Langue française

  • Deuxième mille

    Patrick Varetz

    Au flot des mots, à
    la pâte, tu opposes le flux des
    poèmes, leur transparence. Simplicité vide de la
    pensée et de la forme, pâleur de la colère, répétitions,
    tout cela comme inscrit là en creux, presque
    noyé, dans le bref cours des jours.

  • Divers chaos

    Pierre Alféri

    "la honte nous survivra
    nos descendants diront
    enjambaient des corps
    longeaient des familles à terre
    pour faire leurs courses
    ou des as du contrôle
    héros de sf
    parleront de l'époque
    où l'on s'est mis à s'entrevoir
    en mesures de chair
    humaine biomasse
    sans dessin net
    et scruteront les figurants
    au drôle d'accent
    d'une série z en costumes"

    Pierre Alferi.

  • Rien à cette magie

    Suzanne Doppelt

    tu dois jouer pour devenir sérieux celui-là improvise à la fenêtre un enfant bien avisé qui s'amuse avec son pipeau antique c'est un joli jeu solitaire une partie en maniaque

  • Dire ouf

    Frédéric Forte

    DEERHOOF ("sabot de cerf" en anglais) est un groupe de rock "indé" américain créé en 1994 et auteur, à ce jour, de treize albums d'une musique extrêmement originale et captivante, embrassant aussi bien l'art de la mélodie pop que l'expérimentation sonore, le format rock classique ou l'improvisation free en passant par la musique électronique et les « musiques du monde ». Bref, un quatuor qui à chaque nouvel album invente une musique inattendue et fraîche. C'est cette fraîcheur, cette inventivité toujours renouvelées qui ont donné à Frédéric Forte l'envie de prendre Deerhoof comme matière première de son livre. Un livre dont le titre ne pouvait être que Dire ouf - qui est, en français, la manière fautive (le [h] disparaissant) dont le nom du groupe est souvent prononcé. Fait de formes très différentes distribuées au long de trois parties contrastées, allant de poèmes relativement longs et rigoureusement métrés à d'autres très brefs utilisant les paroles du groupe comme une matière à modeler, en passant par une prose inattendue en contradiction apparente avec les autres modes, Dire ouf vise à démontrer l'imprévisibilité du sujet choisi. Dire ouf, c'est peut-être cela en fin de compte : essayer de dire une matière (Deerhoof, l'écriture, soi-même) dans ses transformations.

  • Ce livre fait suite à Les Enfances Chino, roman publié chez POL en 2013.
    À la fin du précédent volume, le "héros", Chino, est parvenu au sommet de la pente dite "enfance". Dans Les Amours Chino, il a basculé sur l'autre versant puis dévalé, longuement, d'adolescence à sénescence, vers les passions (amoureuses, érotiques). Les grandes et les petites. Les « fleur bleue » comme les pornographiques, les durables et les furtives, les douloureuses et les joyeuses, les exotiques et les banales.

    De l'évocation de ces épisodes, toujours datés, Christian Prigent a fait un roman, en dix-huit chapitres. On n'y suit pas l'ordre linéaire du temps. Les actions ne surgissent que sous la dictée d'émotions non assignées à une logique de récit. Plusieurs époques, plusieurs scènes, plusieurs objets d'amour s'y trouvent recomposés sans souci de reconstitution. C'est que tout remonte en vrac du feuilleté de la mémoire qu'on a gardée des corps, des paroles, des sites, des instants. Et s'embrouille dans l'afflux de bien des agitations sensuelles.
    Pour arrêter ce mouvement sur quelques images à peu près nettes et pour encadrer cet afflux, on a voulu une forme découpée en spots brefs, concentrée, régulière : explicitement artificielle.

    Ce pourquoi ce roman est en vers. C'est un vers sévèrement compté - impair, pour éteindre la mélodie trop chantonnée. Ostensiblement rimé (même si parfois de façon acrobatique, voire clownesque). Et emporté par un train obstiné de quatrains (trois à chaque fois).

    Les Amours Chino est le vingt-et-unième livre de Christian Prigent chez P.O.L où il a publié recueils de poèmes, essais et romans depuis 1989, avec le bien nommé Commencement.

  • L'art poetic'

    Olivier Cadiot

    L'Art Poetic' est un recueil de poèmes 'en série qualifiée', sorte de mise en vers de la grammaire du 'bon usage'. Olivier Cadiot s'appuie sur un système de répétition détournée du mot qui prend tour à tour toutes les formes que la syntaxe et le sens veulent bien lui donner. Et des détours par la langue latine, l'Angleterre, la musique.

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