Langue française

  • PRIX MEDICIS ETRANGER 2020

    Muni d'un carnet, d'une paire de ciseaux et de son smartphone, Antonio Muñoz Molina marche dans Paris, New York, Madrid, Lisbonne. Au fil de ses pérégrinations, des silhouettes surgissent tandis que d'autres s'esquivent et, soudain, au détour d'une ruelle, apparaissent Baudelaire, Edgar Allan Poe ou Fernando Pessoa.
    Les pages s'écoulent au rythme de la vie, tel un immense collage de tout ce que le promeneur voit et entend : affiches, prospectus, bruits omniprésents des conversations, vacarme de la rue. Animé par la tentation de tout écrire - ce qu'il a vécu, écouté, rêvé, souffert, aimé ou lu -, Antonio Muñoz Molina laisse courir la mine de son crayon et, sublimant les rebuts de notre civilisation avide et destructrice, compose « le grand poème de ce siècle ».
    D'une voix profondément ancrée dans le moment présent, cet éloge érudit de la flânerie nous invite à regarder et à écouter d'une autre façon, et à célébrer la variété du monde.
    Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

    À propos de l'oeuvre d'Antonio Muñoz Molina :
    « Un équilibriste au sommet de son art. » Le Journal du Dimanche
    « L'auteur démontre avec justesse le pouvoir de la littérature, de l'imaginaire, seul instrument valable pour reconstruire une vie. » Le Nouveau Magazine littéraire
    « Antonio Muñoz Molina subjugue en écrivant comme les musiciens peuvent improviser : à coups d'envolées lyriques et d'embardées inattendues, mais avec une précision à couper le souffle. » Le Point

  • 1961. L'espion britannique Alec Leamas et son amie Liz Gold trouvent la mort au pied du mur de Berlin.
    2017. Peter Guillam, fidèle collègue et disciple de George Smiley dans les services de renseignement autrefois surnommés " le Cirque ", est tiré de sa retraite en Bretagne par une lettre de son ancien employeur, qui le convoque à Londres. Pourquoi ? Ses activités d'agent secret pendant la guerre froide le rattrapent. Des opérations qui firent la gloire du Londres secret vont être minutieusement décortiquées par une nouvelle génération qui n'a que faire des luttes menées jadis par les Occidentaux contre le bloc communiste. Quelqu'un doit payer pour le sang des innocents sacrifiés sur l'autel de l'intérêt général.
    Entremêlant le passé et le présent pour laisser chacun raconter son histoire, L'Héritage des espions est un roman éblouissant de virtuosité. Ultime hommage au héros indestructible George Smiley, il marque la consécration d'un écrivain prodigieux.
    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin
    John le Carré, né en 1931, a étudié aux universités de Berne et d'Oxford, enseigné à Eton, et a travaillé pour le renseignement britannique pendant la guerre froide. Depuis plus de cinquante ans il se consacre à l'écriture et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles.
    Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.
    " Un livre rare, dont la lecture change notre vision du monde. Implacable, profondément subtil, superbe. " William Boyd, The New Statesman
    Ce roman est l'affirmation d'une longue et exceptionnelle vigueur créatrice. " The Observer
    " Si vous êtes novice, commencez par ce livre, et bienvenue sur les terres de John le Carré ! " Financial Times
    " L'Héritage des espions livre enfin au lecteur les pièces longtemps manquantes d'un puzzle. Le Carré s'empare avec panache d'un classique écrit par ses soins qu'il détourne allègrement. Comme les bons vins, son écriture s'est enrichie avec le temps. " The Times

  • Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya. Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain d'une organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l'époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile.
    Sa quête l'entraîne à Londres, puis à travers l'Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu'au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime. Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d'étranges alliances politiques.
    Et tandis que s'éveille la conscience de Justin, tandis qu'il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu'à achever la mission qu'elle s'était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu'il n'a guère eu le temps d'aimer.
    La Constance du jardinier mêle l'histoire bouleversante d'un homme grandi par la tragédie et l'impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l'un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

