Sciences & Techniques

  • Il nous reste dix années pour enfin affronter le monde tel qu'il est, et surtout tel qu'il est en train de devenir, à savoir de moins en moins favorable à nos existences et à celles de l'ensemble des êtres vivants. Dix ans pour nous débarrasser de nos lubies productivistes et consuméristes. Dix ans pour bâtir une société qui sache régénérer une nature en voie de destruction accélérée. Dix ans pour resserrer nos inégalités, tout en redonnant sens à nos existences. Instauration de quotas de consommations, nationalisation des banques, empaysannement de l'agriculture, instauration d'une chambre dédiée aux enjeux de long terme et d'un sénat transformé en chambre des biorégions, réforme du statut des élus et des fonctionnaires : cet ouvrage collectif propose des mesures économiques, institutionnelles et internationales pour réussir à bâtir une civilisation nouvelle.

  • L'univers peut-il être un objet scientifique ? La question s'est souvent posée. Ne représente-t-il pas un objet singulier parmi tous ceux que les scientifiques étudient ? Il est unique, inobservable dans sa totalité et constitue le cadre au sein duquel se situent tous les autres objets. À la suite de la consécration du modèle du big bang, au milieu des années 1960, la cosmologie a quand même fini par être considérée, par la plupart des chercheurs, comme une discipline scientifique à part entière. Mais cette reconnaissance n'a pas éliminé toutes les interrogations à son sujet. En outre, dès le début des années 1980, le concept d'univers a reperdu un peu de sa clarté avec l'introduction du celui de multivers qui est, quant à lui, resté relativement obscur.
    Aussi est-on en droit de s'interroger sur le statut de ces deux concepts d'univers et de multivers. Représentent-ils des objets qui existent ? Ou sont-ils uniquement des fictions heuristiques qui nous permettent de donner du sens à nos observations du ciel ?

  • Cet ouvrage explore la complexité et la richesse de l'événement de la naissance, la diversité des approches sociales et culturelles, la force des enjeux qui en découlent, qu'ils soient psychiques ou politiques. Comment se déroule une naissance, quels soins l'entourent, la précèdent, la prolongent, l'accompagnent ? Quels sont ceux et celles, parents, soignants, figures médicales ou symboliques, mythologiques ou magiques, qui participent à la naissance ou à la renaissance d'un individu ? Autour du paradigme de la naissance, se croisent d'anciennes questions et de véritables défis contemporains autour de la conception et de la fabrication des enfants. Que nous apprennent ceux qui accueillent les nouveau-nés et secondent leurs parents, mais aussi ceux qui entendent dans la souffrance d'un adolescent ou d'un adulte la douleur d'une impossible naissance à soi ?

  • Quelles sont les racines historiques du cataclysme écologique qui se prépare ? Lynn White est allé les trouver dans le puits culturel de l'Occident : le christianisme anthropocentré porte les gènes de l'accaparement et de la destruction de la planète. Sa conférence à l'origine de ce texte a été prononcée le 26 décembre 1966 à Washington, devant l'assemblée annuelle de l'American Association for the Advancement of Science. L'ouvrage s'ouvre sur une introduction de Dominique Bourg à l'article célèbre de Lynn White, repris par la prestigieuse revue Science en mars 1967. Il s'agit de faire comprendre aux lecteurs l'importance de cet article, qui fonde et inaugure la mise en relation de la religion et de l'économie, relation qui inspirera nombre de penseurs contemporains de l'écologie. La deuxième partie n'est autre qu'une traduction du texte par Jacques Grinevald. La troisième partie, par Dominique Bourg, retrace l'histoire des débats critiques auxquels cet article a donné lieu depuis cinquante ans. L'apport de Lynn White est ainsi circonscrit et discuté, et en un sens prolongé.

  • Les professionnels en santé mentale d'aujourd'hui - psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, etc. - sont écartelés entre deux tendances : une approche clinique et empirique issue d'une tradition très riche, notamment en France, qui porte avec elle un savoir et un savoir-faire accumulés pendant deux siècles de pratiques et de débats passionnés sur la psychiatrie et la psychopathologie, et une approche plus mondialisée, à travers les grandes classifications internationales (DSM, CIM), qui propose des modèles cliniques standardisés, se revendiquant « athéoriques » et essentiellement utilisés dans la recherche et l'évaluation des pratiques thérapeutiques.
    Le Manuel de psychiatrie clinique et psychopathologique permet d'aborder ces différentes tendances dans une approche didactique intégrative. Il présente de nombreuses illustrations cliniques, propose des descriptions sémiologiques qui approfondissent les observations de l'exercice quotidien des professionnels et fournit leurs théories psychopathologiques (psychanalytique ou cognitive). En même temps, il indique systématiquement les éléments nécessaires pour faire le lien entre la pratique et les connaissances de la recherche biomédicale. Issu de la tradition psychiatrique française, il montre l'évolution historique des notions utilisées et rend compte de toutes les influences que doit intégrer une psychiatrie « centrée sur la personne », des neurosciences aux sciences humaines.

