Langue française

  • Connu pour avoir vécu dans une petite maison, au bord du lac Walden, Thoreau n'est pourtant pas le « philosophe dans les bois » ni l'« ermite de Walden » que l'on présente souvent. La lecture de l'abondant Journal, ainsi que de Walden, rédigé alors qu'il était retourné vivre dans la maison familiale, montre qu'il fut essentiellement un homme du village, conscient de la communauté dans laquelle il s'inclut en disant « nous ». À de nombreuses reprises tout au long de sa vie, Thoreau s'est pensé en éducateur, au service de la régénération, de l'élévation de la pensée, preuve de son dévouement à ses concitoyens auxquels il offrait des sujets de réflexion inédits. Cette sélection vise à montrer une facette inédite de ce grand penseur dont l'oeuvre ne cesse d'influencer la pensée contemporaine.

    Homme de lettres et philosophe non conformiste, réfractaire à l'emprise de l'état sur l'individu, mais aussi naturaliste précurseur de l'écologie, Henry D. Thoreau a publié de nombreux ouvrages dont les éditions Le mot et le reste ont entrepris la traduction par Brice Matthieussent, remettant notamment au goût du jour un des fondamentaux de la littérature américaine : Walden.

  • Dans les territoires immenses du Montana, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même, tente de renouer avec ses origines et fouille le passé d'un père décédé et d'une mère internée. Il découvre au fil des jours une vie qu'il ne soupçonnait pas, partagé entre l'admiration et la stupeur. Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est habité par une rage qui le mettra en travers de sa quête et le conduira à commettre l'irréparable. Le lecteur est aux prises avec la rudesse du monde rural et autarcique qui habite cette aventure, ne trouvant du répit que dans les instants où l'osmose avec la nature grandiose du Montana est salvatrice. L'écriture acérée de P. Gain et sa capacité à immerger le lecteur dans son univers permettent le contraste du récit, entre réalisme cru et évasion poétique.

  • Auprès de mon arbre est le journal de construction d'une cabane adossée au tronc d'un majestueux pin sylvestre. À mesure que le projet prend forme, Jean-Luc Muscat plonge à rebours de ses souvenirs à la découverte des premiers émois arboricoles, des jeux perchés de l'enfance, et prend toute la mesure du temps qui passe. Protégée des regards par les branches du résineux, cette cabane est le lieu choisi de l'observation, le pas de la porte offrant une médiation discrète entre son occupant et le paysage. Les saisons se succèdent. La construction de bois devient alors un lieu d'écriture, un port d'attache, mais aussi un moyen de se reconnecter à 'espace naturel et une source d'apaisement. Juché sur les arbres qui ont jalonné sa vie, l'auteur convoque les plaisirs de l'innocence et fait ressortir en nous le désir primitif du refuge.

    Jean-Luc Muscat, né en 1954, a appris le métier de forestier. Il a quitté l'Office National des Forêts très tôt parce qu'il ne parvenait pas à se résigner qu'il lui fallait éliminer les arbres tordus. Aujourd'hui, il se consacre à la marche en solitaire au long cours, et à l'écriture, une passion de toujours, dans une cabane perchée dans un pin sylvestre. Il a déjà publié Voyage du côté de chez moi (2019) et Marcher sur la diagonale du vide (2020) aux éditions Le mot et le reste.

  • Camille ne dort plus. Depuis des semaines, elle flotte et s'accroche tant bien que mal au réel. Il faudra pourtant bien qu'elle dorme pour retrouver une vie «normale», puis la petite Jeanne, surtout. Son frère l'a prévenue : elle reverra sa nièce quand elle sera en état d'expliquer son geste. Camille voudrait bien lui faire comprendre qu'elle ne pensait pas à mal, que leur mère, avant elle, l'avait préparée ainsi au monde des hommes, mais elle sait que ce serait exhiber trop de blessures, et une femme, ça ne fait pas de vagues. Alors c'est d'accord, elle ira consulter Gabriel et sa machine à déchiffrer les rêves. Elle ne voit pas comment il pourrait l'aider là où tant d'autres ont échoué, mais elle veut faire plaisir à son frère, faire plaisir aux autres et ne surtout plus penser au sien.