  • Dans comme un collégien, smiley repart en guerre et reprend sa longue marche vers l'insaisissable karla.
    Et cette lutte par moments tourne à l'obsession : dans l'ancien bureau de son chef, control, smiley a fait accrocher une photographie de passeport, fortement agrandie. c'est karla, dont l'effigie, exposée ainsi, est comme ces figurines de cire sur lesquelles les sorciers exercent leurs talents. dans l'extrême-orient pris dans la tourmente de la guerre, sur les plages sans fin du schleswig-holstein et dans les salons douillets du quartier des ambassades à berne, le duel se poursuit sans répit.
    Echappant à l'espace confiné des bureaux où les services secrets livrent leur obscur combat, comme un collégien, deuxième volet de la " trilogie de karla ", est un des romans les plus riches que le carré nous ait donnés.

  • Voyou

    Itamar Orlev

    Lorsque sa femme le quitte, emportant loin de lui leur jeune fils, Tadek voit sa vie se lézarder, rattrapée par la solitude. Son frère et ses soeurs sont depuis longtemps partis d'Israël, et sa mère, face à son désarroi, n'a qu'une rugueuse indifférence à lui offrir. Il n'a plus pour compagnie qu'un fatras de souvenirs, de cauchemars - et un fantôme, celui de son père, qu'il n'a pas revu depuis vingt ans. Sur un coup de tête, Tadek décide alors de quitter Jérusalem pour retrouver ce dernier, qui croupit dans un hospice de Varsovie. Nous sommes en 1988, et la Pologne est grise derrière le rideau de fer.
    L'homme qu'il découvre n'est plus que l'ombre du personnage flamboyant qui a marqué son enfance. Stefan Zagourski était jadis un ogre, une force de la nature, un séducteur - et un monstre. Il buvait, vitupérait, cognait, faisait régner la terreur au sein de sa famille, qui a préféré le fuir en émigrant, et l'oublier. Aujourd'hui, c'est un vieil homme pitoyable aux portes de la mort, à moitié impotent, rongé par l'alcool, les rancunes et la rancoeur, hanté par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale dont il fut à la fois une victime et un bourreau. Une semaine durant, incapables de s'aimer, incapables de se haïr, père et fils vont se confronter et affronter ensemble les spectres du passé, à la recherche d'une impossible réconciliation.
    Pour son entrée en littérature, Itamar Orlev, récompensé en Israël par le prix Sapir du meilleur premier roman, signe une magnifique histoire de filiation. Une histoire d'amour. Une histoire de la violence.

  • La taupe

    John Le Carré

    Il est devenu évident que quelque part au plus haut niveau des services de renseignements britanniques se trouve un agent double : une " taupe " profondément installée par le centre de moscou.
    C'est george smiley, un des cinq principaux agents secrets, le plus brillant peut-être et le plus compliqué de tous, qui est chargé de débusquer la taupe dans les obscurs labyrinthes du monde de l'espionnage international et de la détruire.
    John le carré nous donne ici une vision totale du monde des services secrets.
    La taupe, premier volet de la " trilogie de karla ", est l'oeuvre d'un témoin lucide et passionné de son temps, qui a eu l'art, en trois romans éblouissants d'intelligence, d'évoquer tout un pan de notre histoire, celui de la guerre froide.