  • Paru en 1968, Tragedy of the commons est ici pour la première fois traduit dans son intégralité. Garrett Hardin y montre comment une situation de libre accès à une ressource limitée, et pour laquelle la demande est forte, mène inévitablement à sa surexploitation et à sa disparition. Dans une telle situation, le progrès technique devient alors un accélérateur d'épuisement irréversible, et non plus une réponse à un problème. Il apparaît alors - et c'est pour ainsi dire pour la première fois - que certains problèmes ne disposent d'aucune solution technologique, et que les biens communs demandent une gestion et une législation particulières devenues urgentes.

  • Il faut bien le constater, la transition numérique mondiale s'accélère tandis que la transition écologique, au mieux, marque le pas. Cette situation ne sera pas longtemps soutenable. Il importe de se donner le plus rapidement possible un objectif collectif qui corresponde enfin à ce qu'exige l'état de dégradation du système-Terre. Comment concilier une empreinte écologique radicalement réduite avec la pluralité actuelle de nos sociétés et de leur tissu économique ?
    Chercher une voie de sortie, c'est changer de regard : en partant d'où nous sommes, sans nier nos désaccords sur les solutions à apporter, envisageons une pluralité de voies d'expérimentation - des micro-expériences citoyennes de permaculture jusqu'à la production industrielle la plus high tech en passant par les chemins de l'économie sociale et solidaire. À chacune de démontrer que ses solutions permettront d'atteindre l'objectif ultime : une empreinte écologique décroissante pour nous permettre de retourner puis de rester à l'intérieur des limites de la biosphère, sans renoncer à notre modernité, en oeuvrant en faveur d'une priorité environnementale enfin claire et, à terme, libératrice.

  • Un vent de catastrophisme souffle aujourd'hui sur les mobilisations écologistes, et notamment sur sa jeunesse. Parce que nous n'avons pas su nous adapter, l'effondrement à moyen terme de nos sociétés s'est transformé en quasi-certitude. La perspective catastrophiste est loin d'être anodine. Elle fait partie intégrante des théories et des mobilisations écologistes depuis un demi-siècle. Et loin de déboucher nécessairement sur une rhétorique sacrificielle, elle peut constituer un aiguillon démocratique pour aider un collectif à réagencer ses théories, ses pratiques et ses projets politiques dans un sens plus compatible avec la réalité du contexte écologique et matériel qui s'annonce. Elle pourrait enfin permettre aux démocraties modernes de se réinventer par la formulation d'un projet qui, sans renoncer aux idéaux de liberté et d'égalité, prendrait en revanche ses distances avec son imaginaire trop continuiste, dans une forme - à ce jour inexistante - de démocratie post-pétrole et post-croissance.

  • Les possibilités en matière de prédiction génétique, ouvertes par les technologies biomédicales, suscitent à la fois espoir et inquiétude. Elles soulèvent également d'importants enjeux subjectifs car elles interrogent profondément notre rapport à l'origine et notre conception du possible. François Ansermet s'appuie à la fois sur les questions cliniques suscitées par l'usage de la prédiction génétique et sur des références littéraires et mythologiques pour interroger les bouleversements produits et ouvrir une réflexion sur l'impact de ces avancées biotechnologiques. Ce que révèle la clinique, c'est que l'origine peut sans cesse être rejouée dans les tourbillons du devenir. L'enfant ne cesse de s'inventer à travers ses propres réponses, singulières et inattendues. Entre le passé et le futur, la béance du présent offre à chaque sujet la possibilité d'un acte qui l'amène au-delà de ce qui avait été prédit. L'enfant, par ses choix, résiste à ce qui le détermine : son devenir reste imprévisible. Mais du mythe de l'oracle aux cas les plus contemporains de prédiction génétique, l'enfant à naître, dès lors qu'une société prétend le « prédire », nous oblige à une vigilance critique sur le statut des possibles aujourd'hui.