    Claudine Dumont a étudié la littérature, la psychanalyse, les contes et la scénarisation, enseigne le français au secondaire et fait de la photographie. En 2013, elle publiait son premier roman, Anabiose, traduit depuis dans plusieurs pays.

  • David McCae, écrivain new-yorkais en mal d'inspiration et citadin convaincu doit quitter Brooklyn pour l'Alaska dans le but de terminer les mémoires du gouverneur Kearny. Le politicien visant la réélection, il envoie son porte-plume étoffer l'ouvrage d'un chapitre élogieux : le célèbre alpiniste Dick Carlson, ami de longue date, aurait de belles choses à raconter sur leurs aventures. Direction Valdez pour David, vers le froid, les paysages sauvages et un territoire qui l'est tout autant. Plus adepte du lever de coude que de l'amabilité, l'alpiniste n'en est pas moins disert et David en apprend beaucoup. Trop. Devenu gênant, la violence des hommes, et celle d'une nature qui a préservé tous ses droits, va s'abattre sur lui et l'obligera à combattre ses démons pour survivre.

    Patrice Gain est né à Nantes en 1961. Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, les territoires d'altitude et les grands espaces l'attirent depuis toujours. Il est déjà l'auteur de deux romans aux éditions Le mot et le reste : La Naufragée du lac des Dents Blanches (Prix du pays du Mont-Blanc et Prix « Récit de l'Ailleurs » des lycéens de Saint-Pierre et Miquelon) et Denali.

  • Tous ceux qui se sont intéressés, de près ou de loin, à la vie mystérieuse de l'ours sont finalement tombés d'accord sur les possibilités de l'observer. Ils sont légion celles et ceux qui, par crainte ou par passion, l'ont traqué des vies entières sans jamais le voir. Au risque d'attendre sans succès aux heures crépusculaires, Rémi Huot se doit tout de même d'essayer. Désireux de rencontrer la bête à l'état à sauvage, il part à l'est de l'Europe, marcher à rebours des grands chemins et des lieux communs, dans un pays perdu. Se mettre à la recherche de l'ours, c'est d'abord vivre un morceau de solitude dans les bois et se plier à l'exigence de la marche. C'est prendre les heures d'attente comme autant de chances de ne faire plus qu'un avec l'espace naturel et se dire que la quête se vaut bien à elle seule.

    Après des études universitaires en biologie, Rémi Huot délaisse la profession d'ornithologue pour se consacrer à l'écriture. Elle l'engage sur un chemin plus solitaire, celui des longues marches où la pensée finit par se frotter au monde sauvage. À l'affût des beautés de la nature, il a quitté son Val d'Oise natal pour les Pyrénées-Orientales.

  • À partir de la sélection du volumineux Journal de Thoreau et de Walden, Michel Granger a composé un recueil des principaux textes dans lesquels le philosophe américain de la nature interroge son rapport aux animaux. Alors qu'ils sont disséminés dans son oeuvre, le regroupement de ces extraits présente un panorama cohérent de sa réflexion sur l'animalité ; l'anthologie révèle un intérêt pour ceux que Thoreau appelle ses « voisins », voire ses « amis » ; elle montre la persévérance de sa quête méthodique d'information sur ceux qu'il perçoit comme des semblables. Il faut bien entendre la provocation anticonformiste qui sous-tend la préférence pour les « voisins animaux » et le rejet des habitants de Concord auxquels il reproche d'être englués dans le culte de l'argent et les traditions.

    Homme de lettres et philosophe non conformiste, réfractaire à l'emprise de l'état sur l'individu, mais aussi naturaliste précurseur de l'écologie, Henry D. Thoreau a publié de nombreux ouvrages dont les éditions Le mot et le reste ont entrepris la traduction par Brice Matthieussent, remettant notamment au goût du jour un des fondamentaux de la littérature américaine : Walden.