  • A sang perdu

    Rae Delbianco

    " Un premier roman incandescent qui évoque un jeune Cormac McCarthy. "
    Philipp Meyer, auteur du Fils
    Depuis la mort de leur père, Wyatt et Lucy vivent isolés sur le ranch familial de Box Elder, Utah. Jusqu'au matin où leur troupeau de bétail est décimé par une gamine sauvage au regard fiévreux, un semi-automatique dans une main, un fusil de chasse dans l'autre.
    Rendu fou par la perspective de perdre la terre de ses ancêtres, Wyatt s'engage dans une course-poursuite effrénée : douze jours à parcourir sans relâche un monde cauchemardesque, peuplé de motards junkies, de cartels de drogue sanguinaires et de coyotes affamés, au risque de s'éloigner à jamais de la seule personne qu'il ait jamais aimée.
    Western d'apprentissage électrique au cœur de paysages grandioses et inhospitaliers, odyssée mythique où chacun lutte pour sa vie, haletant du premier coup de feu à la dernière insolation, À sang perdu est la révélation d'une voix puissante de la littérature américaine.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Théophile Sersiron
    Rae DelBianco a grandi en Pennsylvanie. À l'âge de 14 ans, elle s'est lancée dans l'élevage de bétail. Après avoir obtenu son diplôme à l'université Duke en 2014, elle a suivi des cours d'écriture à Londres. Elle s'est ensuite installée dans le New Jersey avec sa grand-mère de 88 ans pour pouvoir écrire. À sang perdu est son premier roman.

  • Disgrâce

    John Maxwell Coetzee

    Âgé de 52 ans et deux fois divorcé, David Lurie enseigne la poésie romantique et la communication à l'université du Cap. Encore jeune de corps et de cœur, ce Don Juan du campus se laisse aller à un dernier élan de désir, d'amour peut-être. Mais la petite étudiante se moque bien de Wordworth et de Byron et l'aventure tourne mal. Convaincu de harcèlement sexuel, David Lurie démissionne.
    Réfugié auprès de sa fille Lucy, dans une ferme isolée, il tente de retrouver un sens au seul lien qui compte encore à ses yeux. Mais les temps ont changé. La fracture sociale est arrivée jusqu'au cœur de ce pays et la violence n'épargne pas les campagnes. L'idylle pastorale tourne au cauchemar.
    Aussi sombre que magnifique, l'élégie cynique de J. M. Coetzee jette une lumière glacée et crépusculaire sur la nation arc-en-ciel et consigne l'avènement d'un nouvel âge de fer
    L'oeuvre de J. M. Coetzee a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2003.

  • " Du monde secret que j'ai connu jadis, j'ai essayé de faire un théâtre pour les autres mondes que nous habitons. D'abord vient l'imaginaire, puis la quête du réel. Et ensuite retour à l'imaginaire, et au bureau devant lequel je suis assis à cet instant. " John le Carré
    Depuis ses années de service dans le renseignement britannique pendant la Guerre froide jusqu'à une carrière d'écrivain qui l'emmena du Cambodge en guerre à Beyrouth après l'invasion israélienne de 1982, en passant par la Russie avant et après la chute du mur de Berlin, John le Carré s'est toujours placé au cœur de notre histoire contemporaine. Dans ce livre de mémoires inédits, il relate d'une plume aussi incisive que drolatique et avec la subtilité morale qui caractérise ses romans les événements dont il fut le témoin. Qu'il décrive le perroquet d'un hôtel de Beyrouth imitant à la perfection le crépitement des mitraillettes ou les premières notes de la Cinquième de Beethoven, sa découverte des charniers du génocide rwandais, son réveillon du Nouvel An 1982 avec Yasser Arafat, la sagesse du génial physicien Andreï Sakharov, sa rencontre avec deux anciens chefs du KGB ou avec l'humanitaire française qui lui inspira l'héroïne de La Constance du jardinier, son regard est souvent caustique, toujours pénétrant.
    Mais surtout John le Carré nous dévoile son parcours d'écrivain sur plus de six décennies et sa quête infatigable de l'étincelle humaine qui a insufflé tant de vie et de cœur à ses personnages de fiction.
    John le Carré, né en 1931, a étudié aux universités de Berne et d'Oxford, enseigné à Eton, et a été membre du service du renseignement britannique pendant la Guerre froide. Il se consacre à l'écriture depuis plus de soixante ans et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles.
    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin
    Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.

