L'Antilope

  • Un jour, Mike Brant est revenu à Serge Airoldi grâce à une chanson : "Un grand bonheur" (dont est tiré le titre du livre Si maintenant j'oublie mon île).
    Toute une enfance s'est alors levée, et la nécessité soudaine d'enquêter sur un parcours meurtri, une géopolitique du malheur, de Moshe Brand l'enfant du rêve israélien à Mike Brant, la star de la variété des années 1970, jusqu'à son suicide en 1975.
    Moshe Brand est né dans un camp de réfugié à Chypre en 1947. Ses parents, tous deux juifs polonais, ont survécu à l'anéantissement des Juifs d'Europe, ils étaient parmi les seuls survivants de leur famille. N'y a-t-il pas, sous le suicide de ce chanteur usé jusqu'à la corde par ses producteurs, le spectre d'une famille décimée ?

    Serge Airoldi vient d'une famille italienne, a fait des études de lettres, d'histoire et de droit. Il a été journaliste. Il a publié plusieurs textes littéraires depuis 2004 et il collabore régulièrement à des revues, notamment Fario. Il vit et travaille à Dax.

  • Contes juifs : récits de famille Nouv.

    Parus en 1888, ces vingt-six contes juifs sont les seuls textes écrits en français par Leopold de Sacher Masoch.
    Ces petites formes littéraires sont inspirées de contes juifs de l'Europe entière (Alsace, Russie, Pologne, Angleterre, Italie, etc.) et également deux du Moyen-Orient (Jérusalem, Bagdad, etc.)

    Né à Lemberg (aujourd'hui Lviv) alors dans l'Empire austro-hongrois, Leopold von Sacher-Masoch est davantage connu pour sa Vénus à la fourrure que pour ses Contes juifs. Pourtant, il fut dès sa jeunesse un humaniste militant, révolté par l'antisémitisme andémique d'une province qui comptait une forte population juive.

  • Jeudi 10 décembre 1942Est-il normal, en mes meilleures années, de voir cette seule ruelle, ces quelques cours encloses, étouffées ? Je voudrais crier au temps d'attendre, de cesser de courir. Je voudrais rattraper mon année passée et la garder pour plus tard, jusqu'à la nouvelle vie. Je n'éprouve pas le moindre désespoir. Aujourd'hui j'ai quinze ans et je vis confiant en l'avenir.Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil, du soleil...De 1941 à 1943, Yitskhok Rudashevski a vécu le calvaire infligé aux Juifs emmurés dans le ghetto de Wilno. Il livre un témoignage poignant de la vie quotidienne et des aspirations d'un jeune garçon confronté à l'enfermement et aux persécutions. Il sera assassiné le 1er octobre 1943. Son manuscrit a été retrouvé après la guerre dans la cachette où la famille avait espéré échapper à la traque des nazis.

  • Depuis les débuts de l'Antilope, nous rêvons de publier le lumineux discours que le comte de Clermont-Tonnerre prononça en 1789 devant l'Assemblée nationale, à propos de l'accession des Juifs à la citoyenneté. C'est lui qui a dit notamment : "Il faut refuser tout aux Juifs comme Nation, et accorder tout aux Juifs comme individus."À la même époque, d'autres discours montrent une franche hostilité, un soutien total ou de la bienveillance. Nous avons choisi de les publier aussi car ces opinions peuvent éclairer des questions propres à la citoyenneté dans la France contemporaine. Les a priori, les clichés, les convictions toutes faites n'ont guère changé depuis cette époque.

    Il s'agit de quatre députés qui ont siégé aux États généraux de 1789.Stanislas de Clermont-Tonnerre (1757-1792), député de la noblesse. Rejoint l'Assemblée nationale quelques jours après le serment du Jeu de paume.Henri Grégoire dit l'abbé Grégoire (1750-1831), député du clergé, se rallie au tiers état.Anne Louis Henri de la Fare (1752-1829), député du clergé. Quitte la France en 1791 et y reviendra en 1814.Victor de Broglie (1756-1794), député de la noblesse. Guillotiné en 1794.

