nuit vient, Le Chemin sauvage et Panthère noire dans un jardin, couronnés de plusieurs prix littéraires et tous chaleureusement accueillis.

  • La mondialisation. Elle a aujourd'hui ses théoriciens - économistes, sociologues, politologues, philosophes -, ses supporters et ses détracteurs - éclairés et myopes, radicaux et tempérés -, ses profiteurs et ses victimes - au Sud comme au Nord. Elle a aussi désormais son romancier. Comme on le verra très vite, l'auteur ne garde pas ses convictions dans sa poche, mais il refuse tout manichéisme. Son engagement pour la justice n'a d'égal que le souci de faire "sentir" au lecteur ce qu'est la mondialisation concrètement vécue aussi bien par les victimes que par les décideurs des multinationales et les militants de l'antimondialisation. C'est en Inde, à Bombay, qu'a lieu la rencontre improbable de ces divers acteurs, et d'autres encore : petites mendiantes, truands sans pitié, religieux de toutes appartenances, sans oublier la princesse et le prophète. Dans ce roman aux nombreux rebondissements, la pauvreté, la violence et le sordide côtoient le luxe, l'immoralité ou l'inconscience des nantis, mais aussi la sincérité, le courage et l'engagement de quelques-uns, en particulier de Joseph Jesudasan, qui risque sa vie dans ce combat. L'issue, on le verra, est à la fois tragique et ouverte sur l'avenir, S. Keshavjee se refusant à enfermer le présent dans les impasses du moment. Mais comme pour le dialogue des religions dans Le Roi, le Sage et le Bouffon, il peint avec talent et profondeur le tableau contrasté de la mondialisation.

  • Schlott

    Eléona Uhl

    Uppercut littéraire
    Deux femmes, deux maisons, deux vies que tout oppose. Et pourtant si proches...
    Avec cet unique nom, Bernadette, comme point d'ancrage, Schlott nous plonge dès les premières lignes aux confins d'un esprit schizophrène, dual et violent, qui se poursuit lui-même, se perd jusqu'à se mutiler.
    Le récit suit le discours emmêlé et capricieux de la narratrice, qui s'immisce dans les pas de son double, qui l'espionne à longueur de journée, envie sa vie de femme libre et décomplexée, et la jalouse à s'en rendre malade.
    Le roman se déroule au gré d'un jeu de questions-réponses entre la narratrice et un tiers, réceptacle des propos incohérents, entre la malade et son médecin, entre l'auteur tapi et le lecteur en quête. Saura-t-on jamais la vérité ?
    Bercé par ce fil de confidences, on pénètre sur la pointe des pieds dans cet univers instable, dangereux, qui nous enfonce toujours plus avant dans une folie contagieuse. Schlott est un texte brut, brutal et envoûtant, qui aspire dans son sillage, comme une marée montante, pour finalement se retirer en vagues régulières et nous laisser sonnés sur le banc sablonneux.

  • " Je rêve, Joseph, il ne me l'avait jamais encore confié, d'écrire un petit roman là-dessus quand la guerre sera finie, Albert et Jean ça s'intitulerait peut-être, mais comme la mort serre déjà sur nous le joyeux rictus de ses dents nues, je voudrais mourir avec ces images devant les yeux si ...- Arrête de me rhétoriquouiller tes discours à la noix, mais ça a bien fini par t'arriver et tu seras désormais pour l'histoire (comme je le lirai sur la tombe de tes parents, gravé en lettres gothiques dorées - pauvre hommage d'impuissant amour, cet or, à celui qui est mort et que notre amour n'a pu sauve...) :
    Ihr Sohn
    Friedrich Emmanuel
    1921 – 1944
    in Russland gefallen "
    Le narrateur, vieillard au seuil de la mort, se souvient de sa guerre qu'il a vécue dans l'horreur, enrôlé dans l'armée allemande, avec deux jeunes gens de son âge. L'un d'eux a été tué par un éclat d'obus. C'était le plus raffiné des trois, qui tentait d'échapper à la dégradation humaine en pensant à Dürer et à son frère. Les deux survivants, prisonniers de guerre, vont tenter de poursuivre ce rêve de sublimation en se racontant, à partir d'un document de la Renaissance et de reproductions de tableaux, un roman. Et à présent, un demi-siècle plus tard, ce livre parlé, le vieil homme aimerait l'écrire, comme un gage de sa fidélité à ses compagnons.
    De nationalité suisse, Jean-François Haas est enseignant. Né en 1952, il a fait ses études au Collège de Saint-Maurice et à l'Université de Fribourg où il a suivi les cours de Jean Roudaut. Il vit à Courtaman... Dans la gueule de la baleine guerre est son premier roman.

  • Il y a cinquante ans, dans un village, un enfant de treize ans s'attache à une petite fille de son âge, Myriam, qui est recueillie dans un orphelinat. Elle est " misée ", c'est-à-dire adoptée comme servante dans une ferme. Le narrateur vit dans une famille d'ouvriers. Il s'amuse avec un petit italien, Tonio, lui aussi isolé. Il sympathise avec des ouvriers italiens, Angelo et Enzo, qui construisent un barrage. Mais Myriam se confie à l'enfant et lui révèle qu'elle est harcelée sexuellement par le grand-père de sa famille d'accueil. Elle disparaît...
    Sous le regard d'un enfant qui mêle la réalité à des jeux de guerre, un crime monstrueux est commis. Mais l'eau noire du silence se referme sur le mal.

  • Dans un pays imaginaire, un guide, fait visiter sa ville à des touristes en autocar. Une voix s'adresse à lui, chargée de reproches et d'encouragements en même temps, décrivant des tableaux, des paysages, des destins. La guerre et la déportation sont évoquées, mais aussi des éléments familiaux, des amitiés. D'autres personnages apparaissent en arrière-fond, écrivains, observateurs : un philosophe, un poète, des figures de fiction qui dessinent un univers préromantique. On est dans un monde en décomposition. Tout parle de souffrance. Jean-François Haas invente un pays, sa culture, son passé, pour décrire notre présent.

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