  • Dans les années quatre-vingts, un homme s'embarque dans un long voyage pour fuir les troubles du Pékin communiste. Il suit la piste d'une mystérieuse montagne et traverse une Chine méconnue, infiniment riche, qu'il n'imaginait pas. À la recherche de lui-même, son voyage est aussi spirituel et philosophique. Un roman poétique, teinté d'autobiographie, considéré comme l'un des chefs d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

  • Séfarade

    Antonio Munoz Molina

    Séfarade, c'est la patrie de tous les accusés, exilés, bannis, chassés de leur quotidien, de leur maison, de leur terre et qui, où qu'ils se trouvent, sont à jamais des étrangers.
    Séfarade, c'est la patrie de la mémoire, celle des disparus, morts ou vivants, personnages réels ou imaginaires réunis par la fraternité et la solidarité d'un écrivain.
    Séfarade, ce sont dix-sept chapitres racontant chacun une histoire différente, toutes traversées par des motifs, phrases, personnages qui assemblent un discours dont le thème central est la persécution.
    À travers la voix émouvante et forte d'Antonio Muñoz Molina résonnent celles de Primo Levi, Franz Kafka et Milena Jesenska, Willi Münzenberg, Evguénia Guinzbourg, Margarete Buber-Neumann, mais aussi l'attente d'une femme qui ne revit jamais son père, les nostalgies de Mateo le cordonnier, la folie amoureuse d'une nonne ou encore le souvenir d'une rescapée des geôles argentines. Autant d'êtres détruits au plus intime d'eux-mêmes par l'Histoire.
    Ce livre magnifique brise les limites de la fiction en même temps qu'il les transcende. Et comme toujours sous la plume de ce grand écrivain espagnol, matière humaine et matière narrative se fondent en des pages d'une beauté inouïe.

  • Chien blanc et balançoire

    Mo Yan

    Au canton nord-est de Gaomi, le pays littéraire de Mo Yan, les histoires deviennent paraboles et légendes. Chien blanc et balançoire est le premier récit ainsi ancré dans sa terre, dans les souvenirs de sa jeunesse. Très vite, d'une nouvelle à l'autre, il mène son lecteur dans un monde outré, violent, souvent décalé, où le comique grossier fait, paradoxalement, surgir une étonnante finesse de sentiments. De La Femme de Commandant à Grande Bouche (la " grande gueule " de Mo Yan en jeune narrateur), il nous fait rire aux larmes, rêver, et comprendre la dure réalité de son temps.
    Mo Yan, en conteur hors pair, nous guide sur les chemins de sa terre natale dans une farandole débridée. Ces nouvelles sont le point de départ, on pourrait dire la mise en bouche, des longs romans qui suivront et du " réalisme hallucinatoire " qui a fait sa marque.
    Mo Yan, né en 1955, le plus célèbre des écrivains chinois, est aussi l'un des maîtres du roman contemporain. Son œuvre considérable, dont le Seuil a publié plus de vingt romans, nouvelles et essais, est traduite dans le monde entier.
    Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2012.
    Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro
    Chantal Chen-Andro a été maître de conférences en littérature chinoise à l'université Paris VII. Elle a traduit les poètes chinois contemporains et de nombreux ouvrages de Mo Yan, dont les grands romans Le Supplice du santal (2006), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et Le Clan des chiqueurs de paille (2016).