  • Conçu comme un voyage botanique qui emmène le lecteur sur les cinq continents, Arbres en péril déploie l'histoire de ces migrants végétaux qui au fil des siècles ont agrémenté parcs et jardins, et dont l'avenir à l'état sauvage est largement menacé. Communément plantées dans notre environnement proche, les essences d'ornement peinent à subsister dans leur milieu naturel. Combien de cèdres, de séquoias, de marronniers et de milliers d'autres espèces subissent les nuisances causées par les hommes ? Surexploitation forestière, sécheresse, pathogènes, urbanisation galopante entraînent un déclin massif qui affecte près de la moitié de la diversité arboricole de la planète. Il subsiste toutefois l'espoir que le grand public par son intérêt croissant pour ces grands

    Technicien forestier et ingénieur écologue, David Happe s'investit depuis 25 ans en faveur de l'étude et de la protection de la biodiversité. Au travers de nombreux articles publiés dans des revues à destination du grand public ou des professionnels, il s'est régulièrement attaché à mettre en lumière la diversité et le rôle essentiel de la flore en général et des arbres en particulier.

  • Alexandre Jobin coulait des jours paisibles à Montréal avant qu'un fantôme du passé ne déboule dans sa boutique d'antiquités. Blessée et poursuivie par des hommes de main russes, Julie Dorval tape à sa porte, en souvenir de leurs années de service dans l'armée canadienne. Elle lui raconte le vol d'un lot de pierres précieuses qu'elle a planifié dans la mine qui l'employait et son besoin impérieux de rejoindre LaMecque des diamantaires: Anvers. Traquée par la police, ses patrons véreux et les services secrets français, elle s'envole pour l'Europe, laissant sur sa faim un Jobin prêt à reprendre du service. Heureusement, la DGSE pense qu'il est le seul à pouvoir la retrouver et l'envoie à sa recherche. S'engage alors une course effrénée, parsemée d'affrontements sanglants et de cadavres.

    Dans chacun de ses romans, André Jacques exploite brillamment sa fascination pour le crime et pour le monde de l'art. Dès la parution de son deuxième roman, La Commanderie, le critique Norbert Spehner le range parmi les « incontournables » du polar au Québec. L'auteur a remporté, en 2016 et en 2019, le prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier québécois pour les deux derniers volumes de sa trilogie : La Bataille de Pavie et Ces femmes aux yeux cernés.

  • La vie se déroule paisiblement dans la petite ville québécoise de Mandeville, peut-être un peu trop au goût des quelques commerçants qui tirent la langue devant le manque de clients. Invectivé sur ce point lors d'un conseil municipal, le conseiller Chevalet trouve une solution au problème en tuant accidentellement un voleur de cannabis qui croise sa route. La découverte du corps place Mandeville dans le radar des policiers et des journalistes et les touristes répondent enfin présent, mais le soufflé retombe bien vite. Notre bienfaiteur décide alors de prendre les choses en main : à défaut d'attirer les randonneurs, Mandeville pourrait devenir un lieu de pèlerinage pour les badauds en manque de frissons. Tout ce qu'il faut, c'est que les meurtres continuent...

    Né en France, André Marois habite à Montréal depuis 1992. Après une longue carrière comme concepteur-rédacteur publicitaire, il se consacre aujourd'hui entièrement à l'écriture. Il est l'auteur de plus de trente polars pour jeunes et adultes. En 2015, il a remporté le prix du Gouverneur général pour le roman graphique Le voleur de sandwichs.