  • Dibbouks

    Irene Kaufer

    Après le décès de son père, rescapé de la Shoah, sa fille part dans une quête familiale désespérée. Elle découvre un film témoignage de son père dans lequel il raconte avoir eu une enfant avant la guerre, enfant disparue en déportation. Est-elle morte, se demande la narratrice qui, à partir de ce moment, n'a de cesse de la retrouver.Recherches et hasards vont la mener à Montréal où elle rencontre enfin sa demi-soeur, Mariette. Mais leurs souvenirs ne correspondent pas. Au fil du récit, l'histoire du père révèle un homme double.Le lecteur finit par en être totalement troublé.Ce roman renouvelle le genre de la recherche de l'histoire familiale : les doutes de la narratrice deviennent ceux du lecteur.Si les faits sont graves, la manière de les relater est légère, souvent drôle.

    Née à Cracovie (Pologne) de parents survivants de la Shoah, Irène Kaufer est arrivée en Belgique en 1958. Grande militante féministe et syndicale, elle a participé dans les années 1970 à l'aventure de l'hebdomadaire Pour.Déjà parus :o Fausses pistes, polar, Luc Pire, 1995o Parcours féministe, entretiens avec la philosophe Françoise Collin, Labor, 2005o Déserteuses, nouvelles, Academia-L'Harmattan, 2015

  • Le héros, Fred, racaille des banlieues, a appris à maîtriser la langue française en prison. Il emploie les mots justes, parle avec esprit, la ramène souvent, joue les redresseurs de tort et réussit à convaincre même la plus antipathique magistrate.Sorti de prison, il poursuit son idéal : diffuser l'amour de la belle langue à ses "frères" de banlieue et aux femmes qui l'entourent.Mais on découvre, petit à petit, que notre héros est habité par un diable, dans ses relations avec les femmes. Et ça ne s'arrête pas aux mots. Fred s'interroge : quel est ce diable qui l'habite ? La République y serait-elle pour quelque chose ? Il fait appel à ses "frères" pour l'aider.Une plongée au coeur de la banlieue, avec ses jeunes, sa langue, ses mélanges, tout cela dans le style inimitable de l'auteur.

    Ludovic-Hermann Wanda, alias Black Dandy, est né en 1981 à Paris dans une famille camerounaise d'ascendance aristocratique. Il a grandi en région parisienne, entre Fleury-Mérogis et la Sorbonne. Il est bilingue : français des banlieues et français littéraire n'ont aucun secret pour lui.Prisons (L'Antilope, 2018), son premier roman, a reçu le prix Hors Concours des lycéens.

  • Quitter psagot

    Berg Yonatan

    Dans Quitter Psagot, Yonatan Berg revient sur son enfance au sein d'une colonie juive de Cisjordanie peuplée de Juifs pratiquants, à quelques centaines de mètres de Ramallah, capitale de l'autorité palestinienne.Yonatan Berg raconte l'organisation du village, l'endoctrinement de la jeunesse dans une ligne religieuse marquée à droite, comment il s'est senti mal à son aise dans ce milieu, surtout après son passage dans un lycée de Jérusalem puis en trois années de service militaire.Quitter Psagot est un texte personnel, touchant aux questions de l'éducation et des choix de vie. Et une fois le choix fait d'une vie non conforme à la route tracée par les parents, hors de la colonie et de l'engagement religieux extrême, une douleur persiste.

    Yonatan Berg est un écrivain et poète, né en 1981 à Jérusalem dans une famille pratiquante. Il a grandi à Psagot, une colonie juive de Cisjordanie proche de Ramallah. Mal à l'aise dans ce milieu religieux et nationaliste, il s'en nourrit pour écrire. Après son service militaire et trois années à l'étranger, il suit des études littéraires. Il vit à présent à Jérusalem.Son premier roman Donne-moi encore cinq minutes est paru en traduction française à l'Antilope en 2018.

