Éditions du Noroît

  • Avec «Un souffle de fin silence», Jacques Gauthier confie son recueil le plus personnel. L'auteur rappelle l'enfance avec sa part irréductible d'âme, évoque la quête spirituelle qui s'enracine dans le désir de vivre et l'apprentissage de la mort. Tout n'est qu'enfantement et renaissance dans ce texte intime aux émotions complexes où le tragique de la souffrance côtoie la beauté d'un amour qui espère tout. Entre l'enracinement et l'effacement, les mots jaillissent du silence et y retournent avec ceux d'amis-poètes comme Jean de la Croix, Saint-Denys Garneau et Leonard Cohen. L'auteur réussit son pari de rendre signifiante une foi mystique dans le monde contemporain.

  • Nous lisons La vie inexprimable comme des méditations d'un lecteur attentif aux signes du monde : poèmes, amour -ce feu premier auquel le poète retourne sans arrêt.

    Jacques Gauthier tient au plus simple cette poésie d'un homme dans l'amour. Du corps au poème, on assiste à une démarche pleine, assumée, incarnée. C'est-à-dire que nous sommes avec le poète dans la vie même. Poésie et spiritualité, côte à côte dans l'incandescence d'une absence, où se manifeste la tension entre parole et silence, vie et mort.

    Il en retire moins une vérité que le mouvement que cet amour a cherché à former, que la présence qu'il cherche à donner.

    En épilogue, son art poétique cristallise sa démarche : dépossession de soi, étonnement de vivre, merveilleux, révélation de l'infini, autant d'échos d'une volonté de communiquer avec l'autre une espérance fondatrice.

    Le poète se donne, comme on le dit d'un don.

  • Dans Rêveries au Pont d'Oye, le poète se plie à l'exigence de l'humilité - dans son rapport étymologique à la terre - à l'humus, se soumettant à la patience qu'elle exige pour accomplir la tache de l'animal, de la plante, de la roche. Il en découvre l'occasion de la rencontre de soi, d'un soi bougé dans le reflet de l'eau comme possibilité d'une renaissance. Se dénoue alors l'enfoui, au moment où l'âge semblait étouffer la flamme - mais qui gagne pourtant le paysage entier. Cet air nouveau ouvre alors à la légèreté, à la transparence du monde, au rêve ; la possibilité du regard à voir derrière le visible.
    La dernière partie du livre, Métamorphoses de la chair, affronte la pensée horrifiante de la mort des nazis pour ouvrir à la possibilité d'une résilience.

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