  • Harry Pendel, enfant illégitime d'ascendance-irlandaise, propriétaire charismatique de Pendel & Braithwaite Co., Limitada, tailleurs près de la royauté sis à Panama, est contacté un jour par le mystérieux Andrew Osnard, jeune espion sans scrupules chargé de suivre l'évolution du paysage politique, en prévision de la rétrocession par les Américains au canal de Pananma à midi le 31 décembre 1999.Osnard, qui sait tout du passé trouble de Pendel et de ses difficultés financières du moment, l'oblige par chantage à devenir son informateur. Qui mieux que Pendel, dans la boutique duquel défilent jour après jour tous les hommes qui comptent au Panama, pourrait en effet le renseigner sur les bruits de couloir et les rumeurs. Mais Pendel, en vrai bon tailleur au boniment bien rodé, va prendre la mesure des enjeux et, plutôt que de simplement recouper ses informations, décide de se mettre à broder, ourler rapiécer, bâtir à grands points ses rapports et finalement redessiner de pied en cap la silhouette d'un panama interlope.Sur la foi de ces chimères, son épouse, son meilleur ami, sa fidèle employée mais aussi les diplomates britanniques, les militaires américains et les barons de la finance et de la presse internationales vont bientôt se retrouver pris dans une énorme affaire géopolitique dont aucun ne sortira indemne.

  • À la fin de 1936, Ignacio Abel, architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte l'escalier de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté. Hanté par les récriminations de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita, il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine. L'auteur le regarde prendre le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l'Hudson, Reinheberg, et reconstruit au cours d'un époustouflant va-et-vient dans le temps la vie d'Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène rétrograde et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques. Au long de ces mille pages d'amour et de guerre, les personnages de fiction mêlent leur vie à celle des hommes politiques et des écrivains de l'époque. Dans ce chef-d'œuvre intimiste et charnel, Antonio Muñoz Molina fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine.
    Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon
    Né à Ubeda, espagne, en 1956, Antonio Munoz Molina est l'un des plus grands écrivains de langue espagnole. Son oeuvre romanesque, réunie au éditions du Seuil, a reçu de nombreux prix littéraires en Espagne, dont le Prix national de littérature. et en France le Prix Femina étranger. Il est membre de la Real Academia Espanola.

  • Le 4 avril 1968, James Earl Ray assassine Martin Luther King à Memphis et prend la fuite. Entre le 8 et le 17 mai de la même année, il se cache à Lisbonne où, en 2013, Antonio Muñoz Molina part sur ses traces et se remémore son premier voyage dans la capitale portugaise, alors qu'il essayait d'écrire son deuxième roman, L'Hiver à Lisbonne, une histoire d'amour sur fond de musique de jazz et de roman noir. La fascinante reconstruction des jours de l'assassin croise alors le propre passé de l'auteur, et les deux récits alternent, avec Lisbonne pour épicentre. L'un, autobiographique, relate, sur un mode très personnel et intime, l'apprentissage de la vie et des mécanismes du roman ; l'autre, à la manière d'un thriller, témoigne de ce qu'est la création romanesque, quand, fondée sur le réel, elle va au-delà des faits pour pénétrer dans la conscience des personnages. Pour entrer dans le mystère de l'univers mental de l'assassin, Antonio Muñoz Molina imagine ses obsessions, assiste à ses déambulations nocturnes dans les bars et les hôtels de passe, le suit pas à pas aux États-Unis, au Canada, au Portugal, et revient à Memphis afin de comprendre pourquoi James Earl Ray, certain que l'on peut impunément tuer un Noir militant des droits civiques, appuie le canon de son fusil sur la fenêtre des toilettes d'une pension misérable et exécute Martin Luther King sur le balcon du Lorraine motel. Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon Antonio Muñoz Molina, né à Úbeda en 1956, est reconnu dans le monde entier comme l'un des plus grands écrivains de langue espagnole. Il est l'auteur d'une quinzaine de romans, de deux recueils de nouvelles et de nombreux essais et écrits journalistiques. Il a reçu de nombreux prix, dont le prix Jérusalem et le prix Príncipe de Asturias pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Dans une chambre d'hôtel de Madrid, Santiago Biralbo, pianiste de jazz, raconte par bribes à un ami l'histoire de son amour pour Lucrecia, commencée cinq ans plus tôt à Saint-Sébastien, au Lady Bird. Quinze jours de passion fulgurante, le brusque départ de Lucrecia pour Berlin, quelques lettres, et le silence. Un vide que ne parvient même pas combler la musique, car au Lady Bird Santiago Biralbo avait eu la révélation qu'il ne pourrait désormais jouer du piano que pour être écouté et désiré par elle, l'aimée disparue dans les brumes du nord.
    Puis la réapparition soudaine de Lucrecia, mêlée au vol d'un tableau, un accident - peut-être un meurtre -, une passion qui s'achève à Lisbonne dans une reconnaissance mutuelle, et un homme qui surmonte la solitude finale dans la certitude obscure qu'il n'y a ni souffrance ni bonheur mais un destin inscrit dans la douceur sauvage et âpre de la musique, et qu'il importe peu, dès lors, d'être mort ou vivant.
    L'Hiver à Lisbonne, hommage d'Antonio Muñoz Molina aux films noirs américains et au jazz, publié aujourd'hui dans une nouvelle traduction, est aussi une des plus belles histoires d'amour de la littérature contemporaine.