  • Contre l'avis de sa famille, le narrateur, un jeune franco-libanais, a décidé de se rendre en Israël. Arrivé à l'aéroport de Tel-Aviv, il subit, comme il s'y attendait, un interrogatoire de plusieurs heures.
    Les questions fusent et se répètent. "Comment s'appelle votre mère ? Comment s'appelle votre père ? Comment s'appelle votre grand-père ? Comment vous appelez-vous ?"
    La succession et la répétition des questions en éveillent d'autres chez le narrateur, sur son identité. "Est-ce bien moi ce moi, qui moi et qui je ?"
    Dans un texte court, avec un mélange de gravité et d'humour, Sabyl Ghoussoub interroge la question de l'identité. Il est nourri par l'absurdité des conflits du Moyen-Orient, l'état de guerre entre le Liban et Israël, ces deux pays qui ne se voient pas...

    Né à Paris en 1988, dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub a fait sa scolarité en France, a vécu à Beyrouth de 2011 à 2015 puis est revenu à Paris.
    Photographe et chroniqueur dans la presse libanaise et française, il a été directeur du Festival du film libanais de Beyrouth. En 2019, il a été commissaire de l'exposition à succès "C'est Beyrouth" à l'Institut des Cultures d'Islam de Paris.

    Son premier roman, Le nez juif, paru à l'Antilope en 2018, a été très bien accueilli.

  • Histoires des temps passés et à venir est un recueil de six histoires écrites par l'un des grands auteurs de la littérature yiddish, Y. L. Peretz.Grâce à une langue très littéraire, Y. L. Peretz a su faire ressortir la puissance de la tradition juive et la diffuser dans la culture populaire. Il a transmis cette force enchanteresse en s'inspirant autant des superstitions que de sa connaissance approfondie des contes hassidiques.Traductrice du yiddish depuis plus de trente ans, Batia Baum rend magnifiquement l'univers de I. L. Peretz.

    Yitskhok Leybush Peretz (Pologne, 1851-1915) est l'un des fondateurs de la littérature yiddish moderne du tournant du XXe siècle. Il est à présent considéré comme un classique.Il a inspiré plusieurs générations d'écrivains avant la Première Guerre mondiale et entre les deux guerres, en puisant dans les richesses de la culture juive traditionnelle pour créer une littérature moderne.Ses oeuvres ont été publiées, en yiddish, sur les cinq continents. Il est traduit dans une dizaine de langues.

  • H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a connues à 18 ans.Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence et la résistance à l'oppression.

    Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962) reçut une éducation juive traditionnelle et s'engagea très jeune dans le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.Grande figure morale, il est connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.

  • Nancy, la thérapeute désormais seule ; Larry, la rencontre d'un soir ; Daffy, la petite fille malheureuse depuis que son papa a quitté la maison et a refait sa vie en Israël ; Ruth, la femme devenue veuve qui s'interroge sur ces années passées avec un Israélien trop robuste ; Tom, le petit garçon pas comme les autres que sa maman cherche à protéger envers et contre son mari, envers et contre les institutions. Qu'ont tous ces personnages en commun ?Avec la délicatesse de sa langue, l'auteur va révéler les liens noués entre eux autour d'une forêt américaine, modifiés par l'Histoire ou par les histoires personnelles, par un besoin d'évasion ou par la nécessité de l'exil, par la question du retour au pays natal.Après Comme deux soeurs (2016), Rachel Shalita confirme ses talents de conteuse.

    Rachel Shalita est née en 1949, un an après la création de l'État d'Israël, dans un kibboutz. Elle vit à Tel-Aviv. Spécialiste d'éducation artistique et de communication visuelle, elle a longtemps enseigné à la prestigieuse école des Beaux-Arts Beith Berl.

    Sa première nouvelle, "Un coeur de pierre", a été primée en 2011 par le quotidien israélien Haaretz. Son premier roman, Comme deux soeurs (l'Antilope, 2016 - parue en poche chez Points en juin 2017), a reçu le prix de la Wizo 2016.

  • Dans ce reportage très personnel, Agata Tuszy´nska interroge des Juifs nés en Pologne après la Seconde Guerre mondiale, éduqués dans la culture polonaise, et contraints, en 1968, de quitter leur pays lors d'une campagne antisémite orchestrée par le régime communiste.Pour la plupart enfants de Juifs communistes ayant survécu aux ghettos et aux camps, cachés chez des Polonais non-juifs, ou réfugiés en Union soviétique, ces témoins racontent leur enfance différente des autres petits Polonais, le traumatisme de devoir quitter leur pays natal, les difficultés de l'intégration dans les pays d'accueil.Par le montage croisé de témoignages intimes, Agata Tuszy´nska réussit à révéler de façon émouvante un pan de l'histoire, caché jusque-là, de la Pologne.