  • Les livres de Thoreau restent souvent dans la mémoire par des formules concises, paradoxales et percutantes, destinées à provoquer la réflexion. Ce recueil n'est pas une nouvelle anthologie de ses aphorismes, des joyaux de sa pensée. Trop souvent, ce type de sélection tend à réduire Thoreau à l'ermite de Concord, le moraliste en butte au conformisme de son époque. Le choix d'extraits des Essais, de Walden et du Journal s'est appliqué à fournir le minimum de contexte qui leur donne tout leur sens. L'oeuvre oscille entre l'économie de la vie, son art de vivre, qu'il décrit dans un style incisif, et la nature, partie intégrante de son existence, pour laquelle l'écrivain laisse libre cours à son émerveillement. Cet ouvrage vise à rendre compte de la diversité et de l'originalité de sa pensée.

    Américain dissident, Henry D. Thoreau (1817-1862) est un réfractaire qui se plaît à résister, à suivre son chemin absolu en dépit de tout. Par ses écrits, il met la force tonifiante de sa résistance au service de tous ceux qui veulent garder l'esprit en éveil et maintenir une position critique peut-être plus nécessaire que jamais à notre époque de contrôle soft de l'opinion par les divers moyens d'information ou les « produits culturels ».

  • À l'hiver 2015, Gwenaëlle part trois mois dans le sémaphore de l'île d'Ouessant. C'est pendant, et à la suite de ce séjour, qu'elle écrit ce récit. Là, sous le grand phare du Créac'h, se racontent un voyage immobile et une expérience d'immersion au contact des éléments et des îliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette île du Ponant. On découvre cet espace à part, territoire de l'extrême entretenant un rapport particulier à la noirceur et à la mort. Face à la mer et sous les faisceaux du grand phare, l'auteure vit cette expérience comme une renaissance dans le passage et l'exil que représente l'écriture.

    Gwenaëlle Abolivier est journaliste et auteure. Elle est une voix de France Inter. Elle présente pendant plus de vingt ans des émissions de grands reportages où elle raconte ses voyages à travers le monde. Depuis plusieurs années, elle s'est tournée vers l'écriture littéraire tout en continuant d'intervenir sur les ondes (Radio France et la RTS) et dans différentes revues comme ArMen .

  • Lassée de participer au cirque social qu'elle observe quotidiennement à Montréal, Anouk quitte son appartement pour une cabane rustique au Kamouraska, là où naissent les bélugas. Encabanée dans le plus rude des hivers, elle apprend à se détacher de son ancienne vie et renoue avec ses racines. Couper du bois, s'approvisionner en eau, dégager les chemins, les gestes du quotidien deviennent ceux de la survie. Débarrassée du superflu, accompagnée par quelques-uns de ses poètes essentiels et de sa marie-jeanne, elle se recentre, sur ses désirs, ses envies et apprivoise cahin-caha la terre des coyotes et les sublimes nuits glacées du Bas-Saint-Laurent.

    Gabrielle Filteau-Chiba écrit, traduit, illustre et défend la beauté des régions sauvages du Québec. Encabanée, son premier roman inspiré par sa propre vie dans les bois du Kamouraska, a conquis un vaste public ici et à l'étranger. Avec Sauvagines, son livre suivant (finaliste au prix France-Québec 2020), elle continue son exploration de la place de l'humain dans la Nature.

  • L'oeil américain, cette expression qui dit l'habileté à tout voir, est le titre qui s'impose pour ce recueil inspiré des chroniques radiophoniques de Pierre Morency. Ornithologue et poète, il nous invite à une promenade guidée le long des marais, des forêts, des lacs, des champs, des fleuves et des îles. En partageant ses effusions de joie face aux spectacles de la nature, il nous enseigne à prêter attention à la vie qui croît autour de nous. Chaque chapitre s'attarde sur une espèce animale ou végétale, loue ses nombreuses caractéristiques, s'émerveille de ses instincts : hirondelles, râles, pissenlits, tous sont observés avec la même attention. Une promenade poétique à l'écoute des chants d'oiseaux et des bruissements de la nature.

    en 1942, Pierre Morency est poète, ornithologue et chroniqueur pour Radio-Canada. Considéré comme l'un des plus importants écrivains de sa génération, son savoir se retrouve au coeur de ses textes.