  • Issa, jeune musulman russe affamé, arrive clandestinement à Hambourg en pleine nuit, avec autour du cou une bourse renfermant une somme substantielle d'argent liquide et les reliques d'un passé mystérieux.Annabel, jeune avocate idéaliste travaillant pour une association d'aide aux immigrés, se jure de sauver Issa de l'expulsion, au point de faire passer la survie de son client avant sa propre carrière.Tommy Brue, patron sexagénaire d'une banque anglaise en perdition sise à Hambourg, détient les clefs de l'héritage interlope du père d'Issa.Ces trois âmes innocentes forment un triangle amoureux désespéré, sur lequel vont fondre les espions de trois nations différentes, tous résolus à marquer des points pour leur camp dans la guerre avouée contre le terrorisme et la guerre inavouable entre leurs services respectifs.Peuplé de personnages inoubliables, Un homme très recherché fait la part belle à un humour caustique, tout en entretenant une tension croissante jusqu'à une scène finale poignante. Cette oeuvre pleine d'une profonde humanité, ancrée dans les turbulences de notre époque où des forces en constante mutation se percutent partout dans le monde, révèle une vision d'ensemble réfléchie, sombre, impressionnante de logique et d'acuité.John le Carré est né en 1931. Après des études universitaires à Berne et Oxford, il enseigne à Eton, puis travaille pendant cinq ans pour le Foreign Office. Parmi ses derniers livres parus, La Constance du jardinier a connu un grand succès international et a été adapté à l'écran par Fernando Meirelles. Un homme très recherché est son vingt et unième roman. Il est commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.Mimi et Isabelle PerrinAprès une carrière musicale dans le jazz, Mimi Perrin entre en traduction dans les années 70, signant notamment la traduction française de La Couleur pourpre, d'Alice Walker, et reçoit en 1999 le prix Halpérine-Kaminsky, consécration pour l'ensemble de sa carrière.À partir 1986, elle traduit à quatre mains avec sa fille Isabelle, agrégée d'anglais, docteur ès lettres et maître de conférences à l'université Paris 3. Le duo est la voix française de John le Carré depuis La Maison Russie, en 1989.