    Agata Tuszy´nska, née en 1957 à Varsovie, est l'une des écrivaines polonaises les plus reconnues, notamment pour ses biographies et ses reportages très personnels. Elle est également journaliste.De livre en livre, Agata Tuszy´nska dévoile une image de la présence juive dans la Pologne de l'après-guerre et de ses fantômes.Cinq de ses livres ont été traduits en français dont Une histoire familiale de la peur (Grasset, 2006) et La fiancée de Bruno Schulz (Grasset, 2015).

  • Smadar Tamir, l'une des femmes d'affaires les plus riches d'Israël, s'est jetée par la fenêtre d'un hôpital de Tel-Aviv. Sa soeur, Mira, ne croit pas à la thèse du suicide et fait appel au détective privé, Oded Héfer. Homosexuel, parlant de lui au féminin, il vient de s'improviser détective privé.Oded Héfer n'a que cinq jours pour mener l'enquête. Aussi débutant soit-il, il n'hésite pas à affronter les magnats israéliens, armé de sa seule intelligence et de son espièglerie. Il va aussi supporter les propos macho et homophobes du commissaire de police tout en continuant à rechercher le grand amour sur les sites de rencontres gay.Roman fin et divertissant, Secret de Polichinelle joue avec les codes du roman policier tout en plongeant le lecteur dans la société de Tel-Aviv.

    Yonatan Sagiv est né en 1979 en Israël. Titulaire d'un doctorat d'études juives de New York University, il est spécialiste du prix Nobel de littérature israélien, Shmuel Yosef Agnon. Il enseigne désormais à l'université à Londres, où il vit actuellement.Secret de Polichinelle est son premier roman. Il a été publié en Israël en 2014.

  • Son nom, c'était Payè, mais on l'appelait « la jeune veuve ». Pourquoi ? Voilà que ça commence, les pourquoi ! Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Sans doute que si on l'appelait la jeune veuve, c'est qu'elle était jeune et qu'elle était veuve. Figurez-vous que j'étais plus jeune qu'elle. De combien ? Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Si je vous dis plus jeune, ça veut dire plus jeune.Dans un empire tsariste en début de décomposition, Sholem-Aleikhem, grand maître de l'humour yiddish, donne la parole à des personnages hauts en couleur. Au fil de trois histoires, il porte sur eux un regard attendri et ironique dans une langue savoureuse.

  • Alors qu'il vogue vers l'Amérique en compagnie de Sholem-Aleikhem, le narrateur raconte les malheurs qui sont arrivés à son fils pendant la Première Guerre mondiale à Krushnik, une bourgade de l'est de la Pologne. Alors que l'armée allemande occupe la bourgade jusqu'alors sous domination russe, les autorités allemandes cherchent un autochtone pour faire office de maire. Se doutant que rien de bon ne sortirait de cette distinction, tous les notables, tant polonais que juifs, trouvent un moyen de se défiler ; le sort tombe sur le fils du narrateur.

    Comme souvent chez Sholem-Aleikhem, cette situation tragique provoque des éclats de rire. Au-delà du rire, l'auteur parvient à décrire, dans une verve extraordinaire, les relations entre Juifs et Polonais, Juifs et Russes, Juifs et Allemands.

    Sholem-Aleikhem, né en Ukraine le 2 mars 1859, mort à New York le 13 mai 1916, est l'un des écrivains yiddish les plus populaires. Il fut l'auteur d'une oeuvre prolifique dont Tèvyé le laitier qui a inspiré la comédie musicale Le Violon sur le toit.

  • ' Cher Gilles,Je viens d'apprendre qu'en 1975 vous avez dû quitter votre collège pour une affaire d'antisémitisme concernant un « vieux Juif ». Quelle surprise !Jacques''Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode de son enfance : l'exclusion de son collège pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à leur professeur d'anglais. Quelques années plus tard, il deviendra spécialiste de culture juive. Que s'est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?Dans Mikado d'enfance, Gilles Rozier convoque les souvenirs refoulés d'un garçon aux yeux bleus en quête d'identité, soucieux de plaire et d'être aimé. Pour réparer l'enfant abîmé, il décortique malaises familiaux et conflits politiques des années 1970.

