Sciences humaines & sociales

  • Un essai incisif du grand sociologue Zygmunt Bauman, père du concept de société liquide, sur la crise des réfugiés.

    Depuis toujours, des réfugiés, emmenés par la guerre et la faim, toquent à la porte de mieux lotis. Pour ceux qui se trouvent derrière ces portes, ces importuns ont toujours d'abord été des étrangers, des étrangers porteurs de peur et d'angoisse.

    Nous sommes, aujourd'hui, confrontés à une forme extrême de ce motif historique. Alors que les médias sont obsédés par une " crise migratoire " qui menacerait notre mode de vie, on voit naître une véritable panique morale. L'idée que le bien-être de nos sociétés est menacée est désormais largement répandue.

    C'est cette panique morale que dissèque Zygmunt Bauman dans ce petit essai incisif paru en 2016.

    Il revient sur la manière dont hommes et femmes politiques ont exploité la peur pour la répandre d'abord chez les plus déshérités d'entre nous. À ceux-là, on promet d'ériger des murs, non des ponts. Mais si cette promesse rassure à court terme, elle est condamnée à l'échec sur le long terme.

    Car la crise à laquelle nous sommes confrontés concerne l'humanité dans son ensemble. Nous sommes, plus que jamais, dépendants les uns des autres. Raison pour laquelle il nous faut inventer de nouvelles manières de vivre ensemble.

    " Un ouvrage bref et passionné. "
    Libération

  • Le livre testament de Zygmunt Bauman, l'un des plus penseurs les plus importants de notre modernité. Une alerte nécessaire sur la tentative de repli et d'idéalisation du passé qui caractérise notre époque.

    À la mort de Zygmunt Bauman, en janvier 2017, Roger Pol- Droit soulignait dans le Monde que le lire, c'est toujours " rencontrer une éthique contemporaine sans dogme ni concession ". Philosophe et sociologue aussi érudit qu'inclassable, né en Pologne mais ayant vécu l'essentiel de son existence en Grande-Bretagne, cet intellectuel européen par excellence éclaire notre temps à l'instar d'un Norbert Elias ou d'un Georg Simmel. Rétrotopie, publié à titre posthume quelques mois après sa disparition, peut être considéré comme une manière de testament – et comme une mise en garde de poids.

    C'est que Bauman, avant de disparaître, constatait partout un refus général de se confronter véritablement aux grands défis de ce xxie siècle naissant – et, notamment, aux questions soulevées par des flux migratoires. Partout, on observe l'avènement d'une forme d'aspiration rétrograde, la volonté d'en revenir à un passé plus ou moins mythifié : soit le meilleur moyen d'éluder les questions les plus brûlantes tout en entamant un processus de régression possiblement catastrophique. " Le défi de la modernité, nous rappelle Bauman, est de vivre sans illusion et sans être désillusionné. "

    Il reste à relever et ce livre nous y aide puissamment.

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    LA PRESSE EN PARLE

    " Avec Retrotopia que Bauman écrivit juste avant de mourir à l'âge de 91 ans, cette grande voix alerte une nouvelle fois sur les mécanismes et les dangers des replis identitaires, rappelle que le sort funeste des migrants est scellé au nôtre, et invite à dépasser la peur pour créer d'urgence de nouvelles utopies. "
    L'Obs

    " Court, dense, inattendu, voilà un livre qui s'impose comme le testament d'un grand intellectuel européen. "
    Livres Hebdo

    " Le livre testament du sociologue décédé en 2017, [...][qui] y met en garde contre une "épidémie de nostalgie". "
    La Croix

    " On y constate que le fameux sociologue polonais, exilé en Grande-Bretagne, n'avait rien perdu de son étonnante sagacité. ", Brice Couturier,
    France Inter

    " Quand nous constatons la liquéfaction des institutions sociales, c'est du Bauman. Quand nous ne savons plus où sont les pouvoirs mais que nous pouvons certifier qu'ils ne sont plus là où nous sommes, c'est du Bauman. " Jean Lebrun,
    France Inter

    " Cet ouvrage éclaire brillamment les périls auxquels sont confrontées nos sociétés modernes. Sociétés rongées par une "épidémie de nostalgie". "
    Actualitté

    " À la fin de sa vie, Bauman s'inquiétait du refus général de se confronter véritablement à un grand défi du nouveau siècle [...]. Retrotopia, [...] essai publié quelques mois après sa mort, [...] peut être tenu pour son testament intellectuel. "
    Le Soir

    " Sociologue, philosophe, penseur agile et inclassable, Bauman a achevé juste avant de mourir l'essai intitulé Retrotopia. Cette publication posthume confirme, si besoin était, l'extrême acuité de son regard. [...] Quels que soient les prises de distance et les désaccords que ce livre peut susciter, il faut s'y plonger sans hésitation. " Roger-Pol Droit,
    Le Monde

    " Ni optimisme béat façon " croissante verte ", ni collapsologie paralysante, mais de la lucidité exigeante face aux défis de notre temps. "
    Usbek et Rica

    " Ce dernier essai du grand sociologue ne se limite pas à offrir des clés de compréhension : il constitue une mise en garde troublante dont on on pourra tirer de nombreux enseignements. Volume refermé, on reste sidéré par l'incroyable lucidité du penseur. "
    Livres critique

  • Notre monde n'a jamais été aussi riche ni si inégalitaire. N'en déplaise aux fondamentalistes de la croissance économique, le fossé continue de se creuser entre les uns, de plus en plus riches, et les autres, de plus en plus pauvres. À l'heure actuelle, une infime minorité de la population mondiale concentre près de la moitié des richesses totales. La «  main invisible  » des marchés opère pour une petite caste, étranglant tous les autres.
    Dans cet essai incisif, Zygmunt Bauman condamne les mirages de la société de consommation, du toujours plus. Il poursuit sa réflexion sur les ravages de la mondialisation, en attaquant les systèmes élitistes. Il montre leur inefficacité économique et sociale, ainsi que les dangers qui pèsent désormais sur la démocratie.

  • Babel

    ,

    • Polity
    • 15 Mars 2018

    We are living in an open sea, caught up in a continuous wave, with no fixed point and no instrument to measure distance and the direction of travel. Nothing appears to be in its place any more, and a great deal appears to have no place at all. The principles that have given substance to the democratic ethos, the system of rules that has guided the relationships of authority and the ways in which they are legitimized, the shared values and their hierarchy, our behaviour and our life styles, must be radically revised because they no longer seem suited to our experience and understanding of a world in flux, a world that has become both increasingly interconnected and prone to severe and persistent crises.
    We are living in the interregnum between what is no longer and what is not yet. None of the political movements that helped undermine the old world are ready to inherit it, and there is no new ideology, no consistent vision, promising to give shape to new institutions for the new world. It is like the Babylon referred to by Borges, the country of randomness and uncertainty in which `no decision is final; all branch into others'. Out of the world that had promised us modernity, what Jean Paul Sartre had summarized with sublime formula `le choix que je suis' (`the choice that I am'), we inhabit that flattened, mobile and dematerialized space, where as never before the principle of the heterogenesis of purposes is sovereign.
    This is Babel.

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