  • 2008. Le rocher de Gibraltar, joyau des colonies britanniques, est le théâtre d'une opération de contre-terrorisme menée par un commando anglais et des mercenaires américains. Nom de code : Wildlife. Objectif : enlever un acheteur d'armes djihadiste. Commanditaires : un ambitieux ministre des Affaires étrangères et son ami personnel, patron d'une société militaire privée. Kit Probyn, un diplomate candide, est sommé d'être le téléphone rouge du politicien. L'opération est si délicate que même le secrétaire particulier du ministre, Toby Bell, est tenu à l'écart.2011. Kit Probyn, désormais retraité, convoque Toby Bell dans son manoir de Cornouailles. Toby doit choisir entre sa conscience et sa loyauté de serviteur de l'État. Or si la passivité des hommes honnêtes suffit à faire triompher le mal, comment pourra-t-il garder le silence ?D'une actualité brûlante - l'affrontement entre chrétienté et islam -, Une vérité si délicate, vingt-troisième roman de l'auteur, est percutant, resserré comme un poing. Magistral.Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle PerrinJohn le Carré, né en 1931, a étudié aux universités de Berne et d'Oxford, enseigné à Eton, et a été membre du service du renseignement britannique pendant la guerre froide. Depuis cinquante ans il se consacre à l'écriture et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles.Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.Extraits de presse :« John le Carré transcende la simple littérature de genre et marquera l'histoire comme peut-être l'écrivain le plus important de la seconde moitié du XXe siècle. » Ian McEwan« Le Carré opère ici un retour aux sources. Jubilatoire, subtil, ce roman est le plus marquant de ses oeuvres récentes. » The Times« Le meilleur roman de John le Carré ! La cible choisie est atteinte : raconter une histoire palpitante sur les affaires étouffées par l'État, sur la conscience individuelle et sur le devoir envers son pays. » New York Times« Dans Une vérité si délicate, la tension monte à mesure que les révélations s'enchaînent. Le Carré, fin analyste du monde contemporain, sait provoquer tout en donnant à réfléchir. » The Independent« La voix de le Carré est aussi reconnaissable que celle de Dickens ou de Jane Austen : souvent imité, jamais égalé, il a créé son propre univers d'espions pathétiques, d'amants perfides, d'anciens élèves d'écoles privées rongés par la culpabilité, de figures d'un establishment impitoyable aussi séduisantes qu'immorales. » Financial Times

  • Cadix 1811. Joseph Bonaparte est sur le trône d'Espagne et le pays lutte contre l'occupation des armées napoléoniennes. Mais dans la ville la plus libérale d'Europe, les batailles sont d'une autre nature. Des jeunes filles y sont brutalement assassinées à coups de fouet, à l'endroit exact où tombent les bombes françaises. Ces meurtres tracent sur la ville une carte sinistre, un échiquier sur lequel la main d'un joueur invisible semble déplacer ses pions selon les lignes de tir, la direction des vents, ou de savants calculs de probabilités, scellant le destin des personnages : un policier brutal et corrompu, l'héritière d'une importante compagnie de commerce maritime, un corsaire prêt à risquer sa vie par amour, un taxidermiste misanthrope et un excentrique artilleur français.Cadix, ou la Diagonale du fou, narre la fin d'une époque dans une ville énigmatique et ténébreuse sous l'apparente blancheur de ses murs et de sa lumière océane.Traduit de l'espagnol par François Maspero

  • Poussé à enquêter et à résoudre une affaire qu'il aurait pourtant dû étouffer, smiley se retrouve face à son ennemi de toujours karla.
    Mais l'issue du combat entre les deux espions est encore incertaine. pour vaincre, smiley va devoir employer des méthodes qui vont à l'encontre de ses principes, celles-là mêmes qu'employait son adversaire...
    On retrouve ici les ingrédients familiers aux lecteurs de le carré : la tension qui vous dessèche la bouche, le perpétuel sens du paradoxe. et, surtout dans ce troisième volet de la " trilogie de karla ", ce sens de l'humour, cette humanité, cette compassion pour ce que le carré appelle la " condition ambiguë de l'agent secret ", pour ces gens de smiley, ces soutiers de l'espionnage, ces défenseurs acharnés de causes éternellement perdues.