    Traducteur de l'hébreu et du yiddish, écrivain et éditeur, Gilles Rozier est né à Grenoble en 1963.
    Il est l'auteur de six romans dont Un amour sans résistance (Denoël, 2003) traduit en douze langues, La Promesse d'Oslo (Denoël, 2006) et D'un pays sans amour (Grasset, 2011).

  • "Autour du rabbin, les Juifs avaient accompagné son discours de hochements de tête approbateurs. Mister Nathan Goldblum fut tellement déconcerté qu'il s'empressa de sortir de la poche de son pantalon son carnet de chèques recouvert de cuir, de la poche de son gilet son stylo Parker et, fermement décidé à faire un chèque de vingt-cinq dollars, il écrivit « cinquante dollars »."

    Sous une apparente légèreté, Israël Joshua Singer campe des personnages tiraillés entre le vieux continent et l'Amérique, le monde juif et le monde non juif, la vie traditionnelle et l'existence moderne. Où l'on retrouve le souffle du grand Israël Joshua Singer.

  • Comme deux soeurs

    Rachel Shalita

    Véra et Tsiona aiment à se rappeler leur première rencontre, à quatre ans, dans un jardin d'enfants de Tel-Aviv. Véra a grandi entre un père artiste volage et une mère infirmière rangée. Tsiona a perdu son père quand elle était petite.Après le lycée, Véra, la sensible, l'artiste, ne sait pas ce qu'elle veut faire ; Tsiona, l'effrontée, engagée dans un mouvement de jeunes pionniers, va participer à la fondation d'un kibboutz dans le Néguev.Malgré leurs différences, elles partagent leurs joies et leurs peines, jusqu'à l'arrivée de Yossef, le rescapé...À travers le destin de deux héroïnes qui s'aiment comme deux soeurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l'État d'Israël. Une période peu décrite jusqu'à présent dans la littérature israélienne.

  • Le nez juif

    Sabyl Ghoussoub

    "Elle m'a expliqué pourquoi sa dernière relation avec un New-Yorkais n'avait pas duré.
    - Le problème, c'est qu'il était juif. Pourtant, je le trouvais séduisant. Il faisait du skateboard et j'adore les mecs qui font du skate ! Mais juif, c'est pas possible. Et toi, ton ex ?
    Et moi ? Moi, qu'est-ce que j'allais lui répondre à Layal ? Que justement ma dernière copine à Paris était juive ?
    - Une Brésilienne, on est restés quatre mois ensemble, puis elle en a eu marre de moi.
    - Ah bon, pourquoi ?
    - Elle me trouvait trop compliqué.
    - Pourtant, t'as l'air facile comme garçon."

    Depuis tout petit, la mère d'Aleph lui répète : « T'es moche, j'espère que tu te referas le nez quand tu grandiras. Et en plus tu ressembles à un Juif. » Mais Aleph sort en boîte, séduit les filles, se fait des amis. Il s'engage, il voyage. Beaucoup au Liban. Il tombe amoureux, se retrouve dans le cinéma et rien ne se passe jamais comme prévu. Entre Paris et Beyrouth, Palestine et Israël, Hezbollah et Mossad, Aleph doit faire des choix. Arabe sous une peau de Juif, il est en quête permanente d'identité.

  • Bnaya et Yoav ont grandi dans une colonie juive de Cisjordanie, entourée de fils barbelés, aveugle aux villages palestiniens qui l'entourent. Bnaya y habite toujours, fidèle à la religion. Yoav l'a quittée pour la Tel-Aviv laïque.Ce roman fait pénétrer dans deux univers israéliens que l'on croyait si bien connaître grâce aux médias : celui de l'implantation religieuse au coeur des territoires occupés et celui de Tel-Aviv, la ville laïque, cosmopolite, toujours en éveil.Mais à travers Bnaya et Yoav, les repères sont bouleversés. Sans complaisance, sans jugement, avec beaucoup d'émotion.