  • À quarante ans, Clio perd son premier procès et par la même occasion son poste d'avocate dans le cabinet de son ex-beau-père. Comme les mauvaises nouvelles n'arrivent jamais seules, sa mère disparaît de l'hospice où elle était internée. Pour la retrouver, elle n'a qu'une piste à suivre, celle d'un notaire de Corse-du-Sud, installé à Cargèse, qui aurait peut-être bien quelques secrets de famille longtemps enfouis sous les mensonges à raconter. Mais l'île ne révèle les confidences qu'au prix fort : des événements inquiétants s'enchaînent autour de Clio. Résister aux silences et avertissements pourrait alors l'amener à dépasser sa propre quête de vérité pour rejoindre la grande Histoire.

    Isabelle Chaumard est auteure de romans, d'articles et essais socio-politiques. Aux éditions Le mot et le reste, elle a déjà publié deux polars, Belles sanguinaires et Le Sacrifié de Castelluccio.

  • 24 juin 2004. Sur la jetée des Saintes-Maries-de-la-Mer se profile la silhouette d'un homme, minuscule. Autrefois nommé Sam Démon, chauffeur de car et pompier volontaire, il a toujours vécu avec sa mère Élise au bord d'une étrange cascade entourée de miroirs, surplombant le village des Eaux-Maigres, dans le Jabron, mais c'était avant le gigantesque incendie qui a éclaté en 2002, aux abords de la petite ferme maternelle. Sur un coup de tête, Sam a usurpé l'identité d'un jeune ornithologue qu'il venait d'échouer à sauver. Mort pour tous, il a cru embarquer pour une vie nouvelle qui se révèle bientôt fantomatique, hantée par les délires d'Élise, créature à l'amour tentaculaire.

    André Bucher est né en 1946. Après avoir exercé mille métiers (bûcheron, docker, berger), il s'installe à Montfroc, dans la Drôme, en 1975, où il vit toujours. Il est l'une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. Il est l'auteur de dix romans dont Fée d'hiver, Un court instant de grâce et La Vallée seule aux éditions Le mot et le reste.

  • Au coeur des Pyrénées, dans la vallée de la Himone, coule la Lisette, cours d'eau paisible dont la beauté n'est altérée que par la présence de l'usine Laely et de ses rejets toxiques. C'est sur la rive, non loin de ce monstre de ferraille, que le corps d'une jeune femme brûlée au troisième degré est retrouvé. L'hypothèse de l'accident chimique est sur toutes les lèvres. Convaincus qu'il ne peut en être autrement, Mélanie, une saisonnière idéaliste en manque de combats, et son compagnon Abdel, ouvrier de l'usine et lascar repenti, vont se mettre en quête d'une justice que personne ne semble vouloir appliquer. Au fil d'une écriture tranchante, une imprévisible spirale de violence va déferler sur les personnages. Seule la nature, majestueuse, pourra rivaliser avec la noirceur de l'âme humaine.

    Né en 1985, Sylvain Matoré est psychologue. Grand lecteur (Steinbeck, Kerouac, Burroughs...) passionné depuis toujours par l'écriture, il est passé par la musique avant de prendre la plume. Il est l'auteur de Cercles paru chez Alma en 2014. Son deuxième roman, Emprisonnés est paru aux éditions Le mot et le reste en 2019.

  • En 1855, l'abolitionniste John Brown quitte sa ferme pour le Kansas afin d'organiser la lutte contre l'esclavage. Thoreau rencontre le capitaine, qui n'hésite pas à tué des colons esclavagistes, en 1857 et en 1859 lorsqu'il vient chercher de l'argent pour ses opérations. Il est finalement arrêté et condamné à être pendu. À travers une tribune d'une quarantaine de pages adressée à ses concitoyens, la presse, les politiques (Plaidoyer en faveur du capitaine John Brown), un texte poétique rédigé pour le jour de son exécution (Le Martyre de John Brown) et un hommage (Les Derniers Jours de John Brown) Thoreau s'engage, à l'opposé de ses postures philosophiques initiales, dans la surprenante réhabilitation d'un fanatique, avant de retourner finalement vers sa préoccupation première : la nature.