  • L'anthropocène rend la Cité des hommes vulnérable, avec un dérèglement climatique qui globalise les risques de guerres civiles et de catastrophes environnementales. En à peine quelques siècles, la Modernité, qui a fait de l'accumulation sans fin de l'excédent d'énergie la solution pour durer dans la paix, a trahi sa promesse, et éviter l'effondrement de notre civilisation est à présent une urgence collective. Or, la Modernité était déjà une réponse face à un risque antérieur d'effondrement, produit par le gouvernement classique de l'excédent, fondé sur la consumation du trop-plein et incapable de contenir les guerres civiles des XVIe-XVIIIe siècles. Survivre à l'anthropocène revient donc à bâtir un gouvernement enfin durable de l'excédent, c'est-à-dire une théorie de l'écologie politique qui permette à la fois de réduire le risque d'effondrement hérité de l'ère moderne sans pour autant réactiver la menace de guerre civile issue de l'ère classique.

  • En 1687 Isaac Newton a publié son plus important ouvrage : Philosophiae Naturalis Principia Mathematica. La nouveauté de l'apport newtonien est considérable : en soumettant à la seule loi de la gravitation universelle les phénomènes célestes et terrestres, Newton a unifié la physique. Les mêmes principes, les mêmes lois s'appliquent désormais à la terre comme au ciel. Le Cosmos hiérarchisé aristotélicien est définitivement détruit. Ce n'est pas tout. Par-delà ce travail conceptuel extrêmement novateur, le texte newtonien est aussi traversé par un souci d'organisation déductive qui conduit Newton, tout à la fois, à énoncer en pleine clarté les principes qui gouvernent les développements théoriques et à mettre en place les mathématiques qui rendent possibles ces développements. L'oeuvre newtonienne est l'aboutissement des travaux du XVIIe siècle et le point de départ de ce que l'on appelle aujourd'hui la mécanique rationnelle. C'est ce double aspect que cette étude vise à éclairer en analysant à la fois en quoi Newton renouvelle le travail des contemporains et en quoi aussi son ouvrage n'est, par certains aspects, qu'un écrit de la fin du XVIIe siècle.

  • La violence des tensions liées à la situation, malcommode pour le médecin et sidérante pour le patient, d'une annonce de maladie, marque bien souvent le véritable début de la maladie pour le patient et fragilise la relation médicale. Elle est d'autant plus choquante que ce sont ici les mots, qu'on oppose habituellement à la violence, qui ont des effets délétères. Cela explique que la maladie puisse être mal annoncée, ajoutant au mal déjà présent. Il s'agit alors de rappeler que le langage a bien une origine éthique : on parle à autrui dans la perspective d'une sollicitude pour lui. Annoncer demande de renouer sans cesse avec cette origine et exige un engagement à chaque fois renouvelé du médecin, qui doit lui-même être soutenu dans cette épreuve.

  • Les évolutions contemporaines de la médecine, technologiques ou managériales, numériques ou politiques, sapent les conditions d'une médecine authentiquement clinique : il importe alors d'en dégager les lignes de force qui ont traversé les âges, pour déterminer ce que nous voulons vraiment pour demain. Tel est le but de ce livre, qui repart de l'expérience fondamentale du clinicien : la consultation.
    De quoi est faite la consultation ? Quelle crise affronte le thérapeute, quelle réalité délimite son champ d'action ? Comment intègre-t-il le principe d'incertitude? Quelle est la tension entre la créativité de l'intelligence pratique et le refuge dans la standardisation ?
    Refusant la dichotomie stérile entre science et art, l'auteur décrit la clinique comme un ensemble de gestes et de paroles ajustés à une situation singulière, et élabore une conception de l'éthique comme tact. Le traitement du corps est indissociable de l'accueil de la parole, comme sont indissociables l'absence de garantie et la confiance, ainsi que l'autonomie du patient et la liberté du médecin.

  • Le corps, centre névralgique de notre vitalité, conditionne l'ensemble de notre vécu. De fait, qu'est-ce que la maladie, si ce n'est l'entrave de notre puissance d'agir, une atteinte directe à notre « corporéité » ? En parallèle de l'approche classique sur le traitement médical, l'ouvrage développe une nouvelle théorie, s'appuyant sur de nombreuses recherches scientifiques, autour des bienfaits de l'activité physique adaptée, afin de lutter contre les pathologies et les conséquences du vieillissement. Bien plus qu'une simple méthode pour réparer un « corps machine », l'activité physique adaptée permet de saisir la santé comme l'expérience d'un « corps vivant », à la fois individuelle et singulière. Ainsi par-delà ses vertus thérapeutiques, le programme d'APA offre aux patients la possibilité de retrouver le sentiment d'unité et de complétude, abîmé par la maladie.

  • Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l'Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l'emblème d'une négation de l'autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd'hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.
    Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d'astronomie, de géologie, d'histoire naturelle ou sur l'origine de l'homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus connus entre sciences et religions et propose une version oecuménique et édulcorée de l'histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d'imposer sa vision du monde, l'une fondée sur la nature, l'autre sur le surnaturel.

