Didier Lestrade

  • En 1989, Didier Lestrade, entouré de Pascal Loubet et de Luc Coulavin, crée Act Up-Paris, sur le modèle d'Act Up-New York. Il raconte ici les dix premières années durant lesquelles l'association de lutte contre le sida va construire et porter un discours politique à travers des campagnes de communication extrêmes, parfois violentes, toujours efficaces. Il explique comment elle a réussi à rendre visibles les séropositifs et la communauté gay, tout en s'impliquant fortement dans l'élaboration des traitements. Contrairement à d'autres ouvrages sur le sujet, l'auteur délaisse le côté théorique et réhumanise le récit du combat mené contre la mort et la maladie en racontant ses sentiments, ses espoirs, ses doutes et ceux des militants qui l'entourent.
    Un texte d'une actualité toujours aussi brûlante, dont l'émotion et l'intelligence prennent à la gorge au fil des pages, à l'heure où beaucoup de jeunes pensent les années sida derrière eux.
    Figure du militantisme homosexuel français, Didier Lestrade s'est engagé dans la lutte contre le sida. Il a joué un rôle clé au sein de l'association Act Up-Paris, dont il est cofondateur. Il est également cofondateur de Têtu et du site d'infos Minorités.org. À l'occasion de la sortie du film 120 battements par minute, Grand Prix du Festival de Cannes, Denoël réédite ce texte incontournable, enrichi d'une préface de l'auteur.

  • Les gays sont depuis longtemps perçus comme une minorité engagée à gauche, tolérante et progressiste. Figure éminente et dérangeante de la communauté gay, Didier Lestrade affirme que ce n´est plus le cas. Il montre que le racisme gagne du terrain chez les gays, en France mais aussi en Europe. On oublie ainsi souvent que Pim Fortuyn, le leader de l´extrême droite aux Pays-Bas, était ouvertement gay. Et, à la différence de son père, Marine Le Pen s´est bien décidée à « draguer » les homosexuels qui, parfois, se laissent séduire par son discours.
    Mais ce n´est pas tout. La France découvre l´égoïsme et l´absence de scrupule de certaines personnalités gays dont les « frasques » (pour rester poli) sont révélées à l´opinion publique. Pour Didier Lestrade, cette élite gay (souvent au « placard »), obsédée par ses privilèges, son prestige et son argent, témoigne aussi de la droitisation des gays, symptôme d´un individualisme et d´un consumérisme forcenés qui gagnent la communauté.
    La charge est rude, elle appuie là où ça fait mal.
    Un livre fort, emporté, personnel.

  • Sida 2.0

    Didier Lestrade

    Il peut apparaître paradoxal de fêter les 30 ans d'une maladie (1981-2011). Un paradoxe de vouloir célébrer les 33 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde. Tout cela pour une maladie qui, si l'on en croit une partie de l'opinion serait « réglée »à l'heure des trithérapies.

    En effet, plus personne ne raconte ce qu'est, aujourd'hui, le Sida. Ceci n'est pas livre d'histoire, mais un livre d'histoires, soucieux de témoigner combien le parcours de la maladie doit aux personnes, malades, médecins, chercheurs, infirmier(e)s, travailleurs sociaux, activistes, mais aussi aux médias qui ont construit l'image publique du Sida, avec parfois des dérapages historiques. Et puis, au-delà du témoignage, une véritable réflexion sur la responsabilité médicale dans les années 1980 (qui conduira, d'ailleurs, à l'affaire du sang contaminé) et sur la cécité de la communauté gay.
    Un livre résolument humain écrit à quatre mains, dans lequel les auteurs se livrent, personnellement, bien au-delà de leur métier.

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