  • Un pur espion

    John Le Carré

    Magnus Pym a disparu ; un vent de panique souffle sur les services secrets de Sa très Gracieuse Majesté. L'honorable espion britannique serait-il un traître, comme les Américains se tuent à le répéter ?
    Comme toujours chez John le Carré, une telle question ne saurait trouver une réponse tranchée. C'est ici la porte du plus fascinant des mondes qu'il ouvre pour ses lecteurs : l'univers intérieur d'un espion, avec ses mobiles secrets, ses démons, ses fêlures.
    Qui est donc Magnus Pym ? Un mythomane engagé dans un double jeu insensé ? Un agent lunatique aux convictions floues ? Un homme, en tout cas, que la personnalité de son père, Rick, escroc de haute volée, a pour toujours marqué.
    Rick vient de rendre l'âme dans les bras de deux prostituées ; Magnus, enfin libre, rompt les amarres et se réfugie dans une pension de famille du Devon. Le voici penché sur son passé, confronté au plus redoutable des adversaires : lui-même - tandis que tous les services secrets, de Prague à Londres, de Vienne à Washington, s'apprêtent à se lancer à sa recherche.
    Alors commence la plus extraordinaire traque de l'histoire de la littérature d'espionnage.
    Ce magnifique roman, qui s'inscrit dans le contexte de la Guerre froide, est, de l'aveu même de l'auteur, son roman le plus autobiographique.

  • Un dramaturge chinois en exil et une jeune juive allemande se découvrent au gré des cicatrices qui dessinent leurs corps. De la profondeur des silences et des tabous, dans la chaleur des corps amoureux, jaillit le récit d'une vie de terreur. Le héros raconte les purges et la barbarie du régime de Mao, mais aussi la fuite et l'espoir...

  • La maison Russie

    John Le Carré

    En ces temps incertains du troisième été de la perestroïka, à Moscou lors de la première " foire audio ", le VRP Niki Landau se voit confier par une superbe Russe inconnue un manuscrit à rapporter en Angleterre et remettre à Barley Scott Blair, éditeur poussiéreux, saxophoniste amateur et pilier de bar avéré. Or ce document contient des secrets militaires qui pourraient changer le cours de l'histoire.
    Pris en main par les experts de la Maison Russie qui l'enrôlent malgré lui dans les Services secrets de Sa Majesté, Blair a pour mission de remonter à la source et de découvrir les intentions cachées de l'auteur, un physicien soviétique surnommé Goethe, par l'intermédiaire de sa jolie messagère, Katia. Mais l'espionnage n'est plus ce qu'il était et le Rideau de fer rouille trop vite aux yeux des faucons de la guerre froide. De Londres à Leningrad et Moscou, Barley Scott Blair devra trouver seul sa propre voie, déchiré entre héroïsme d'un autre âge, idéalisme désabusé et découverte du grand amour.
    Les temps changent, les héros aussi. Témoin éclairé de la nouvelle donne géopolitique dans les rapports Est-Ouest, John le Carré nous livre ici un magnifique roman d'anti-espionnage qui fustige les conservatismes de tout crin.

  • L'Anglais Jonathan Pyne est devenu directeur de nuit d'un palace suisse pour fuir ses démons: la mémoire d'un père héroïque qu'il croit mort au champ d'honneur, sa propre expérience de soldat en mission clandestine en Irlande, son mariage raté, ses angoisses existentielles. Mais, rattrapé par son passé lorsque la femme qu'il aime est assassinée, il se laisse recruter par un agent secret afin de démasquer le commanditaire du meurtre, un milliardaire aussi fascinant que répugnant, qui se livre impunément à des trafics en tous genres.
    Sa dangereuse traque de "l'homme le plus ignoble au monde" l'obligera à s'inventer de multiples avatars au risque de se perdre lui-même, et l'entraînera de la Cornouailles au Québec -en passant par les Bahamas, les Caraïbes et le Panama- mais surtout au coeur des labyrinthes du pouvoir, où se trament des alliances contre nature entre la communauté du renseignement et les barons du trafic d'armes.
    Le Directeur de nuit marque un tournant dans l'oeuvre de John le Carré: premier roman de l'après-guerre froide, il fait la part belle à l'action, menée tambour battant, tout en dénonçant la décadence de Services secrets devenus aussi immoraux que les criminels qu'ils ont pour devoir de pourchasser.
    Traduit de l'anglais par Mimi et Isabelle Perrin

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