  • Cet ouvrage rend compte de la querelle qui oppose depuis l'Antiquité partisans et contempteurs du végétarisme. Alors que les débats faisaient rage entre les pythagoriciens, notamment, et les stoïciens à propos du droit qu'ont les hommes d'user des animaux et de leurs chairs, l'Église imposa très tôt aux fidèles de ne rejeter aucune nourriture, hors des périodes dites maigres, sous peine d'excommunication. Il faudra attendre les Lumières pour que « renaissent » le végétarisme et l'idée d'un éventuel droit des bêtes à ne pas être pas tuées et mangées par les hommes. Les principales figures de l'éthique animale qui s'inscrivent dans ce sillage prônent aujourd'hui le « véganisme », c'est-à-dire la fin de toutes les formes que peut prendre l'exploitation des animaux, et tout particulièrement l'élevage. De telles positions suscitent des réactions hostiles de la part des industriels, mais aussi des philosophes se revendiquant de l'humanisme. Selon ces derniers, l'intérêt que suscite le mode de vie végane témoignerait même du déclin des valeurs occidentales.

  • Fruit de la science du 19e siècle, canon officiel des savoirs ou idéologie sujette à caution, le structuralisme mathématique, après avoir longtemps imposé ses vues jusque dans les sciences humaines, doit aujourd'hui céder la place. La succession est difficile, mais c'est dans ce nécessaire renouveau de la pensée mathématique que se joue sa légitimité intellectuelle et sociale. SOMMAIREIntroductionI -- Le style en mathématiques II - De Platon à Husserl III -- Les origines des mathématiques modernes IV -- Axomes et intuitions V -- Le courant structuraliste VI -- Structures et catégories VII -- A la rencontre du réel Conclusion -- Index -- Bibliographie

  • Veiller
    C'est la nuit. Un patient m'explique qu'un serpent l'a pénétré par le sommet du crâne. Il ne peut plus se rendormir. Spontanément, je lui réponds que, dans la pharmacie, je n'ai aucun remède contre les serpents. Je me rends compte de l'ineptie de ma réponse. Mais à ma grande surprise cet homme me sourit et repart se coucher. Le mot « veiller » a fait surgir ce récit dans l'écriture du Manuel. Ce mot fait partie du lexique composant l'ouvrage. Manuel pratique, car il vient du soin et y retourne. Il le décrit avec précision, il s'y adresse pour le soutenir. Manuel poétique d'un genre nouveau, car il part des mots relationnels qui éclairent les actes, les gestes, les vies. Ils composent un paysage pour le soin.

  • Il y a aujourd'hui un intérêt passionné pour la question des origines. Mais a-t-on jamais accès aux origines ? L'origine a beau se dérober, elle reste objet de fascination, parce que justement rebelle à la connaissance. Quels mobiles poussent aux recherches impérieuses ceux dont les biographies sont amputées par le secret ou ceux dont l'origine est une énigme ? Quel rôle joue la question des origines dans les passions destructrices, les dérives meurtrières, les romans familiaux que ces interrogations non résolues provoquent ? Philosophes, psychanalystes, historiens, gynécologues, anthropologues donnent de ces questions leur vision originale et mettent en lumière les raisons et les enjeux de ce concept. Ce volume rassemble les contributions du colloque des 5 et 6 décembre 2008.

  • Plutôt que de se joindre au choeur de ceux qui dénoncent le catastrophisme du discours écologique en ne voulant voir en lui que le recyclage culturel de peurs ancestrales, l'auteur de ce livre a choisi de prendre au sérieux le rapprochement proposé entre le discours écologique et les discours qui, à un moment ou un autre de l'histoire, ont cherché à élaborer une représentation de la fin du monde et de l'humanité - de l'Apocalypse biblique à Hiroshima, en passant par le mythe du Déluge et les spéculations des scolastiques sur l'hypothèse de l'annihilation du monde, sans oublier les récits de fiction mettant en scène la disparition de l'humanité dans un monde post-apocalyptique. En prenant ces divers textes au pied de la lettre et en les décomposant en leurs éléments génériques respectifs, la généalogie du discours écologique cherche tout d'abord à mettre au jour un certain nombre d'éléments analogiques, puis à élucider la logique selon laquelle des transferts de schèmes discursifs se sont effectués subrepticement d'un domaine de réflexion à un autre, conduisant parfois à méconnaître la spécificité des problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

