Caroline de Bodinat

  • Le 3 février 1993, à Orléans, la vie de Paul des Tures bascule brusquement en destin. Cet entrepreneur a cinquante et un ans, une femme, trois enfants, un labrador, une maîtresse.  Son théâtre est celui de l'aristocratie de province, nostalgique d'une culture pesante, agrippée à des principes d'un autre temps, obsédée par le qu'en-dira-t-on.
    Paul des Tures est un flamboyant qui fait semblant. Beaucoup de choses lui échappent, à commencer par la réalité. Plus elle le rattrape, plus il la fuit. C'est aux autres qu'il laissera le soin de s'y confronter.  Sa mélodie est celle du déni, du regard trop accordé aux autres, du fossé entre la vie rêvée et la vie menée.
    Dernière Cartouche est le portrait taillé au rasoir de cet aristo fauché qui ne trouve pas sa place dans ses vies. Ses rêves de réussite ont du plomb dans l'aile. Sa femme croit plus en Dieu qu'en lui. Ses gosses espèrent qu'il fasse les poches au succès. Sa maîtresse est candidate à plus. Son labrador l'attend. Son milieu le toise.
    Moitié Tartarin, moitié Don Quichotte, ce personnage est un fantasque attachant, un irrégulier insaisissable, un lâche excusable enfermé dans le noeud coulant de ses tiraillements que sa mort précipitée rend plus mystérieuse encore.

  • Elle a trente-deux ans, un caractère de chat de gouttières, un sens certain de la répartie, de l'insolence. Elle habite Paris, travaille dans une agence qui organise des séminaires d'entreprises. Affectivement, elle papillonne. La maternité ne l'intéresse pas, elle aime les sorties, les grasses matinées... Elle, c'est Mathilde, avant de rencontrer Jean-Jacques. Lui, est divorcé, vit en banlieue, a quarante-cinq ans et deux enfants. Son fils Vincent a seize ans et Chloé, sa fille bientôt douze.
    Dès la première rencontre avec les adolescents, la belle romance se complique. Arrivent les week-ends, les agendas modifiés au dernier moment, le retour frondeur des enfants après la semaine chez leur mère, les premières vacances, l'anniversaire de la petite chez sa maman... Vincent et Chloé sont coriaces, ils en ont dévissés plus d'une, mais Mathilde est tenace. Elle s'accroche, s'échine à plaire aux deux ados et passe des heures à échafauder des stratégies de séduction qui échouent. Elle se plonge dans un livre sur la psychologie des familles recomposées, revient avec de nouvelles idées pour sortir les ados de leur nonchalance, les détacher de leur console de jeux, se faire accepter. Avec Vincent et Chloé, Mathilde connaîtra les claquements de portes, la jalousie, la rivalité, l'ambivalence des sentiments, la notion plus ou moins élastique de paix armée, les petites victoires remportées à l'arrachée par chacun des protagonistes de cette famille chamboulée par l'arrivée de cette marâtre en apprentissage. Va-t-elle réussir à les séduire ou abandonnera-t-elle par forfait ?

  • Hugo Marchand s'est réveillé un matin avec un rêve. Il avait neuf ans. C'est à ce rêve de danse que ce virtuose de la nouvelle génération d'étoiles de l'Opéra de Paris s'est accroché. Quatre ans après son entrée au conservatoire de Nantes, médaillé d'or à treize ans, il est admis à l'École de danse de l'Opéra national de Paris. Malgré son profil atypique, Hugo Marchand intègre le corps de ballet de l'Opéra à dix-sept ans. Il gravit les échelons, se mesure aux autres, comme à lui-même, dans les concours internationaux et accède au grade ultime de danseur étoile en mars 2017.
    En partageant son apprentissage, Hugo Marchand pose un regard sur la danse comme école de l'acceptation. Celle de l'immensité du travail qu'impose la concrétisation d'un rêve. De la quête d'excellence au façonnage de la confiance en soi pour le réaliser. Le bras de fer entre doutes et détermination. De la solitude à la surexposition, de l'amitié possible malgré la compétition. La perpétuelle confrontation au miroir, reflet des imperfections à dépasser.
    L'expérience d'une métamorphose.

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