    Yonatan Berg est né en 1981 à Jérusalem dans une famille observante. Il a grandi dans une colonie juive de Cisjordanie proche de Ramallah.

    Il n'est pas à l'aise dans ce milieu religieux et nationaliste. Durant son service militaire, il est exposé à des situations violentes, en Cisjordanie.

    Il passe trois ans en Inde et en Amérique du Sud. Drogue, sexualité débridée, bouddhisme, il se perd et se cherche. De retour, il s'installe à Tel-Aviv et suit des études littéraires.

  • "Après le repas, le vieux s'installait dans un fauteuil, et disait à sa fille de lire la Bible.Wolf n'était pas dépaysé en écoutant la lecture. Les histoires qu'il entendait parlaient des Patriarches, des Juifs d'Égypte persécutés par Pharaon... Le fait que cette fille goy aux cheveux raides lise l'histoire du peuple juif, d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de la sortie d'Égypte, l'emplissait de fierté.- Nice stories ! De belles histoires ! disait le vieux. Tu connais ?  Ukraine, avant la Première Guerre mondiale. Wolf est très heureux sur le domaine de son père Hersh. Il préfère s'occuper du bétail plutôt que d'étudier. Quand il rentre du service militaire, son père a vendu le domaine.Par dépit, Wolf part pour l'Amérique. Il y est accueilli par un paysan protestant et sa fille.

  • « Ce livre constitue une recherche originale et inspirée sur l'histoire de la psychanalyse. Eran Rolnik y montre comment une théorie philosophique aux ambitions universelles centrée sur l'individu peut apporter une contribution déterminante à la compréhension d'une société en lutte pour son existence. » Abraham B. YehoshuaDans cet essai historique, Eran Rolnik confronte psychanalyse et sionisme dans la Palestine de l'entre-deux-guerres. À travers des documents inédits issus d'archives israéliennes récemment classées, on y découvre la prévention de Freud à l'égard du sionisme et l'influence de la théorie psychanalytique dans le système éducatif en Palestine juive, notamment dans les kibboutz. On y découvre aussi une communauté de psychanalystes juifs réfugiés d'Allemagne et d'Autriche, dans leur tentative de maintenir, au Moyen-Orient, l'esprit d'Europe centrale.

  • « Et qu'est-ce que vous faites de tous ces prépuces ? je demande méfiant.- T'inquiète pas, on ne gâche rien, mange ta soupe.Vomir, ce n'est pas beau, donc je me retiens, et lui, il rigole. C'était peut-être une plaisanterie. « Où est-ce qu'on trouve des calamars dans les égouts ? », je me demande en extirpant avec la langue des restes de fibres coincés entre mes dents. J'essaie de sourire, mais mon visage se tord et je sens la salive s'accumuler. »Varsovie, années 2010. Sous une trappe au fond de sa cave, un couple découvre les zombies de Juifs assassinés pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des centaines d'ombres en guenilles sortent de sous la terre et réinvestissent leur ville lancée dans la frénésie consumériste.La nuit des Juifs-vivants ose soulever une question refoulée : comment vivre au-dessus des cadavres des trois cent mille Juifs du ghetto de Varsovie exterminés ? Avec ce roman à l'humour féroce, l'auteur se livre au passage à une critique à la tronçonneuse de la société polonaise contemporaine.

  • Les Sokolovski, immigrés juifs polonais à Paris, sont pris dans la tourmente de l'occupation nazie.
    Le père voit sa boutique aryanisée.

    Le fils Jacques, résistant communiste, participe à des attentats. Recherché par la Gestapo, il se cache.

    Au-delà de l'énigme policière, ce roman permet de découvrir les stratégies de survie des juifs immigrés et l'évolution des comportements. Les parents Sokolovski parlent mal le français. Leur fils s'est intégré. Hélène, la fille, fréquente des «Israélites français», bourgeois parisiens (cf. le Journal d'Hélène Berr) si différents des Juifs immigrés du Marais et de République, perdus dans la capitale.

    Écrit en 1943 en Uruguay, ce roman a permis aux Juifs des Amériques de découvrir, avant la Libération, les conditions de vie des Juifs en France occupée.

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