    Américain dissident, Henry David Thoreau (1817-1862) est un réfractaire qui se plaît à résister, à suivre son chemin absolu en dépit de tout. Par ses écrits, il met la force tonifiante de sa résistance au service de tous ceux qui veulent garder l'esprit en éveil et maintenir une position critique peut-être plus nécessaire que jamais à notre époque de contrôle soft de l'opinion par les divers moyens d'information ou les « produits culturels ».

  • Bernie et sa femme ne se remettent pas de la mort soudaine de leur fils. La douleur, insubmersible, a eu raison de leur histoire. À quelques encablures de là, Sylvain et Élodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des gilets jaunes. Dans un accès de panique, cette dernière a mortellement renversé la mère du jeune garagiste, qui devra lui aussi composer avec le deuil. Plus bas dans la vallée, Édith fuit vers l'inconnu. Son compagnon a levé une fois de trop la main sur elle mais le hasard la mènera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur. Dans ce nouveau roman, André Bucher déploie une galerie de personnages, unis dans le chagrin, que le hasard des chemins des Alpes-de-Haute-Provence rassemblera, leur offrant un espoir de guérison, une chance de tordre la douleur.

    André Bucher est né en 1946. Après avoir exercé mille métiers (bûcheron, docker, berger), il s'installe à Montfroc, dans la Drôme, en 1975, où il vit toujours. Il est l'une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. Tordre la douleur est son dixième roman.

  • C'est décidé, Tom, Luna et leurs parents descendront le canyon de la Tara en raft. Une belle étape de plus dans leur vie nomade. Pourtant, malgré les paysages monténégrins époustouflants, la complicité familiale et la présence rassurante de Goran, leur guide serbe, la tension envahit peu à peu le canyon et le drame frappe, sans appel. Du haut de ses 15 ans, Tom prend de plein fouet la violence du deuil et de la solitude. Dans l'errance qu'engendre le délitement de sa famille, il découvre la grande douleur, celle qui fissure les barrières et ouvre les portes à ceux qui savent s'engouffrer dans la détresse d'autrui. Mais, en dépit du chaos, Tom ne peut s'empêcher de retracer les événements et le doute s'immisce : ne sont-ils pas les victimes d'une Histoire bien plus grande que la leur?

    Patrice Gain est né à Nantes en 1961. Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, il est déjà l'auteur de trois romans aux éditions Le mot et le reste : La Naufragée du lac des Dents Blanches (Prix du pays du Mont-Blanc 2017 et Prix « Récit de l'Ailleurs » des lycéens de Saint-Pierre et Miquelon 2018), Denali (Prix Lire Élire Nord Flandre 2018) et Terres fauves (finaliste du Prix des Libraires 2019).

  • Ce qui frappe immédiatement quand on le voit, c'est son oeil, manquant. Pourtant Josselin a perdu bien plus pendant son service au Mali. Au moment de rentrer au pays, un souvenir s'impose à lui comme seule source de réconfort, celui d'un lointain été passé à Missoulat, en compagnie de Thomas, Martin et surtout d'Emma. L'été des seize ans. En route pour retrouver ce qu'il reste de sa jeunesse, il fera la connaissance d'Henri, un artiste ferronnier que la vie n'a pas épargné non plus. Bientôt, les problèmes du vieil homme deviennent aussi les siens, et il découvre que même au sein d'une petit ville comme Missoulat, une tragédie politique et familiale peut briser des hommes et des vies. Entre crises post-traumatiques et réglements de compte, sa route vers la rédemption sera longue.