  • Depuis les premiers philosophes, comprendre l'univers c'était lui donner un ordre, en faire un cosmos. Les penseurs grecs utilisaient des principes appliqués a priori sur la réalité. Mais la science moderne, surtout depuis Galilée, a quant à elle privilégié l'expérience et le réel sur les principes. Peu à peu, la science s'est imposée pour répondre aux grandes questions de l'homme, dont celle de l'origine de l'univers. Au XXe siècle, un récit complet de l'histoire de l'univers a été élaboré : le big bang. Dès lors, le conflit avec les affirmations philosophiques ou religieuses s'est de nouveau réveillé. La science peut-elle s'imposer face aux croyances révélées ? Le big bang est-il la vérité objective ou une projection de notre idéologie scientifique ? L'ouvrage reprend toute l'histoire de la cosmologie moderne pour en montrer les forces et les faiblesses. Il actualise aussi le débat entre science et religion sur la question des origines. Enfin, il analyse la manière dont la science progresse, construit ses certitudes ou impose ses illusions.

  • Est-ce une sombre dialectique que de vouloir penser le soin à l'ombre de la mort ? La question est médicale, elle est aussi métaphysique. Elle instille au coeur du soin le plus technique, précis et rigoureux, des enjeux éthiques, mais aussi existentiels. Ils lestent la décision médicale et l'agir soignant d'une densité nouvelle : une méditation sur la condition mortelle de l'homme souffrant. Autour d'une analyse de Vladimir Jankélévitch, qui n'a pas connu ce que nous appelons aujourd'hui les soins palliatifs, mais qui a longuement médité sur la mort, médecins, oncologues, sociologues, bénévoles d'accompagnement et philosophes dialoguent et font résonner ses analyses, en leur donnant une nouvelle actualité. En effet, si pour tout homme « mors certa, hora incerta » - la mort est certaine, mais l'heure incertaine -, c'est encore plus vrai lors d'une maladie évolutive et incurable. Entre la certitude du fait et l'incertitude de la date s'engouffre l'espérance indéterminée, avec laquelle l'agir soignant et l'existant malade composent. N'est-ce pas alors le sens du soin que d'être une clinique de l'incertitude ?

  • Catherine Bachelard-Jobard a choisi une approche pluridisciplinaire afin de comprendre, sans aucun manichéisme, si notre société est réellement en marche vers l'eugénisme. En d'autres termes, sommes-nous en train de nous diriger vers un monde d'enfants parfaits procédant de la sélection pré-natale, décidée par les parents et autorisée par la loi ? Les parents peuvent-ils encore choisir de mettre au monde un enfant différent ? Enfin, les barrières posées par le législateur aux désirs individuels sont-elles suffisantes ? C'est ce débat passionnant que l'auteur se propose d'éclairer, à la lumière des origines historiques de ce problème, dans un ouvrage de référence.

  • Peut-on encore qualifier la sexualité féminine de « continent noir » alors que cette thématique a tellement été explorée après Freud ?
    C'est la théorie du monisme phallique qui a été la pierre angulaire de l'approche freudienne de la sexualité féminine, l'envie du pénis étant considérée comme un organisateur psychique pour les deux sexes. Et c'est sur cet ancrage conceptuel centralisateur que les théories de Freud autour de la sexualité féminine ont été particulièrement discutées par ses héritiers. Pourtant, il a lui-même décrit d'autres versants du développement psychosexuel féminin. Et si chacune de ses propositions sur le féminin a donné lieu à débats, son analyse reste incontournable et elle demande à être réexaminée au regard tant de la clinique analytique que de l'évolution des moeurs et du statut de la femme dans notre société.
    Dans cet ouvrage, plusieurs auteurs montrent combien le lien primaire à la mère apparaît comme central pour l'organisation psychosexuelle de la fille - il signe de son empreinte le complexe d'OEdipe de la petite fille, puis marque, chez la femme qu'elle devient, le choix d'objet érotique et le lien à l'homme, et enfin oriente le destin que prend son désir d'enfant. Ce lien précoce, à partir de l'importance qu'il revêt dans la cure, est au centre des réflexions, notamment autour de la prévalence de la dépression dans la population féminine et également à propos d'une question clinique très actuelle : existe-t-il des formes d'angoisses spécifiquement féminines si la femme n'est pas en proie à l'angoisse de castration ? À la suite de quoi, toujours dans le fil de ce lien primaire, de nouvelles hypothèses apparaissent chez plusieurs des auteurs sur les effets de la perte dans la psyché féminine.
    Ces travaux, qui font le point sur les réflexions théorico-cliniques actuelles après un siècle de controverses, contribuent à éclairer de manière novatrice l'approche du noir continent de la sexualité féminine.

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