    Né en Corrèze en 1971, Sébastien Vidal est revenu dans son département de naissance après vingt-quatre années d'aventures en gendarmerie. Il ne passe pas un jour sans lire un bon roman et se nourrit de littérature depuis l'enfance.

  • C'est en rêvant devant une carte que l'idée est venue à Jean-Luc Muscat: débuter une randonnée, de Vézelay à Figeac, sans autre moyen de locomotion que ses jambes. Une traversée de ce que les démographes appellent Diagonale du vide. Ce cheminement de 660km s'entortille, entre les chemins balisés, ou non, les routes hostiles aux piétons ou celles destinées aux pèlerins. En suivant cet itinéraire de la solitude, notre observateur traverse des zones à très basse densité de population; peu de commerces, peu de services, c'est à la fois tranquille et austère, poétique et triste, ordinaire et beau. Au plaisir de la marche, se mêle la découverte d'une réalité que le randonneur ne peut ignorer et c'est avec beaucoup de sensibilité qu'il dépeint son expérience à la fois sensorielle et sociale.

    Jean-Luc Muscat, né en 1954, a appris le métier de forestier. Il a quitté l'Office National des Forêts très tôt parce qu'il ne parvenait pas à se résigner qu'il lui fallait éliminer les arbres tordus. Dès lors, il a exercé toute une kyrielle de métiers. Aujourd'hui, il se consacre à la marche en solitaire au long cours, et à l'écriture, une passion de toujours, dans une cabane perchée dans un pin sylvestre. Il a déjà publié Voyage du côté de chez moi (2019) aux éditions Le mot et le reste.

  • Avec ce recueil de nouvelles, le lecteur part à la rencontre du monde et des autres, à Sète, dans le Vercors, à la Pointe du Raz et même à New York, à la recherche de Scarlet Rivera, la violoniste de Bob Dylan. Ahmed Kalouaz entremêle habilement autobiographie et romance, c'est ainsi qu'on découvre avec plaisir quelques expériences d'écrivain, lors d'ateliers auprès de collégiens ou au détour de résidences plus aventureuses, puis qu'on bascule doucement dans la vie d'un jeune prisonnier de retour à Ouessant ou aux côtés d'une femme qui fait face au deuil dans la maison familiale. Ahmed Kalouaz aime bourlinguer et son goût pour l'autre est contagieux. On ressort de ce recueil le coeur gonflé de ses rendez-vous, parfois manqués, de ce que la vie peut nous apporter de tendre ou de sombre.

    Ahmed Kalouaz est né en Algérie en 1952. Il est l'auteur d'une trentaine de livres dont une trilogie sur l'histoire de sa famille, parue initialement au Rouergue puis en poche chez Babel, qui fut un succès tant critique que public. Il vit dans le Gard.Aux éditions Le mot et le reste, il a déjà publié Demain c'est le beau monde (roman), J'arrivais pas à dormir et Sur le bout de la langue (recueils de nouvelles).

  • Alice, la quarantaine passée, secrétaire de la scierie, entend quitter son mari et échapper à la tyrannie de ses frères. Vladimir, le bûcheron clandestin, fuit son passé. Daniel et Richard, deux vieux frères un peu rock'n'roll qui vivent reclus dans la ferme du Val triste, ont des comptes à régler avec leur enfance. Tous vivent dans un coin de la Drôme, déserte et sauvage. Tous sont des échoués. Mais à force de rêves, ces écorchés-volant parviendront à dénouer le fil de leur existence... pour un hiver de toute beauté !

    Écrivain-paysan, André Bucher est né en 1946. Après avoir exercé mille métiers (bûcheron, docker, berger), il s'installe à Montfroc, dans la Drôme, en 1975, où il vit toujours. Il est un des pionniers de l'agriculture bio en France. Il est aussi l'une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. Son écriture mêle célébration de la nature sauvage et étude psychologique en un phrasé scandé, haché, ourlé d'images à l'inquiétante beauté.

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